lundi 11 juillet 2016

Le Président Hollande ne représente plus son pays !



Hollande a surfé sur la COP21 en décembre, se prenant pour le sauveur du monde. Il comptait sur l’Euro 2016 pour parapher le « ça va mieux » qui n’est qu’une parenthèse dans un ciel assez noir qu’une communication médiatique aux ordres repeint en gris clair. Avec l’accès de la France en finale de l’Euro, il avait même lâché que « Avec l’Euro le plus difficile serait fait », sous-entendu avec la victoire de la France. Le lien du Président avec son peuple reprendrait ainsi des points dans les sondages, lequel croirait de nouveau dans la bonne étoile de son « guide » vers la sortie du tunnel du chômage. Nous étions nombreux à penser que Hollande se berçait d’illusion, comme quelqu’un de toujours sûr d’être béni des dieux depuis qu’il avait accédé à la fonction grâce surtout à la chance. Il y avait pourtant du vrai dans l’impact de l’Euro 2016 sur le peuple et, pour la première fois de ma vie, alors que notre équipe française de foot nous accrochait le cœur à ses basques, je me suis surpris à me réjouir intérieurement de sa défaite.

Le fait qu’un évènement, quasi-indépendant des actions politiques du Président, puisse le servir pour remonter dans les sondages, nous est devenu insupportable, tant ce dernier ne mérite que la porte de sortie. Ce sentiment coupable, lorsque l’on a l’esprit souverainiste, est la traduction involontaire d’un constat : « Le Président Hollande ne représente plus son pays ». Il n’est plus que le bras gauche de l’Amérique. La grande majorité du pays aspire à son départ, il devient un boulet qui entrave la marche en avant et l’espoir d’être armé pour le pire qui peut être devant nous. Le monde bancaire est de nouveau en émoi et se prépare au pire justement. La crise systémique revient dans l’esprit des analystes. L’eau de la monnaie de singe déversée après le Brexit, pour éteindre l’incendie et soutenir les marchés, atteint un débit inquiétant. Les banques italiennes sont aux abois et l’Italie elle-même est très fragilisée. L’UE n’a visiblement pas d’autre préoccupation que de stigmatiser le Royaume-Uni et de lui prédire les pires catastrophes. La contestation à la tête du parti travailliste après le Brexit devient : « Le Royaume-Uni est dans la tourmente ». Que dire de la bataille entre Sarkozy, Juppé, Lemaire, Fillon ? Que la France est au bord du gouffre ? Oui, elle y court mais pas à cause des querelles politiques internes. 

L’UE va se défaire lentement dans une succession de soubresauts alors que le sommet de l'OTAN apporte des nouvelles : davantage de soldats en Europe de l'Est, préparation aux cyberattaques... Une autre aventure américaine qui n'apporte rien de bon pour l'Europe. C’est l’avis de Philippe De Villiers qui conclue à la nécessaire sortie de l’OTAN et de l’UE d’une façon plus claire et plus tranchée que Nicolas Dupont-Aignan qui espère pouvoir se passer de l’article 50 du traité de l’UE et faire adopter un mini-traité discuté à la carte sur la base du volontariat des pays. Ce point de vue ne paraît pas mener à l’apaisement dans une sortie au forceps, rapidement exploitée par les institutions et les représentants de nombreux pays comme une bravade vis-à-vis des traités. Comme les USA se passent de l’accord de l’ONU, la France deviendrait le pays qui se permet tout. Philippe de Villiers est plus proche sur ce point d’Asselineau. Les trois se rejoignent sur la nécessité de réorienter la politique extérieure vers l’Est, selon les fondamentaux de la politique historique française, et l’Europe de l’Atlantique à l’Oural de De Gaulle.

Lors d’un interview Philippe De Villiers déclare : «  Je pense que la position européenne calquée sur les ordres reçus de l’Amérique, donc calquée sur la position américaine repose sur un contresens. L’Europe écrit depuis la fin de la guerre son avenir sur le continent américain. C’est l’Europe de l’après-guerre qu’on poursuit avant la chute du mur de Berlin alors que l’Europe doit être l’Europe «de l’Atlantique à l’Oural» en comprenant la Russie au sens que l’entendait le général de Gaulle quand il utilisait cette expression. » Il développe son point de vue en constatant que l’OTAN nous entraîne dans des aventures partout dans le monde qui ne sont pas les nôtres. Par contre la Russie n’est plus l’URSS et n’est pas notre ennemie contrairement à ce que l’on cherche à nous faire croire. Malheureusement le renforcement des armées de l’OTAN aux frontières de la Russie et la réunion de l’OTAN à Varsovie ne peuvent que créer une situation dangereuse pour la Russie. Poutine ne réagit pas à chaud et affirme que l’occupation des Pays Baltes n’a aucun intérêt pour la Russie mais il semble être entré dans une phase de réflexion profonde comme avant l’intervention en Syrie.  Il ne faut pas oublier cet aveu de Poutine, devenu incontournable : « Dans mon enfance, les rues de St-Petersburg m’ont appris que lorsque l’entente devient impossible, il faut frapper le premier ». Quand un pays où le sentiment national est très fort et se sent menacé, tout peut arriver. La France veut-elle vraiment la guerre ? Non elle veut la paix en Europe et cesser de guerroyer partout dans le monde. 

« Aujourd’hui il faut faire une Europe confédérale, c’est-à-dire celle qui s’appuie sur les souverainetés nationales à l’Est comme à l’Ouest, qui s’élargisse à la Russie qui peut servir d’interface pour les hommes de la puissance de demain. Il est absurde de considérer aujourd’hui Poutine et la Russie comme des ennemis. La Russie est notre amie, la Russie ne demande qu’à être notre amie. Elle est non seulement une alliée sur le plan historique, mais il y a des liens plus profonds – par exemple, Dostoïevski parlait français, écrivait en français. Et moi qui connais bien la Russie, je peux dire que c’est une absurdité de ne pas vouloir réunir les deux chrétientés de l’Europe – celle de l’Est et celle de l’Ouest. C’est un crime de vouloir installer plus d’agressivité, plus de haine dans les nations qui étaient jadis sous le joug soviétique. Il faut leur expliquer que la Russie n’est pas leur ennemi, que la Russie n’est pas l’ennemi de l’Europe et que l’Europe ne doit pas continuer à se faire manipuler par Monsieur Obama et l’Amérique qui elle est agressive, qui dépense deux fois plus pour son budget militaire que l’ensemble des nations du monde. »

Selon lui, cette coopération entre l’Union européenne et l’OTAN ne peut mener qu’à la guerre. « L’OTAN est en fait le bras militaire de l’Amérique. L’OTAN nous entraîne dans des aventures partout dans le monde qui ne sont pas les nôtres. Souvenez-vous du Kosovo, des «printemps arabes», de la Syrie, de l’Irak. Il faut bien comprendre que le nouveau monde dans lequel nous sommes entrés n'est pas le monde de l’après-guerre. L’OTAN a été créé pour contrer l’Union soviétique. L’URSS est morte, le mur de Berlin est tombé, cela fait des décennies. Et donc l’OTAN n’a plus de raison sociale. » 

Il insiste sur la dépendance coupable de la France à l’Allemagne qui devient le bras droit européen de l’Amérique et mène une politique pangermanique et panaméricaine avec la Turquie d’’Erdogan. « Il faut bien comprendre par exemple que Madame Merkel obéit à Monsieur Obama, obéit à l’OTAN quand elle se prosterne devant le sultan Erdogan parce que la Turquie est membre à part entière de l’OTAN et que c’est l’Amérique qui veut faire rentrer la Turquie dans l’Union européenne. Quand vous confiez votre défense, c’est-à-dire l’essentiel de votre puissance régalienne, à une autre nation que la vôtre – en l’occurrence les Etats-Unis – alors vous n’êtes plus indépendant. Donc vous ne pouvez plus avoir une diplomatie propre. C’est tragique pour la France et c’est tragique pour l’Europe. C’est un signe avant-coureur de la décomposition de l’Europe qui va maintenant aller très vite depuis le Brexit parce que les Anglais ont compris qu’il y avait une contradiction entre la loi anglaise et le loi européenne et que l’Europe c’était l’immigration à tout va. » 

Le Brexit a ouvert la voie au vent du large 

Il appartient aux peuples européens

De saisir l’occasion de refaire 

Une Europe confédérale

Et démocratique ! 

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon