jeudi 28 juillet 2016

À la guerre comme à la guerre !



"Tout ce qui devait être fait l'a été en grand partie", répond Cazeneuve à Sarkozy. Après avoir admiré la clarté diplomatique de cette phrase, il faut bien reconnaître que rien n’a été efficace puisque les attentats se succèdent avec une fréquence accrue. Doit-on espérer dans la partie manquante ? On peut sincèrement en douter puisqu’il ne reste que pas grand-chose à faire. La question est donc de savoir si nous ne sommes pas devant un constat d’échec. Nous sommes engagés depuis quatre ans au Moyen-Orient dans des pays musulmans où nous tuons plus de civils que de terroristes qui sont épargnés et aidés par une coalition de 35 pays ( ! ), le but étant en fait la destitution ou la mort de Bachar El-Assad. Il n’y a que ceux qui ne veulent rien entendre ou ne rien lire en dehors des médias mainstream qui ne le savent pas ou ne veulent pas le savoir. Le résultat obtenu est non seulement nul puisque Bachar El-Assad va sortir vainqueur avec l’appui des russes et des kurdes, mais cela n’a fait que décupler l’envie de vengeance d’une population fanatisée qui trouve des émules au sein même de l’Europe.

On ne va pas faire le ménage dans un pays étranger puis y rester sans susciter des sentiments hostiles. Si c’est appelé par une autorité étrangère pour régler un problème de guerre civile, on ne peut être bien vu par les deux camps. Si c’est appelé pour faire fuir une force étrangère, on sera les bienvenus. Mais, dans les deux cas, si l’on s’implante après la victoire, on devient un occupant et cela a généré le « US go home » en France après la seconde guerre mondiale. C’est toujours ainsi et nous sommes dans cette situation d’occupant au Mali et dans nombre d’autres pays africains, en Syrie et nous allons de nouveau l’être en Libye puis en Algérie. Alors ne nous étonnons pas que le terrorisme soit la réponse d’une civilisation qui n’avait que l’idée de l’invasion de peuplement. Maintenant nous avons les deux et l’invasion de peuplement a pris une nouvelle ampleur avec une porte ouverte aux combattants musulmans issus ou formés au Moyen-Orient et en Afrique. Il faut cesser de pratiquer ce droit d’ingérence pour de mauvaises raisons en plus et pour le compte d’un pays étranger. Même si ceci n’est pas suffisant c’est un préalable nécessaire. 

Il faut cesser de jouer double-jeu pour des raisons économiques et reprendre l’initiative diplomatique en acceptant de discuter avec la Syrie de Bachar El-Assad, sans doute le pays du Moyen-Orient le plus avancé dans la démocratie, et avec la Russie. La France a une histoire particulière avec la Syrie et le Liban. Elle doit y jouer un rôle avec le Royaume-Uni en reprenant le cours interrompu de son histoire. Le désengagement militaire de la France doit permettre de recentrer nos forces sur les dangers terroristes dans notre propre pays. Il y a beaucoup à faire malgré tout ce que nous affirme Bernard Cazeneuve et on ne dit pas être en guerre comme Manuel Valls quand on réagit dans un contexte de démocratie molle avec des armes inadaptées au temps de guerre. L’opération Sentinelle n’est qu’une opération politique de communication, elle ne peut avoir une réelle efficacité. Ce qui me chagrine, c’est que les sondages semblent indiquer que la très grande majorité des français croient que le toujours plus de policiers, de soldats, de lois sécuritaires, va permettre d’éradiquer le djihadisme en France.

C’est une dramatique vision de la réalité. Les mouvements religieux, les tenants d’un multiculturalisme béat, les politiques de la « pensée unique » et leurs suppôts médiatiques distillent un message du « vivre ensemble », voire du « aimons-nous les uns les autres » qui est démobilisateur dans une période de guerre puisqu’il en est désormais ainsi. Le gouvernement n’a déjà pas de volonté politique par lâcheté ou calcul, mais si le peuple est dans une pensée d’actions de paix, la France succombera devant son ennemi. Il sait que la démocratie est faible devant la détermination de ceux qui sont prêts à utiliser tous les moyens et pour qui la mort est une façon glorieuse et prometteuse de servir une cause et mieux une religion qui prépare à l’au-delà. Je sais que tenir ces propos c’est aller à l’encontre de tout ce qui se dit après les attentats et semble venir d’une personne inspirant la haine. Oui je l’assume en tant que pacifiste réaliste, je n'ouvre pas mon logis à ceux qui crachent dessus.

La guerre ne se gagne pas en ménageant son ennemi, ou en rechignant à utiliser tous les moyens. Il faut lutter au moins à armes égales, et toucher son ennemi là où il croit voir la faille. Il faut se mettre à sa place, raisonner comme lui. « œil pour œil, dent pour dent », cela veut dire pas de quartier et que la peur doit changer de camp. Or notre façon molle de traiter les auteurs d’attentats, notre repli, la peur au ventre, dans un espoir de raisonnement par l’amour de l’autre, ne fait que projeter notre faiblesse aux yeux de l’ennemi. Ceci apparaît clairement lorsque l’on prend conscience de la faillite de nos services de renseignements, l’ennemi a pris l’ascendant dans ce domaine. Dans la plupart des attentats on a eu affaire à des individus connus des services français, mais on a appris qu’ils étaient des indicateurs « retournés ». C’est d’ailleurs pour cela qu’on les tue, pour qu’ils ne parlent pas. C’est la vieille lutte de l’espionnage et du contre-espionnage à partir de laquelle les romans policiers fondent une grande partie de leurs histoires.

Alors pourquoi l’ennemi tire plus d’avantages que nous dans ce jeu de taupes ? Parce qu’il sait que pour agir efficacement, tapi dans l’ombre pour surgir en tous lieux et à tout moment, il doit se fondre dans une population d’accueil favorable ou maintenue bouche cousue… par la peur ! L’omerta des corses ! Bien sûr il y a un nombre plus important de musulmans qui condamnent les actes terroristes que l’inverse. Pour eux il faut donc que la peur des représailles de l’ennemi soit plus dissuasive que la nôtre. C’est bien le cas. D'un côté on risque quelques mises en examen, quelques mois de bracelet électronique, au plus quelques mois ou années de prison, et de l’autre la mort. Que fait une famille musulmane avec des enfants en passe de s’intégrer si elle sait que renseigner nos services peut lui coûter la mort de ses enfants ? C’est cette bataille de la peur que l’ennemi a gagnée aujourd’hui, il faut inverser la tendance. Alors une grande partie de la communauté musulmane aidera à débusquer l’ennemi. 

Erdogan veut rétablir la peine de mort, mais si nous ne voulons pas aller dans ce sens, il faut que les peines encourues par les terroristes soient plus rapides et plus dissuasives, que la complicité soit très sévèrement punie et que les peines soient très médiatisées. Passer des années de sa vie dans des prisons où les conditions sont très acceptables, voire même très confortables, ou en semi-liberté, ne peuvent pas décourager les candidats aux meurtres et les complicités. Le bagne à la façon ancienne l’est déjà beaucoup plus. Il faut faire savoir qu’acteur ou complice, la peine sera très dure, voire excessive vue dans une période de paix. Mais si on est en guerre, on doit pratiquer des mesures de guerre. Lorsque Laurent Fabius disait : « Nous devons tirer les dividendes de la paix », il oubliait que la paix n’est qu’une trêve plus ou moins longue entre deux guerres, on ne baisse pas la garde. Ma devise d’Etat-Major, c’est : « Si tu veux la paix, prépare la guerre ». Et bien nous n’avons rien préparé du tout, ou plutôt si nous avons préparé le terrain favorable à la guerre, nous sommes donc en guerre et il faut en accepter les règles. L’une de ses caractéristiques est d’être sanglante, car lorsqu'elle ne comporte pas de destruction de vies humaines, elle n'est qu'un conflit ou un échange de menaces. 

La communauté musulmane doit comprendre que l’on ne peut espérer vivre en paix dans ce pays en acceptant de coopérer par peur avec un ennemi de la France qui veut créer le chaos et implanter l’application la plus stricte du Coran, une charia salafiste et wahhabite. Sans volonté politique et sans prise de conscience du peuple que l’on ne fait pas la guerre avec de la guimauve, la paix restera un leurre. Il faut retrouver l’esprit de résistance des londoniens pendant la deuxième guerre mondiale. Il faut regarder du côté de Poutine qui a les mêmes problèmes que nous avec une très importante communauté musulmane et sait maintenir son pays dans une meilleure sécurité. N’oubliez pas que nos résistants ne faisaient pas plus de quartier que les terroristes… parce que c’était la guerre ! 

La guerre est le cancer de l’humanité, elle est  détestable,

Elle est horrible, et en plus elle est toujours sans pitié. 

L’agressé doit générer la peur chez l’agresseur

Même les animaux le savent ! Pas nous ? 

PS :  Le mouvement indépendantiste corse prévient : «Sachez que toute attaque contre notre peuple connaîtrait de notre part une réponse déterminée sans aucun état d'âme.»

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon