vendredi 23 décembre 2016

La France dans le grand enjeu mondial à venir (4ème partie)

La première tâche régalienne de l’État est d’assurer la sécurité et celle-ci commence hors de nos frontières lorsque la menace est dirigée vers son peuple. La lutte contre les envahisseurs débute ou finit hors de nos frontières. De plus nous avons un grand domaine maritime et terrestre hors de la Métropole. La défense de notre pays, contre l’URSS principalement, a fait naître la stratégie de la dissuasion nucléaire. La France s’est dotée d’une force nucléaire parfaitement indépendante à la barbe des États-Unis, contrairement au Royaume-Uni. Notre inclusion dans l’OTAN remet notre indépendance militaire en question même sur nos armes nucléaires terrestres, maritimes et aériennes sont de fabrication française. La fin de l’URSS a poussé les gouvernements à baisser la garde de la dissuasion. Mais dans le contexte actuel, la menace nucléaire reprend de l’actualité avec des armes de ce type posées par les américains dans des pays européens qui ne devaient pas en avoir comme l’Italie et l’Allemagne. Seuls cinq pays y sont normalement autorisés : États-Unis, Russie, Chine, Royaume-Uni, et France sur l’insistance de De Gaulle. La possession de celles-ci par le Pakistan et Israël, n’a posé aucun problème aux occidentaux. Par contre la Corée du Nord est au banc des accusés ainsi que l’Iran. Le deux poids deux mesures est jaugé par les USA… on suit. 

Les accords de limitation d’armes nucléaires conclus entre USA et URSS ne sont plus respectés par les USA et Poutine vient de demander à son pays d’augmenter sa puissance nucléaire. Notre indépendance nucléaire a été rompue par la fermeture de l’usine militaire d’enrichissement de l’uranium. Nous devons faire à présent avec nos stocks et nous en consommons pour la propulsion nucléaire de nos sous-marins. Tôt ou tard nous serons dépendants de cette fourniture de base auprès des USA ou de la Russie… à moins que nous relancions une usine militaire de centrifugation destinée au combustible nucléaire nécessaire aux armes et à la propulsion sous-marine. La sortie de l’UE et de l’OTAN ne peut assurer notre indépendance si notre défense ne l’est pas. 

Il s’agit d’un point fondamental que les gouvernements ont occulté depuis 1998 en se réfugiant dans l’UE, puissance non militaire dans ses principes fondateurs et supposée bénéficier globalement de la protection de l’OTAN. L’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche et son désengagement financier partiel dans l’OTAN remet en cause notre stratégie militaire puisque de plus nous sommes entrés dans cette organisation. La portée des missiles nucléaires est en constante progression, ainsi que la miniaturisation des armes. Nous ne sommes plus à l’abri d’une frappe nucléaire venant de n’importe où dans le monde. Même si nous n’abandonnons pas l’idée de la dissuasion, la modernisation et l’indépendance de nos armes nucléaires doit être impérativement prise en compte. 

Comme l’a exprimé le Chef d’État-major des armées, nous commençons à remplir nos missions en guenilles. Même les forces spéciales doivent être équipées par des bricolages avec des matériels mis hors d’usage. Les moyens humains ne peuvent avoir une efficacité que si l’équipement suit. Ce n’est plus le cas et on vient d’entendre un premier cri d’alarme de la part du responsable en chef. Il est temps de cesser les engagements à l’étranger contre un ennemi que nous avons aidé à naître, en Afghanistan, en Libye, en Syrie et dont nous avons exacerbé la haine dans une guerre fratricide de religion qui ne nous concernait pas au départ. La sécurité des français demande que nous cessions de combattre un État syrien dont la démocratie va finir par valoir la nôtre qui sombre dans la restriction des libertés.

Un grand programme de remise à neuf de nos armées est nécessaire, comme l’a fait la Russie pour une armée obsolète dont on voit aujourd’hui l’efficacité. La guerre ne se gagne pas qu’avec des Rafale. La logistique a fait perdre Napoléon dans les plaines russes. Or la nôtre est en piteux état et ne permet pas de réaliser seule la projection de nos forces sur des terrains extérieurs éloignés. « Si tu veux la paix, prépare la guerre », cet adage romain reste ô combien d’actualité aujourd’hui. Les économies faites par la suppression du service militaire n’ont pas été intégralement reversées à la modernisation de nos armées et la France devient vulnérable sans assistance. Un renforcement du budget militaire est indispensable et rapidement dans le prochain quinquennat sinon nous serons prêts, comme en 1939, pour la guerre d’avant. Le chiffre de 3% avancé par le FN est certainement nécessaire si l’on veut faire mieux que replâtrer nos forces nucléaires et conventionnelles. Mais le passage de 39 à 46 milliards, soit 2% pour le budget de la défense n’éponge que 7 des 9 milliards que nous récupèrerons par notre sortie de l’UE. Le premier budget de l’État resterait de loin l’enseignement scolaire et le remboursement des intérêts de la dette publique est aussi de plus de 45 milliards. 

La menace terroriste sur notre territoire n’est pas déjouée par la présence des forces de police comme on le voit dans tous les attentats qui ne demandent souvent que des moyens basiques pour tuer et des opérations dont le montage est assez simple. Notre véritable force défensive réside dans les services secrets de renseignements dont les connexions dépassent largement le territoire. Nous déployons une énergie considérable pour trouver les auteurs des attentats mais jamais les vrais commanditaires. Les services de renseignements sont adaptés à une situation de guerre. Ils ne s’embarrassent pas des lois pour agir à travers toutes les époques de notre histoire. Les restrictions de liberté, qui naissent sans arrêt sous prétexte d’un état d’urgence qui devient petit à petit un état permanent, n’ont qu’une efficacité limitée mais portent gravement atteinte à la démocratie. Elles donnent au pouvoir des droits exorbitants sur ses concitoyens.

Le mélange entre le multiculturalisme, la France pays d’accueil, la dichotomie illusoire entre l’Islam modéré et l’Islam terroriste, créent une confusion et une dispersion des actions. On voit en Syrie combien la distinction entre les « Islam » est complexe, et le passage de l’un à l’autre se fait de plus en plus du modéré vers le djihadiste. L’inaction voulue des pays du Golfe pour participer aux actions humanitaires ou d’accueil, le silence des musulmans de France sur la condamnation des actions abominables commises au nom de leur religion, sont révélatrices de la différence de civilisation. Répéter « pas d’amalgame » ne fait avancer que les mosquées, pas la paix dans notre pays. Ce n’est pas du racisme mais un constat de réalité de dire que c’est cette religion qui nous crée des problèmes de sécurité de plus en plus nombreux et que c’est à elle d’être en première ligne pour faire cesser ces actes de délinquance et d’agression, ces massacres et ces attentats. De Riyad et Doha jusqu’à Paris, on ne voit aucune mobilisation dans ce sens, bien au contraire. Et nous on n’ose rien dire de peur de les froisser et puis nous avons fait de même en laissant massacrer les chrétiens d’Orient. Notre intervention aurait eu une autre allure si cela en avait été le motif, plutôt que le slogan « Bachar mort ou vif » qui a sous-tendu celle-ci… et porté Fabius à la COP21 puis à la tête du Conseil Constitutionnel. 

Une Armée rénovée et musclée devient un impératif.

Notre pays ne peut être le gendarme du monde 

Et se perd dans des guerres haineuses inutiles.

Un recentrage sur ses besoins de sécurité 

Demande une remise à plat politique

De notre conception de la Défense 

Intérieure et extérieure. 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon