samedi 2 juillet 2016

Deux évènements vont changer le cours de l’histoire



2016 et 2017 seront deux années qui vont marquer l’histoire occidentale et même mondiale. Le premier est déjà arrivé, le Brexit, le second c’est l’élection du 45ème président des États-Unis qui entrera en fonction le 20 janvier 2017. Hillary Clinton et Donald Trump s'affrontent désormais dans un duel historique : d'abord parce que pour la première fois, une femme est en mesure de remporter des élections présidentielles américaines, ensuite, parce que jamais des candidats investis par leur camp n'ont été aussi impopulaires. Hillary Clinton est donnée en tête avec 51%-39% ou 46%-41% selon les sondages, donc peu fiables. Le « in » du Brexit était bien donné largement gagnant à 55%. Hillary Clinton est soutenue par la puissance économique et financière américaine et les sondages ne veulent rien dire six mois avant le vote. Beaucoup de choses peuvent arriver comme cette déclaration à la presse de la sénatrice Dr. Kelli Ward qui accuse McCain, Obama et Clinton d’être "des Partenaires en créant, armant, entraînant et finançant ISIS au Liban et en Jordanie et ayant aidé les rébellions libyenne et syrienne à créer une situation de guerre civile ». C’est un pavé dans la mare même si nous le savions depuis longtemps. Le peuple Américain est informé qu’il a été trahi par ses responsables politiques les plus hauts placés.

Que ce soit Hillary ou Donald, cette présidence va revêtir une importance particulière sur notre planète où deux conceptions s’affrontent. L’hégémonie unipolaire du monde occidental derrière les Etats-Unis affronte le monde multipolaire qui réunit déjà avec la puissance militaire russe, les deux pays les plus peuplés du monde, la Chine et l’Inde. La Chine et la Russie ont engagé une guerre monétaire contre un dollar affaibli. Leur course à l’or prédit que le yuan, qui régit désormais les échanges pétroliers entre ces deux pays, va devenir une monnaie qui renverra la monnaie de singe, créée en masse par les banques centrales, Fed, Banque d’Angleterre, Banque du Japon et dernièrement BCE, dans une catastrophe dont on ne peut mesurer l’ampleur. Le retour à une certaine parité avec l’or sera un évènement majeur. Devant le danger que cela représente l’attitude du prochain Président des Etats-Unis peut mener le monde dans une guerre globale où l’utilisation du nucléaire, même tactique, peut créer des dégâts considérables sur l’humanité. 

Les États-Unis s’approchent de plus en plus des frontières russes et des eaux territoriales chinoises. L’armement de l’OTAN monte en puissance et oblige les « ennemis «  à en faire autant. Les navires américains et russes se frottent en Méditerranée, les avions et navires américains frôlent la Chine. On cherche visiblement l’incident qui permettra de justifier les mesures guerrières prises. C’est un jeu dangereux, que maîtrise encore la Russie qui n’envenime pas les choses mais jusqu’à quand et jusqu’où ? Si Poutine est prêt à collaborer avec Donald Trump, il a gardé l’impression d’avoir été floué en Libye par Hillary Clinton. Il constate de plus qu’en Syrie, Les USA n’ont aucune réelle intention de collaborer à la lutte contre le terrorisme et continuent d’alimenter les rebelles anti-Bachar. L’élection américaine sera d’une importance bien plus considérable que les deux précédentes où les États-Unis faisaient encore rayonner leur puissance hégémonique programmée et financée par le Nouvel Ordre Mondial aux mains de ceux qui sont encore les Maîtres de l’Univers pour un temps.

Mais le Brexit, dont je maintiens qu’il était prévu par ceux qui l’ont décidé, c’est-à-dire un nombre très restreint de l’élite mondiale, va changer aussi fondamentalement le sort de l’Europe. Le peuple britannique s’est mis sous abri en votant le Brexit parce que l’Europe entre dans une zone de grande turbulence où seuls les pays forts tireront leur épingle du jeu. Un seul grand pays s’y apprête, l’Allemagne et laisse percer son jeu. Les pays méditerranéens sont affaiblis, mais l’Europe est indispensable à l’économie allemande, donc l’Europe doit se réorganiser autour de l’Allemagne. L’Allemagne est forte économiquement mais faible militairement. Angela Merkel vient d’en augmenter substantiellement le budget mais cela va plus loin, c’est à une véritable défense européenne qu’elle appelle. Le but est de construire une armée européenne crédible capable d’intervenir partout dans le monde où ses intérêts seraient menacés. On est bien loin de l’Europe de la paix. Ceci est d’ailleurs contraire aux statuts fondamentaux de l’Union Européenne qui se déclaraient comme n’ayant pas de volonté de puissance. 

L’Allemagne choisit ses partenaires, ceux qui lui sont utiles dont la France dont le commerce extérieur est très déficitaire avec l’Allemagne. On retrouve déjà aussi autour d’elle, la Belgique, le Luxembourg, les Pays-Bas et l’Italie que l’on ne peut ignorer dans un premier temps. Les autres pays de l’Est et du Sud devront suivre une nouvelle UE allemande sous peine d’encourir le sort de la Grèce. L’Allemagne abat ses cartes et nous suivons comme le tandem. Les USA appuient la création d’une force militaire européenne puissante à l’intérieur de l’OTAN dans le but d’impressionner ou d’attaquer la Russie selon les vues d’Hillary Clinton, dans celui de dégager au fur et à mesure des forces américaines et en diminuer le coût pour Donald Trump. Ce n’est pas le départ du Royaume-Uni qui inquiète Angela Merkel, c’est la contagion du Brexit. Sa précipitation à réunir les principaux dirigeants fondateurs de l’UE en est la preuve. Selon elle, les négociations avec le RU peuvent se dérouler dans le calme d’accords bi-latéraux, mais il faut se rassembler très vite sur un noyau dur resserré pour pouvoir résister à la dislocation de l’UE actuelle. Il faut empêcher un Frexit qui serait très nuisible au plan de l’hégémonie allemande. La France sera très étroitement associée et « cornaquée ».

Il serait dangereux de penser que ce qui est prévu l’est pour le bien de la France, l’Allemagne ne défend que ses intérêts. On ne peut le leur reprocher mais ils ne peuvent coïncider exactement avec les nôtres. Il ne s’agit pas de suivre mais d’avoir une attitude à la Britannique où le Royaume-Uni était un partenaire fiable tant que ses intérêts étaient majoritairement protégés. Il y a une dizaine d’années, un journaliste avait interrogé le président de la banque Lloyds, le plus grand assureur du monde, en s’étonnant que le Royaume-Uni ait choisi la livre au lieu de l’euro. La réponse fut celle-ci « N’ayez crainte, dès que nous constaterons que l’euro est plus intéressant pour nous que la livre, nous le prendrons ». Dans la restructuration de l’Europe qui se prépare, la voix de la France est bien faible aujourd’hui et l’Allemagne sait qu’elle peut en profiter. Le couple franco-allemand n’est plus un couple, c’est une motrice allemande et un tandem français qui cheminent sur la voie tracée par les Maîtres de la mondialisation. 

Il faut prendre conscience que l’avenir qui se prépare

Sera un choix crucial pour le peuple français. 

Soit nous acceptons la perte de liberté,

La prise en main étrangère, 

Soit nous restons un pays

Qui maîtrise son destin ! 

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon