mardi 6 décembre 2016

Angela Merkel, fossoyeuse de l’UE ?



Au moment où Bernard Cazeneuve va prendre le poste de Premier Ministre, ce qui veut bien dire que la menace terroriste n’est pas si prégnante que l’on ne cesse de nous le dire, nous entrons dans une période de retrait de la France du scénario mondial. Obama est déjà quasiment paralysé, et réduit à attendre le recomptage des voix dont Hillary Clinton espère qu’il ne sera pas fini pour le 19 décembre date de validation de la Présidence de son adversaire. Pas très beau tout cela. Nous avons donc pour la première fois dans l’histoire de la Vème République un Président qui renonce à se représenter sans raison de santé mais poussé par son entourage le plus proche familial et politique devant le désamour du peuple français. Valls sort de la dépouille de son Président encore couvert du sang de son mentor et se fend d’un discours fleuve de banalités. La longue litanie sur ses capacités d’exercer la fonction, celle d’être le diviseur le plus capable de rassembler, et celle de porter le mieux la gauche au second tour face à la Droite et à l’épouvantail de l’Extrême-Droite, est vide de tout contenu d’un semblant de renouveau dans la politique du clan du Système. Il n’est qu’un illusionniste de plus de ce clan rattaché aux banquiers par Bruxelles et la BCE interposés en économie et à l’OTAN pour la politique extérieure et la Défense (ou plutôt à l’Attaque de l’ennemi russe désigné).

Mais ce retrait de Hollande, n’a rien de courageux, car le courage aurait été de démissionner quand on ne représente plus qu’entre 7 et 9% des français. Il a fait encore plus de mal à la France que son prédécesseur à qui une partie droitière du corps électoral a de nouveau montré la porte de sortie. Valls a loué son homologue Mateo Renzi et la comparaison le flattait. Le jeune bel italien passe à la trappe pour son référendum qui devait lui donner les coudées franches pour continuer la politique d’austérité bruxelloise. Patatras, après un coup de massue électorale, Mateo Renzi démissionne. L’Italie rentre dans une période d’instabilité avec une croissance faible, une dette publique de 136%, un chômage à 11,6% et un cartel de banques aux abois. Mais en Espagne Mariano Rajoy n’est pas en capacité de prendre des décisions importantes et le chômage reste l’un des plus élevé de l’UE à 19,3%. Ses jours sont comptés. Le Portugal travaille beaucoup mais produit peu de richesses et le peuple s’appauvrit. La situation devient de plus en plus préoccupante en Grèce où des manifestations se succèdent avec des exactions contre l’ambassade de France, plus encore sur celle d’Allemagne, et même lors de la visite d’adieu du Président Obama. 

Si l’on ajoute à cela le plongeon de la Pologne dans un nationalisme religieux et la sortie de l’UE par les britanniques assortie du départ de Cameron, Angela Merkel voit disparaître un à un ses principaux partenaires. Elle n’y est d’ailleurs pas étrangère en tenant ferme sa politique d’austérité quasiment imposée aux autres pays, en particulier ceux du Club Med, et en continuant à engranger des centaines de milliards d’excédent du commerce extérieur sur le dos des mêmes. Il est raisonnablement probable qu’elle soit réélue au poste de chancelière au jour d’aujourd’hui. Pourtant sa politique migratoire peut  s’avérer rapidement catastrophique en soulevant le peuple allemand en particulier à l’est et en Bavière. La progression plus rapide de l’islamisme peut s’avérer plus destructrice que le grand nombre de migrants. Elle commence à fermer les portes et à songer à des renvois massifs des refusés à l’asile politique.

Mais l’UE est ébranlée et ce n’est pas le demi-échec du candidat de droite autrichien qui va changer les choses. La montée du désir de souveraineté des peuples et de la nécessité d’un certain protectionnisme ne cesse de croître un peu partout et particulièrement en Italie. Le Brexit a montré que la sortie de l’UE était juridiquement possible et que les peuples peuvent en décider à condition qu’on leur donne la parole. Le tsunami migratoire a montré que les frontières de l’UE étaient une passoire et qu’il n’y avait aucune volonté réelle de celle-ci de les fermer. Le retour, vers une politique orientée vers le pays lui-même avant tout partage avec les autres, est également dans le droit fil du programme de campagne de Donald Trump. Il s’agit plus que d’un coup de pouce à une politique plus protectionniste. Quand il s’agit des États-Unis, c’est un renversement politique aux énormes conséquences géostratégiques. 

Mais l’Establishment veille et l’Europe reste une chasse gardée où le complexe bancaire et militaro-industriel sévit en toute liberté. La technocratie bruxelloise prend néanmoins peur et se dévoile. Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, déplore le «manque d’amour» des Européens pour l’UE… et demande l’arrêt des référendums. Selon lui, les Etats ne devraient pas consulter leurs peuples sur la question de l’UE, car il craignait le résultat de la consultation autrichienne. Ces déclarations montrent le vrai visage anti-démocratique de l’UE. Elles expliquent pourquoi il n’y a plus de référendum en France et ce n’est pas le référendum britannique qui va faire changer d’avis l’UE, bien au contraire. Mais une autre prise de position éclaire la collusion entre Bruxelles et le milieu bancaire. Le président de Goldman Sachs annonce qu’il faudra annuler le Brexit d’une manière ou d’une autre ! Sidérant non ? Sauf pour ceux qui savent que le Nouvel Ordre Mondial se construit dans l’esprit des banquiers.

Angela Merkel, la Prussienne, est allée à Ankara ouvrir à prix d’or les portes de l’immigration de peuplement sous couvert d’une démographie en berne en Allemagne. Cette démographie n’est d’ailleurs que le résultat de la stigmatisation des femmes quittant trop longtemps le travail pour cause de maternité et des difficultés de gardiennage des enfants en bas-âge, soit en résumé aucune politique familiale incitant à faire des enfants. Mme Merkel fait porter à toute l’UE, les erreurs d’une politique allemande. Mais elle se fait aussi le suppôt de la stratégie américaine de la submersion déstabilisatrice de l’UE. Le calcul d’un affaiblissement économique et identitaire des nations en pensant que l’Allemagne pourra ainsi réaliser son rêve pangermanique n’y est pas étranger. La Grèce, sous la botte allemande, en sait déjà quelque chose.

Mme Angela Merkel mène clairement une politique pangermanique 

Qui s’appuie sur la géostratégie du Nouvel Ordre Mondial.

Elle est une fossoyeuse d’une Europe des nations 

Aux côtés d’un fort complexe militaro-industriel

Et des banquiers de Wall Street et de la City.

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon