samedi 23 juillet 2016

Nice et Munich, l’Europe du chaos



Les deux attentats ont des points communs. D’abord ils signent le chaos qui va submerger l’Europe, du Nord au Sud. De plus ils ont donné lieu à un carnage et à des scènes de panique dans des lieux où se presse une foule nombreuse de tous âges. Les deux ont vu disparaître l’auteur des faits soit sous les tirs de policiers soit par suicide. La présence de plusieurs personnes impliquées est rapidement dénoncé à Nice mais des témoins crédibles parlent de deux hommes dans le camion ce qui peut mieux expliquer les tirs à partir de la cabine par un passager et non par conducteur afféré à tuer le maximum de personnes. A Munich on a dénombré trois hommes pour rapidement infirmer cette déclaration. Dans les deux cas on s’empresse de dénier tout lien avec Daech et on reprend le classique jeu du déséquilibré ou d’un ressortissant de l’extrême droite. Les enquêteurs ont ainsi établi un lien "évident" entre la fusillade et le tueur norvégien Anders Behring Breivik. C’est politiquement toujours payant. Le fait qu’il soit germano-iranien n’a donc aucune importance.

Vous remarquerez la vitesse avec laquelle les informations sont données puis réajustées et combien les politiques réagissent sans prendre le temps qu’une enquête fournissent des éléments plus vérifiés. Les déséquilibrés ont pourtant une facilité à trouver des armes et des munitions et montent des coups en touchant le pays dans des endroits particulièrement bien choisis. Il y a donc une filière de fourniture et par la même de mise en action des « déséquilibrés » dont on s’empresse de dire qu’ils n’étaient pas connus de la police, ce qui enlève à celle-ci toute responsabilité. C’est peut-être vrai mais cela veut dire que l’état d’urgence, la surveillance des fichés S ne sert pratiquement à rien. Si ce sont des petits groupes s’organisant spontanément en lien avec la mafia par exemple, ceci veut dire que les pays entrent dans une phase de désordre contre lequel l’État s’avère impuissant puisqu’il ne peut surveiller tous les déséquilibrés qui ne sont d’ailleurs pas toujours connus. 

Se procurer des armes et des munitions, louer un camion plusieurs jours, coûte cher pour Nice et une arme moderne aussi pour Munich où le nombre de cartouches tirées est important. Le maniement des armes s’apprend, où ? La mort quasi-systématique de l’auteur des actes est aussi une question à laquelle le gouvernement doit donner une réponse car sa mort rend les enquêtes beaucoup plus difficiles. Le « surtout prenez-le vivant » est toujours de mise dans les services de renseignement, car un mort ne peut plus parler, même sous la torture. La question se pose depuis Mohammed Merah comme si on avait peur des déclarations des auteurs d’attentats. Ceux qui sont pris vivants apparaissent très vite comme des rouages qui ne permettent pas de remonter très loin vers les commanditaires et que la justice ne punit que pour complicité. Cela leur coûte moins qu’un viol.

On assiste aussi à des actions difficilement compréhensibles de soustraction de preuves à l’investigation de journalistes. Il en reste et ils découvrent souvent des choses bien gênantes. C’est ainsi que le 21 juillet la mairie de Nice a reçu une réquisition envoyée par le ministère de l’Intérieur, réclamant que toutes les images prises sur les lieux où 84 personnes ont trouvé la mort le 14 juillet, soient détruites afin «d’éviter leur diffusion. Même si la justice en a une copie, rien ne justifie cette réquisition. La Mairie n’obtempère pas et veut les mettre sous séquestre. Cela ne nourrit pas l’information disponible. Craint-on que des employés de la Mairie y trouvent des indications pour perpétrer un nouvel attentat. Vis-à-vis du peuple, et particulièrement des victimes, c’est une destruction de preuves. 

Le groupe terroriste Etat islamique (Daech, EI) a revendiqué l'attentat-suicide qui a fait 61 morts et 207 blessés samedi au centre de Kaboul, en Afghanistan, lors d'une manifestation de milliers de Hazaras, une minorité chiite. Je suis sûr que l’on ne va pas mettre en doute l’appartenance des auteurs comme on le fait pour Nice. Cela justifie les actions extérieures, même si la France s’est officiellement retirée d’Afghanistan, en Irak, en Syrie et désormais en Libye. Mais cela souligne que nos actions extérieures n’ont aucun résultat tangible dans la guerre djihadiste soutenue par les sunnites et que nous sommes des intrus dans les pays de l’oumma où se déroule une guerre d’abord fratricide. Cela met en lumière qu’Hollande, Valls et Cazeneuve sont des illusionnistes. Ils vous disent de regarder là-bas, vers la Syrie et l’Irak alors que c’est ici, en France, sur notre sol que les choses se passent. Et les médias sont complices de ces illusionnistes, ils pointent ailleurs quand c’est ici qu’il faut regarder et agir. 

Hollande a réagi à l’attaque de Nice en réitérant ses rodomontades guerrières façon Georges W. Bush.  Comme il l’avait fait après l’attaque de Novembre qui a tué 130 personnes. En bonne logique, les évènements de Nice devraient ouvrir une crise politique. On ne le dit pas en France car les médias ont bien trop peur, mais on le dit et on l’écrit en Grande Bretagne où il règne encore un peu de liberté sinon d’audace. Comment peut-on faire confiance à un Ministre de l’Intérieur qui légalise le djihad ? Le Guardian écrit :  « le fait que plus de 80 personnes ont été tuées 8 mois seulement après l’attaque dévastatrice de Novembre constitue une  crise pour le Premier Français ». Le Guardian ne dit même pas que cela devrait déclencher une crise, il dit que c’en est une. C’est une crise, une crise de leadership, une crise de légitimité dans la fonction. 

Le gouvernement et les médias vont se perdre en explications sur les attentats mais aussi sur les soulèvements à la moindre occasion dans les communautés musulmanes. Le Val d'oise vit sa quatrième nuit d'émeutes. Les casseurs, c’est-à-dire ceux qui profitent de toute manifestation pacifique pour créer le désordre, vont se multiplier dans un pays où l’autorité publique est débordée et, tel le bateau pourri qui prend l’eau, qui s’épuise à boucher les trous les uns après les autres. Le peuple ne suit plus ses dirigeants, prend conscience de ne plus être écouté et de subir une radicalisation d’une civilisation que l’on accueillie sans penser aux conséquences et sans prendre les précautions nécessaires. L’assimilation n’est plus envisagée que dans le terme restrictif d’intégration car elle devient d’autant plus difficile que la population musulmane augmente alors que la population autochtone diminue. Les déséquilibrés, les terroristes, les excités de tout poil vont mettre le pays à feu et à sang si notre bande de traîtres ne pense qu’à se préparer à la Présidentielle et à se gausser d’envoyer notre unique porte-avion pour six mois en opération. 

La menace est chez nous, à nos portes, dans nos rues, 

Bientôt dans nos écoles, et nos supermarchés.

On ne souffle pas sur les braises autour 

Quand le feu est dans la maison ! 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon