jeudi 1 décembre 2016

Politique étrangère française : un désastre !


Les forces de la coalition n’ont pas encore vraiment pénétré dans Mossoul que les morts de civils commencent et que le manque d’électricité induit une situation catastrophique dans la ville irakienne. Pour détourner l’attention sur Mossoul, où de toutes évidence la ville ne tombera pas sans une opération du type de celle engagée à Alep, la France demande une réunion du Conseil de Sécurité en urgence pour arrêter les massacres à Alep. Il est vrai que seul moyen d’être entendu pour la France, c’est le Conseil de Sécurité dont nous sommes un membre permanent. La ficelle est tellement grosse et susurrée par les américains que nous nous avilissons et nous nous ridiculisons une fois de plus. John Kerry fait le siège de Poutine, alors que les forces rebelles sont désormais encerclées dans le sud-est de la ville, pour obtenir une sortie honorable et sans doute récupérer des forces militaires occidentales engagées dans le double jeu occidental avec ce qui reste de l’armée syrienne libre. 

La France est désormais le fantassin des États-Unis et envoyée plus démêler les situations préoccupantes comme celle d’Alep où la reddition ou la destruction des rebelles n’est plus qu’une question de jours. Elle reste sur le schéma de la destitution ou la mort de Bachar el-Assad. La lutte contre l’EI n’est pas l’objet des premières préoccupations stratégiques puisqu’il combat le président syrien. L’ennemi c’est la Russie et Bachar el-Assad y est associé. Mais à part de servir d’épouvantail pour le compte des USA, nous avons perdu toute crédibilité dans le Moyen-Orient. La France est devenue un instrument de guerre, et non de paix. Elle a perdu son aura de pays médiateur et elle a oublié que nous avons créé la Syrie avec les Britanniques et que ce pays a été sous notre protectorat. La France y était respectée avant cette désastreuse politique interventionniste. 

Nous nous sommes couverts de ridicule en affirmant que l’armée syrienne utilisait des armes chimiques alors que Poutine avait activement participé à leur élimination dans les arsenaux syriens. Les russes sont en train de monter un dossier de preuves accusant les forces rebelles à partir des relevés sur le terrain qui va encore nous confondre. Nous continuons à avoir les meilleures relations avec le Qatar et l’Arabie Saoudite qui laissent partir des fonds privés vers l’EI et Al-Qaïda. Nous entretenons donc ouvertement cette guerre fratricide religieuse pour des intérêts de ressources pétrolières et pour la volonté d’expansion d’Israël. Entre Israël, les pays du golfe, la Turquie et les Kurdes, le dépeçage de l’ensemble Irak-Syrie est l’objectif final. Chacun y trouverait son compte. Il n’y a qu’un seul obstacle l’axe Russie-Syrie-Iran.
 
Mais nous ne cessons de porter nos armées un peu partout dans le monde, et nous serons bientôt plus détestés que les États-Unis. Pour faire face à la menace russe, la France envoie sous l’égide de l’OTAN, des troupes, des chars et des véhicules de combat en Estonie. La France doit envoyer cinq chars Leclerc, 12 véhicules de combat d’infanterie et 300 soldats en Estonie l’année prochaine. L’unité blindée française doit servir à Tapa sous le commandement du bataillon britannique de l’OTAN. Le déploiement a été confirmé par le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, à son homologue estonien, Hannes Hanso, lors d’une réunion du forum de sécurité à Halifax, au Canada. Les américains sont de plus en plus présents dans les Pays Baltes, alors nous aussi. Tout ça pour récupérer un marché ? Les deux ministres ont signé un accord bilatéral de cyber coopération en mai 2016. La France se vend désormais et pratique le troc à grande échelle. Notre Ministre de la Défense devient un marchand de tapis. 

Nous sommes dans une vassalisation sans but à part celle d’exister encore un peu sur la scène internationale. Nous servons l’OTAN devenue le cheval de Troie de Washington. Ce dernier a toujours considéré l’URSS comme une menace pour la sécurité des Etats-Unis. Un accord a été trouvé après la chute du mur de Berlin, accord par lequel l’URSS perdait son emprise sur l’Europe de l’Est avec un compensation une interdiction de ramener ces pays dans le giron occidental. Cet accord s’est vite révélé comme un marché de dupes du côté russe. L’UE n’a cessé, sous la pression américaine, de faire venir en son sein, progressivement et en douceur, tous les pays qui étaient sous l’influence soviétique économique et militaire. La phase économique étant arrivée presqu’à son terme, sauf la Moldavie et la Géorgie, la phase militaire de l’OTAN se déroule sous nos yeux. Sa présence dans les Pays Baltes, en Pologne et en Roumanie entre autres en est la preuve.

Les occidentaux n’ont pas honte de stigmatiser la Russie pour l’annexion, après référendum, de la Crimée, le berceau historique de la Russie. La France a choisi le camp de l’atlantisme et celui de la vassalisation économique et militaire. Elle perd son leadership en Europe au profit de l’Allemagne, pays dont Obama veut faire le chef de file. La dispersion de nos forces sous toutes les latitudes, sans qu’une politique étrangère claire et indépendante soit énoncée, nous condamne aux rôles inférieurs de faire-valoir pour deux puissances, les États-Unis et l’Allemagne. Nous participons ainsi à des déploiements de forces militaires au plus près des frontières russes. Mais nous approuvons l'OTAN d'accuser la Russie de «posture militaire agressive» après l'installation de systèmes de défense supplémentaires dans la région de Kaliningrad, enclave russe entre la Pologne et la Lituanie. D’organisation de défense, l’OTAN est devenue et se donne une autre mission de conquête et d’intervention dans les pays de son choix avec ou sans un mandat clair de l’ONU. 

L’Europe est devenu un glacis confortable où la puissance américaine peut s’installer librement avec des bases militaires dans des pays de plus en plus nombreux. L’Allemagne en est le pivot avec la plus importante base de l’OTAN, autant dire américaine. Mais l’Italie, l’Espagne, la Pologne font partie des grands pays d’accueil, sans parler du Royaume-Uni et de l’Irlande. Les faucons américains du complexe militaro-industriel et banquier ne cessent de chercher des raisons de conflit pour passer de la guerre froide à la guerre chaude. Les sanctions en font partie et, pour faire chorus, nous nous sommes ridiculisés en n’honorant pas notre contrat pour les Mistral. Le résultat est finalement sans effet sur l’ours russe mais détruit la filière porcine en France.

Mais on ne joue pas avec le feu sans risquer l’incendie et nous sommes les pompiers pyromanes. La Russie ne peut rester les bras croisés devant cette accumulation de forces à sa frontière. Lancés le 20 novembre, les exercices Iron Sword de l'OTAN se poursuivent en Lituanie. L'édition 2016 des entraînements annuels de l'alliance dans les pays baltes concerne un nombre record de soldats s’entraînant près des frontières russes. 4 000 soldats de l'OTAN participent à des exercices militaires d'une ampleur inégalée. Où est la voix de la France quand le pire peut arriver ? 

De nombreux français ont pensé que le pire était l’élection de Donald Trump. Non c’est peut-être grâce à lui que nous entrerons dans une phase de relations normales entre deux puissances nucléaires qui pèsent fortement sur la paix du monde. Espérons que les magouilles de recomptage des voix des élections américaines n’aboutissent pas à une nouvelle élection repoussée dans le temps nécessaire à essayer de déboulonner, par la pression médiatique, les affaires vraies ou fausses et les rumeurs, celui qui s’oppose au Nouvel Ordre Mondial pour lequel la guerre n’est qu’un instrument vers leurs objectifs. 

La France a l’histoire, la possession des mers, la langue 

Qui en ont fait un grand pays de l’histoire mondiale.

En deux quinquennats elle a tout gâché bêtement, 

Son indépendance et sa politique d’équilibre

Qui en avaient fait son rayonnement ! 

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon