dimanche 24 juillet 2016

Et de trois ! Trois évènements mondiaux



Avec notre regard nombriliste et apeuré, nous avons tendance à ramener le monde à nos frontières. Pourtant notre sort ne se joue plus à l’intérieur du pays, même si on peut penser avec empathie et tristesse aux familles en deuil après des scènes d’horreur, il se joue sur la scène mondiale. On ne peut pas parler du mondialisme, d’en vanter sa nécessité et ses bienfaits, et se cantonner à ne regarder que ce que l’on nous présente dans la sphère de nos frontières. Regarder la COP21, ce n’est pas s’ouvrir sur la planète, c’est suivre une bande de lobbies qui cherchent à faire fructifier leur business en jouant sur la crédibilité du peuple. Le réchauffement climatique n’a pas montré la queue d’une preuve statistique crédible, et les modèles mathématiques n’ont encore jamais collé à la réalité observée. Les énergies renouvelables ne sont nullement des énergies gratuites, elles ne se vendent qu’à coup de subventions. C’est un jeu du cirque, une illusion et une arnaque.

L’Euro 2016, le Tour de France, les jeux olympiques sont des jeux du cirque qui détournent notre attention des évènements qui tracent inexorablement notre avenir, même s’il y a la beauté du sport et de l’effort. Il n’est désormais plus gratuit et l’argent y est roi quand ce n’est pas le dopage. Ces évènements sont à haute portée politique. Hollande comptait sur la victoire de la France à l’Euro, c’est un semi-échec. Les jeux olympiques sont une occasion de stigmatiser la Russie, nullement blanche en matière de dopage, mais pour laquelle on fait un « paquet-cadeau » de tous ses sportifs sous prétexte que quelques dizaines d’expertises ont montré le dopage. On refuse à la Russie une contre-expertise par un laboratoire indépendant. Le but politique est évident, rendre la Russie fautive et lui infliger une sanction lourdement ressentie par son peuple. 

Deux évènements majeurs de portée mondiale se sont passés en peu de temps, la prise de position d’Elizabeth II pour le Brexit d’une part, et le ralliement de l’Inde et du Pakistan au traité de coopération de Shangaï. Pour le premier, peu de médias, ont noté l’importance de la prise de position, exceptionnelle et hors des conventions politiques du Royaume-Uni, pour le Brexit. Quand on connait l’adoration des britanniques pour la famille royale, son poids a été considérable dans le vote. Mais au sommet de l’oligarchie mondiale, il y a sa Majesté. L’oligarchie mondiale avait donc décidé une inflexion de la politique de la gouvernance mondiale. Le navire britannique prenait ses distances de l’UE, mais aussi des États-Unis, pour se rapprocher de la Chine dans la perspective de la primauté d’une nouvelle monnaie sur le dollar.

Pour le second évènement, si le basculement de l’Inde était prévisible compte-tenu de sa participation au BRICS, celle du Pakistan, puissance nucléaire autorisée par les USA et partenaire au Moyen-Orient, est un renversement d’alliance de la plus grande importance. On se souvient combien le Pakistan avait fermé les yeux sur la mascarade de l’assassinat du soi-disant Ben Laden. Avec un Pakistan qui rejoint l’Inde, la Chine et la Russie, les États-Unis se trouvent pris en tenaille en Afghanistan. Ils tentent d’ailleurs de pousser leurs mercenaires de Daesh à y prendre le pouvoir. C’est néanmoins une défaite étasunienne d’une importance capitale dans sa mainmise sur l’Asie. C’est une victoire stratégique du monde multipolaire sur le monde unipolaire dont le dessein est de stranguler la Russie et la Chine pour faire revenir toutes les autres puissances asiatiques dans son giron. 

Le troisième évènement ce n’est pas le coup d’État, ni l’attentat en Turquie, c’est le revirement d’Erdogan et son rapprochement de la Russie. Il y a eu une sordide histoire de poker menteur où tout est parti des conversations d’Erdogan avec Poutine. A partir de là tout a été fait pour remettre en selle Erdogan, et les services de renseignements russes ont joué un rôle pour contrer la destitution d’Erdogan. Le coup d’Etat qui aurait dû tuer Erdogan, dont l’avion était dans ligne de mire d’un avion turc dissident, a été retourné en son renforcement politique et l’occasion de faire le ménage dans tous les administrations, les politiques et les médias qui étaient en phase avec les USA. L’instigateur « désigné sans preuve » de la rébellion vivait aux Etats-Unis. Le ménage est ainsi fait et Erdogan envoie des signes significatifs d’un renversement d’alliance.

La base américaine d’Incirlik a été fermée, l’électricité coupée, le chef du camp militaire arrêté, les avions cloués au sol. C’est une gifle portée sur les États-Unis et sur l’OTAN qui y stockent des armes nucléaires et qui se demandent comment ils vont les sortir de là. La peine de mort est sensée être rétablie ce qui est un signe vers l’UE montrant le refus d’Erdogan d’y rentrer. C’est donc une gifle aux dirigeants européens, Angela Merkel en tête. Erdogan tient toujours le robinet de l’immigration, il a déjà empoché de l’argent et il va être en position de force pour acculer l’UE aux pires concessions. Angela Merkel se trouve dans une position où la guerre civile ne fait pas que couver, elle s’exprime et la Bavière est particulièrement sensible aux problèmes de l’immigration par son histoire, sa culture et sa position de porte d’entrée du flot migratoire. 

Poutine et ses alliés viennent de réussir des avancées stratégiques qui vont changer la face du monde. Au Moyen-Orient les victoires se préparent rapidement. Alep, la deuxième ville de Syrie, va tomber et Bachar-el-Assad va retrouver l’autorité sur les forces vives de son pays. La dynastie des Saoud est très contestée et l’Arabie Saoudite se rapproche de la Russie dans la guerre des quotas de pétrole. Il y a jusqu’à Israël qui commence un double jeu. C’est un indicateur sérieux de la baisse d’influence étasunienne. Les 35 pays de la coalition sont ridiculisés dans leurs interventions en Irak et en Syrie. Il apparaît désormais au grand jour ce que l’on savait mais que certains ne croyaient pas. Daech est une fabrication des USA. C’est une équipe de mercenaires à son service que l’on fait semblant de détruire en bombardant à côté ou en prévenant que l’on va intervenir. Si les USA clament avoir vaincu Daech, c’est qu’ils sont en train de reporter leur action en Libye. L’Afrique va devenir un nouveau terrain de jeu. L’Algérie est visée au premier chef puis le Maroc. Les deux ont rendu visite à Poutine qui ne laissera pas pourrir le pourtour de la Méditerranée. On va assister à de nouveaux « printemps ».

L’Europe dans tout ça ? J’ai bien peur qu’elle soit livrée à elle-même et à ses prédateurs, les puissances de l’argent, si elle ne se déconstruit pas rapidement, pour une autre forme de coopération et si elle ne prend pas conscience que son salut n’est pas à l’Ouest, mais dans le respect de la géographie et de son histoire vers l’Est. Elle a un rôle à jouer, c’est d’empêcher à tout prix une guerre mondiale dans laquelle elle serait le terrain de jeu et paierait le prix fort. Mais son inertie, due à son mode de fonctionnement, est peu adaptée à la vitesse avec laquelle la Russie et la Chine mènent les évènements actuellement. D’une certaine façon les Etats-Unis peuvent être acculés à la guerre, dont ils savent qu’ils doivent provoquer l’ours russe jusqu’à ce qu’il commette l’irréparable, pour mobiliser le monde occidental. 

2016 restera une date qui marquera dans l’histoire du monde

Le Royaume-Uni reprend la main, et l’UE s’embourbe 

La Turquie tourne le dos et suit le Pakistan

Le Moyen-Orient échappe aux USA 

L’Afrique et l’Europe deviennent

Des terrains de jeu entre deux 

Conceptions du monde ! 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon