mercredi 20 juillet 2016

Les armes du politique : le mensonge et la crédulité des peuples



Plus la démocratie recule, plus s’étend le pouvoir du mensonge politique et géopolitique. Très peu de promesses des candidats politiques, à tous niveaux, voient un minimum de réalisation. Les promesses n’engagent que ceux qui les croient. Nous le vivons tous les jours en France, ailleurs en Europe et dans le Monde. Hillary Clinton promet la paix et l’opulence pour le nouveau mandat présidentiel, elle n’a, en tant que secrétaire d’État, eu de cesse de propager la guerre officiellement ou en sous-main et elle a vu la pauvreté ne cesser d’augmenter aux États-Unis. Hollande fait la guerre depuis son mandat au Mali, en Irak et en Syrie en promettant de rétablir la démocratie dans ces pays et de stopper le terrorisme en France. Le résultat est que le terrorisme existe toujours là-bas et qu’il s’est intensifié en France et au Mali sans que le pouvoir puisse se maintenir par lui-même dans ce pays et sans que les conflits ethniques soient réglés. Nos forces spéciales sont partout et trois officiers français sont morts en Libye… où nous ne sommes pas engagés officiellement. Ceci veut donc dire que ces trois soldats ne sont pas officiellement morts. Auront-ils droit aux honneurs militaires aux Invalides ? En vertu de quel mandat international, de quel vote du Parlement ou de quelle demande officielle du gouvernement libyen l’armée est-elle engagée en Libye ? Aucun bien sûr… mensonge par omission envers le peuple et raison de plus d’augmenter le désir de vengeance des musulmans qui ne supportent pas le droit d’ingérence. Mais en Syrie nous menons une guerre propre, c’est sans doute pour cela que la Syrie porte plainte contre la France pour violation de son territoire et pour la mort de 85 civils dans un village paisible qui n’était pas sous le contrôle de Daech.

De toute évidence le « ça va mieux » est au plus un constat dans l’immédiateté obtenu grâce à un contexte extérieur très favorable, inconnu depuis longtemps, avec le taux d’emprunt de l’Etat au plus bas, le pétrole deux moins cher et l’euro 30% plus bas. On en est tout-de-même réduits à vendre des obligations souveraines avec des taux d’intérêts mirifiques, que nous devrons assumer dans les années suivantes, pour trouver des acheteurs… C’est un paquet cadeau aux suivants et un dernier tour de passe-passe pour présenter des comptes « validables » par Bruxelles… Ça ne va pas vraiment mieux et le second trimestre ne s’annonce pas folichon avec des perspectives de crash systémique dans les banques italiennes et allemandes, et un climat de guerre et d’insécurité intérieure. Mais le mensonge tourne à la folie quand on voit une Assemblée de parlementaires surenchérir sur l’état d’urgence, en voter, à l’unanimité ou presque, la prolongation à 6 mois et constater que nous n’avons même pas été capables de prendre les dispositions nécessaires pour sécuriser une manifestation de masse dans un périmètre parfaitement délimité. L’État se contentera-t-il de changer le Préfet de région en charge de la sécurité nationale dans le cadre du plan d’urgence ou est-il suffisamment complice pour ne rien faire et nier toute liaison avec Daech pour faire tourner court une enquête qui pourrait révéler les vrais commanditaires ? 

Gauche et droite, dépositaires du pouvoir depuis plus de quarante ans, mentent honteusement au peuple en lui faisant croire que la menace n’a aucun rapport avec nos actions extérieures en territoire de l’oumma et que l’état d’urgence est la solution du problème. Il n’a pas empêché les morts de s’accumuler, et on ne recommence jamais inlassablement une expérience qui ne donne aucun résultat, tous les scientifiques le savent. Ces politiques ne pensent qu’à leur élection, ils sont déconnectés du sens du bien public. Parler, parler, encombrer les médias de solutions immédiates, illusoires, inefficaces ou impossibles à réaliser pratiquement, se montrer, dire plus haut et plus fort que les autres des évidences ou des âneries, est plus important que de réfléchir, s’informer, comprendre, analyser, prévoir, proposer des solutions, soigneusement élaborées et prenant l’ensemble des problèmes, les expliquer clairement au peuple, avec une argumentation solide et crédible, pour les soumettre à son approbation. Il est vrai que, comme le dit Alain Minc, le peuple n’est pas assez intelligent pour avoir le droit de voter.

Mais il est vrai qu’il faut asséner au peuple la Vérité et que celle-ci s’impose d’elle-même. Dans le genre on a : « Sortir de l’euro conduit à la catastrophe ». Inutile d’expliquer pourquoi, cela s’impose tellement de lui-même qu’il est inutile d’en discuter. Évidemment on peut en déduire que sortir de l’UE, ce qui implique la sortie de l’euro, est une double catastrophe et qu’à partir du moment où l’on a pris l’euro, on ne peut pas faire comme les britanniques. Mais nous avons connu aussi le mensonge des 35 heures payées 39 avec Lionel Jospin en 2000, qui nous a piégé avec un triple appât : travailler moins, gagner autant et créer de l’emploi. Si les deux premiers ne dépendaient que d’une loi, le troisième appât était un leurre électoral que tout le monde acceptait d’autant plus facilement que les deux premiers étaient une perspective alléchante. 

Être convaincu que l’instauration des 35 heures hebdomadaires obligatoires, à revenu égal et moindre production, est évidemment absurde, car voué dès le départ à produire davantage de chômage, chaque employé étant devenu plus coûteux pour son employeur. Les chiffres sont là pour le prouver. Nos chiffres du chômage sont les suivants : Janvier 1991 à 9%, janvier 2010 à 9%, et janvier 2015 à 10%. L’idéologie n’est jamais compatible avec les chiffres mais elle est experte en mensonges et en enfumages. Évidemment nos voisins allemands et britanniques ne nous ont pas suivis et le chômage en 2015 est de 5,3% au Royaume-Uni, 4,6% en Allemagne, 9,4% dans l’UE et de… 10,4% en France. Notre confort nous le payons à crédit avec une dette qui s’accroît chaque année et que le gouvernement s’évertue à camoufler pour qu’elle ne dépasse pas le chiffre fatidique de 100% du PIB.

Mais on peut continuer avec le mensonge du siècle sur le changement climatique et la mascarade de la COP21, sponsorisée par les plus grands pollueurs du monde qui trafiquent avec la taxe carbone. Le maniement de la peur fait son œuvre de décérébration du peuple avec le pôle nord qui fond, les mers qui montent à la vitesse grand V, les catastrophes naturelles qui vont se multiplier et un carbone répandant une chaleur anthropique qui va griller la planète d’ici peu. Or toutes ces peurs sont issues non pas de la réalité constatée mais des prévisions de modèles mathématiques qui depuis 18 ans ne collent pas à la réalité observée. De plus les variations climatiques ont toujours existé bien avant la présence de l’homme et de sa pollution anthropique. Peu importe, on continue à effrayer le monde crédule pour la bonne raison qu’il s’agit d’un sujet où il n’a pas les connaissances et l’information pour contester. On étouffe les voix discordantes et on traite les eurosceptiques de connards même s’ils s’appuient sur des études et des articles parus dans les meilleures revues scientifiques. Évidemment il y en a pour qui cela rapporte, Al Gore le premier. Politiquement c’est aussi ce qui permet de préparer la nécessité d’un gouvernement mondial, seul capable de faire face à un tel danger, et de permette aux politiques de s'afficher en sauveurs de la planète.

Dans le même ordre d’idées on peut développer en conséquence le mensonge des énergies renouvelables qui ne sont absolument pas rentables pour l’État qui les subventionne, ni pour nous qui payons une taxe supplémentaire (CSPE) sur notre facture d’électricité, taxe qui ne cesse d’augmenter. La contribution unitaire pour 2015 s’établit à 19,5 €/MWh, soit une augmentation de 3 €/MWh de la contribution en vigueur en 2014. D’ailleurs cette taxe ne suffit pas à combler les charges supplémentaires qui sont de 25,9 €/MWh. L’écart ne cesse de se creuser et va nécessairement impliquer bientôt un réajustement  de la taxe réglementée qui augmentera encore notre facture d’électricité. Pour un compteur électrique de 6kVA, la majorité des foyers domestiques a payé le KWh à 0,15€/KWh soit 150 €/MWh. La taxe a donc augmenté la facture de 17%. La Commission de Régulation de l’Énergie prévoit d’atteindre 28% en 2020. Voilà comment insidieusement, année par année, on fait payer un peu plus le consommateur qui rêve de panneaux solaires et d’éoliennes donnant de l’énergie gratuite. On le gruge d’ailleurs doublement puisque la France est exportatrice d’électricité, il paie donc pour les exportations. L’État se sert deux fois sur le consommateur et sur le pays importateur. 

L’ENA est l’école du mensonge et de l’enfumage. 

Il est temps pour le peuple d’imiter les islandais.

Le vil monde des banquiers et des politiques, 

Boit au tonneau du pouvoir et de l’argent,

En grugeant les peuples crédules 

Et en tuant la démocratie. 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon