jeudi 27 juillet 2017

15 hauts gradés de l'armée écrivent à Macron : "Nous nous sentons humiliés"



Les attaques d'Emmanuel Macron contre le général Pierre de Villiers ne passent décidément pas. Dans une lettre ouverte au président que Capital reproduit ci-dessous, 15 hauts gradés de l'armée ayant quitté le service - dont cinq généraux - clament leur soutien à l'ancien chef d’État-major et témoignent de leur " blessure profonde ".

Monsieur le Président

C’est au Chef des armées que les signataires de la présente lettre souhaitent s’adresser. C’est au Chef des armées qu’ils veulent dire combien ils ont été stupéfaits par son attitude à l’égard du Chef d’état-major des Armées de la France.

Nous sommes des Officiers de tous grades et des différentes armées ayant quitté le service actif. Nous n’avons aucun mandat ; nous ne prétendons pas parler au nom de l’Armée, cette « grande muette ». Nous estimons en revanche, de notre devoir de vous faire part de notre indignation et de vous dire ce que beaucoup de nos jeunes camarades, nos frères d’armes en activité, ressentent sans pouvoir l’exprimer.

L’Armée est peut-être muette, mais elle n’est ni sourde ni aveugle, ni amnésique. Elle n’a pas été sourde quand elle a entendu et cru en vos promesses de campagne. Elle n’a pas été aveugle lorsque votre tout premier geste a été de vous rendre au chevet de ses blessés. Elle a apprécié le symbole qu’a représenté votre choix d’un véhicule de commandement le jour de votre prise de fonction, elle a été sensible à l’image de l’autorité restaurée que vous avez voulu afficher. Tant vos paroles que les symboles que vous aviez choisis semblaient donc démontrer votre compréhension des forces armées et la priorité que vous leur accorderiez dans le contexte actuel.

Mais alors tout cela n’était-il que promesses, paroles et maniement des symboles ? On est en droit désormais de se poser la question en entendant les propos que vous avez tenus publiquement à l’Hôtel de Brienne à l’encontre du Chef d’état-major des armées, à la veille des cérémonies du 14 juillet. Cela restera longtemps dans les mémoires.

« Je considère pour ma part, qu’il n’est pas digne d’étaler certains débats sur la place publique… »
Mais alors est-il vraiment digne de réprimander, non seulement en public, mais devant ses subordonnés, un grand chef militaire, au sujet de propos destinés aux membres d’une commission parlementaire, au cours d’une audition censée être confidentielle ? Le CEMA ne faisait-il pas son devoir en rendant compte loyalement à la représentation nationale de l’état des armées ? Cette humiliation publique est une faute, Monsieur le Président.

« J’ai pris des engagements… »
Mais alors, après avoir prolongé le CEMA d’une année, ce qu’il a accepté en toute loyauté, précisément pour mettre en œuvre vos engagements de campagne, pourquoi lui faire grief de refuser d’endosser vos reniements ? Comment pouvez-vous penser qu’il accepterait de se soumettre et de perdre ainsi la confiance de ses subordonnées ? Ce reniement est une faute, Monsieur le Président.

« Je suis votre chef... »
Tous les militaires le savent et ils sont vexés que vous le leur rappeliez. Mais alors, serait-ce que vous en douteriez vous-même ? Dans ce cas, ce doute vous honorerait car il montrerait que vous avez senti la différence entre être le chef légal, et être le chef véritable : celui qui, connaissant le métier des armes, respecte ses hommes et en retour se fait aimer d’eux ; celui qui, parce qu’il a d’abord commencé par obéir, a appris à commander. Si votre jeunesse est une excellente chose, elle ne vous a pas apporté l’expérience du Service sous les armes. Personne ne vous le reproche, mais ceci implique un minimum d’humilité : commander n’est pas « manager ». Ce défaut d’humilité est une erreur, Monsieur le Président.

« Les engagements que je prends devant nos concitoyens et devant les armées, je sais les tenir… »
Nous ne demandons qu’à le croire, mais pour l’instant vous ne les tenez pas, et nos ennemis eux, ne vont pas attendre une année supplémentaire pour frapper les nôtres. Quant à l’argument consistant à dire au pays que la coupe budgétaire annoncée n’aura aucune incidence sur la vie de nos soldats, il est fallacieux et vous le savez. Il a été utilisé par vos prédécesseurs depuis des décennies et il est la cause des nombreux retards, diminutions, voire annulation de programmes, responsables du délabrement actuel de nos matériels ; situation que nos hommes vivent durement au quotidien, en conditions de guerre. En réalité vous mettez nos armées dans une situation encore plus tendue, vous le savez et vous manipulez la vérité. Cette manipulation est une faute Monsieur le Président.

« Je n’ai, à cet égard, besoin de nulle pression et de nul commentaire »
Considéreriez-vous donc comme une « pression » ou un « commentaire » le compte-rendu que le Chef d’état-major a présenté en toute vérité et loyauté à la commission parlementaire ? Le CEMA ne doit-il adresser à la représentation nationale que des propos bien lissés et bien formatés en lieu et place de la réalité ? Quel caporalisme, quel manque de considération pour lui comme pour elle ! Quel mépris vis-à-vis des problèmes réels auxquels nos armées ont à faire face ! Ce mépris est une faute Monsieur le Président.

« J’aime le sens du devoir, j’aime le sens de la réserve… »
Précisément votre devoir était de faire preuve de réserve vis-à-vis de votre grand subordonné ; les termes vifs qu’il a utilisés ne vous étaient pas destinés, vous le saviez. Rien ne vous obligeait à rendre publique une fuite de confidentialité et à l’exploiter en violente diatribe à son égard. Où est la réserve quand quelques jours plus tard, comme si cela ne suffisait pas, vous déclarez dans la presse que « L’intérêt des armées doit primer sur les intérêts industriels », laissant ainsi entendre que le souci du CEMA concernant l’obsolescence des matériels lui seraient « susurrés » par le lobby militaro-industriel ? C’est bas, ce n’est pas digne, Monsieur le Président. Où est la réserve quand, dans le même journal, vous ajoutez en parlant du général De Villiers qu’il a toute votre confiance, « mais à condition de savoir quelle est la chaîne hiérarchique et comment elle fonctionne, dans la république comme dans l’armée » ? Où est la réserve dans de tels propos adressés à un homme qui sert les Armes de la France depuis quarante ans, quand vous ne les découvrez que depuis deux mois ?

En conclusion, vous aurez compris, Monsieur le Président, que vos paroles publiques visant le Général De Villiers n’ont pas seulement atteint ce grand serviteur de la France et de nos armées mais aussi un grand nombre de militaires qui, comme nous, se sentent humiliés. La blessure est profonde. C’est pourquoi, loin des innombrables commentaires politiques, techniques ou simplement polémiques, nous pensons qu’il est de notre devoir de vous parler avec le cœur. Vous aviez bien commencé avec les symboles, et nous avons cru en votre parole ; mais aujourd’hui elle s’est transformée en mots inutilement destructeurs et vos récentes déclarations d’amour à Istres ne sont encore perçues que comme des mots, pour ne pas dire comme de la communication.

Alors, Monsieur le Président, réservez et retenez votre parole pour qu’elle redevienne La parole, la parole donnée, la parole qu’on tient : celle en laquelle nous pourrons croire à nouveau. Laissez les symboles et les discours et passez aux actes concrets pour vos militaires. Vous êtes leur chef constitutionnel, soyez-le dans leur vie réelle, écoutez-les, respectez-les.

Général de brigade aérienne (2S) Diamantidis

Ont également signé cette lettre :
Général de division aérienne (2S) Tsédri
Général de division aérienne (2S) Champagne
Général de brigade Gendarmerie (2S) De Cet
Général de brigade Terre (2S) Reydellet
Colonel Terre (ER) Wood
Colonel Terre (ER) Lerolle
Colonel Terre (ER) Noirot
Colonel Terre (ER) Aubignat
Colonel Air (ER) Piettre
Colonel Air (ER) Populaire
Médecin en chef (H) Reynaud
Lieutenant-Colonel Air (ER) Delalande
Chef de bataillon Terre (ER) Gouwy
Capitaine Terre (ER) Diamantidis


Arrêtons la gabegie et l’aveuglement ! (1ère partie)



Arrêtons d’appliquer les recettes de l’UE à l’Allemande qui nous conduisent sur le chemin de la Grèce, du Portugal, de l’Espagne et de l’Italie. La politique d’austérité, appliquée dans ces pays pour soi-disant réduire le chômage, la pauvreté et augmenter le niveau de vie dans ces pays, montre qu’elle aboutit aux résultats inverses. La Grèce est sous tutelle en proie aux prédateurs qui la dépouillent de son patrimoine, asservissent son peuple avec une dette incompressible, et, avec un taux d’emprunt à 5,46% sur 10 ans, la guident vers le chômage et la pauvreté avec la perspective du suicide ou de l’immigration.

Si le Portugal reçoit les louanges de Bruxelles pour le redressement de son économie avec une perspective de croissance de 1,8% en 2017, son déficit ramené à 2,1% du PIB en 2016 et un taux de chômage en baisse de 1,4%, ce n’est nullement le cas du niveau de vie et de la pauvreté. La politique d’austérité a conduit à baisser les investissements publics de 30%, ce qui handicape l’avenir et déprécie le patrimoine. Il faut de plus tenir compte des aides de 3,9 milliards aux banques non comptées dans le déficit, de la baisse de 30% des investissements publics et de la baisse de la consommation intérieure. L’origine du dynamisme tient au tourisme et à l’attraction du Portugal pour l’investissement immobilier par les étrangers avec les facilités fiscales. La dette de 130,4% en 2016 vient rappeler que le Portugal est toujours en situation de risque avec des emprunts à 2,82% sur 10 ans quand le Royaume-Uni emprunte à 1,30%, la France à 0,75%, l’Allemagne à 0,49%.

La situation de l’Espagne n’est pas brillante non plus avec 99,4% de dette/PIB et surtout un déficit de 4,5%/PIB en 2016. C’est un peu moins bien que la France avec 96% de dette/PIB et 3,4% de déficit, mais nous ne sommes pas loin malgré le taux d’emprunt espagnol supérieur à 1,45% sur 10 ans. D’ailleurs l’Espagne et la France sont les deux seuls pays de la zone euro qui ne respectent pas les 3%/PIB pour le déficit public. Mais l’Espagne a un chômage deux fois supérieur à la France avec 19,6% au lieu de 10,1%. La France et l’Espagne ont un chômage qui dépasse les moyennes de l’UE (8,5%) et de la zone euro (10,0%). Ceci est encore plus vrai pour le chômage chez les jeunes 15-24 ans. Pour l’Espagne c’est 38,6%, pour la France 21,6% en mai 2017 au lieu de 16,8% pour l’UE et 18,9% pour la zone euro. 

Le pays qui décroche le plus après la Grèce est sans doute l’Italie. Avec 37% de chômage chez les jeunes, l’Italie dépasse largement le Portugal qui est à 24,6% en mai 2017. C’est aussi vrai pour le chômage global avec 11,7% pour 11,2% au Portugal pour 2016. Il faut noter que de 2012 à 2016, le Portugal et l’Espagne ont augmenté respectivement de 2% et 1% leur PIB/habitant, la France l’a diminué de 2% et l’Italie de 6%. En 2016 le taux de croissance de l’UE était de 1,9% et de 1,8% pour la zone euro. Si l’Espagne affiche la plus forte croissance de l’UE derrière l’Irlande et Malte avec 3,2%, le Portugal (1,4%), la France (1,2%) et l’Italie (0,9%) sont donc nettement en-dessous des moyennes européennes. Il faut noter que la Grèce avec 0% de croissance ne tire pas bénéfice du plan d’austérité imposé. Mais à 132,6% la dette publique de l’Italie dépasse celle du Portugal à 130,3%. L’Italie est en très mauvaise posture même si son déficit public est de 2,4%/PIB.

Il faut arrêter de voir la France comme le nouveau phare de l’Espace Économique Européen, les pays du sud de l’UE, dont la France fait partie, sont en grande difficulté et la politique d’austérité qui s’abat sur eux les tire par vers le bas en ce qui concerne ce qui intéresse leurs peuples à savoir le PIB/habitant et le chômage. La Grèce est en perdition avec un niveau de vie en décroissance constante depuis 2013, un PIB/habitant inférieur de 36% par rapport à la France et de 33% par rapport à l’UE, un chômage croissant, et un déficit qui se résorbe par une perte de son patrimoine. Le Portugal ne tire son épingle du jeu qu’en compromettant son avenir par une coupe drastique des investissements publics, et un apport de constructions immobilières achetées par des étrangers attirés par les avantages fiscaux. Son peuple souffre toujours avec un PIB/habitant inférieur de 27% inférieur à la France et de 23% par rapport à l’UE. L’Espagne, malgré une reprise récente, traîne toujours un chômage inquiétant et son déficit public a été le plus important de l’UE par rapport à son PIB. Il continue à aggraver sa dette qui atteint les 100% du PIB. 

Le pays le plus malade après la Grèce est l’Italie où le PIB/habitant, inférieur de 9% par rapport à la France, se dégrade rapidement et où le chômage endémique est supérieur à celui de la France et de l’UE. Le peuple italien se paupérise et s’enfonce dans la dette qui atteint 132,6% même si le déficit est jugulé à 2,4%/PIB. De plus les principales banques italiennes sont en mauvaise posture et l’Etat est obligé de les recapitaliser, ce qui va augmenter sa dette réelle même si Bruxelles consent à ne pas les prendre en compte dans les chiffres officiels publiés. Il monte un sentiment d’opposition à l’euro et même à l’UE qui est déjà beaucoup plus fort qu’en France. Les italiens constatent que les mesures d’austérité les atteignent sur les prestations sociales et les retraites. La pression migratoire pousse les italiens à demander la solidarité de l’UE qui se fait visiblement tirer l’oreille. Cela pousse l’État italien à menacer de donner des visas aux immigrés pour qu’ils se répandent sur toute l’UE.

Les chiffres sont sans appel, la zone euro ne protège pas les pays qui en font partie, et les pays du sud payent pour ceux du nord et de l’est, en particulier l’Allemagne qui affiche un solde du commerce extérieur tellement excédentaire qu’il devient la cible des autres pays en particulier des pays du sud. Leur compétitivité n’est en effet acquise que par une baisse du coût du travail puisque la dévaluation ne leur est pas permise. L’Italie, la troisième économie de l’UE, s’enfonce et la France commence à suivre la pente descendante. Mis à part le PIB/habitant la France produit des chiffres de chômage, de croissance, de dette et de déficit publics, qui sont tous plus mauvais que les moyennes européennes. Or, si notre PIB/habitant est un acquis antérieur, il s’est dégradé de 2% durant les quatre dernières années. Même si la masse d’argent de l’épargne des particuliers et des entreprises garantit que la France reste solvable en cas de remboursement de la dette de 2147Mds en 2016, ce pays met en œuvre une politique d’austérité qui ne profitera pas à son peuple mais aux multinationales et aux grandes fortunes. Mais cette politique d’austérité qui n’hésite plus à se servir de la vente de notre patrimoine peut la conduire vers le scénario à la grecque. 

Il serait temps que le pays ouvre les yeux et bloque un processus mortifère qui est imposé par l’UE dans les Grandes Orientations de la Politique Economiques, reçues en mai par le gouvernement, précisant les actions à mettre en œuvre pour 2017 et 2018. La loi travail, considérée comme inachevée, en fait partie. Macron a été poussé vers le pouvoir pour finir le… travail. Mais Édouard Philippe annonce qu’il faut donner des avantages (fiscaux) qu’il faut donner aux riches pour qu’ils restent et viennent investir en France, Bruno Lemaire a dans ses cartons la vente de la Française des jeux. Cette entreprise n’est pas stratégique mais fournit plus de 3 milliards au budget à partir des taxes et des rémunérations des actions. C’est se priver d’une recette future pour un bénéfice immédiat. Le pauvre met ses bijoux chez ma Tante… pour nationaliser STX en faillite ?

A cette orientation politique de l’austérité, de l’aide principalement aux grandes entreprises et aux riches pour des raisons dites économiques, de la restriction du droit du travail, de l’utilisation de l’argent des retraités, de l’uberisation de la société, de la diminution des prestations sociales, du blocage des salaires et des retraites, etc., il faut ajouter une gabegie de pays riche dont nous allons parler dans le prochain article.

La France est en faillite, disait Fillon en 2012. 

Depuis c’est nos gouvernants qui ont failli.

La France s’est étroitement acoquinée 

A l’UE allemande et l’OTAN des USA,

Et, bien ligotée, court aveuglement 

Vers un scénario à la grecque !
 
Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon