samedi 10 décembre 2016

Le grand mensonge d’Alep !



« Nous sommes en guerre » a déclaré le couple à la tête de la République. On peut en déduire que l’information est donc celle du temps de guerre, c’est-à-dire manipulée. Elle l’est effectivement et les informations sur Alep en sont un exemple particulièrement édifiant. Malheureusement si elle était manipulée par les allemands pendant la seconde guerre mondiale, elle n’a pas cessé de l’être depuis mais en particulier depuis deux quinquennats. Sans doute parce que nous avons suivi les USA dans ces guerres de possession des pays rebelles, riches en ressources pétrolières, gazières et minières ou proches de la Russie.

Nous avons mis en place un régime en Ukraine avec un nouveau corrompu à la botte de l’alliance UE-USA pour permettre aux américains de prendre le contrôle financier de ce pays et d’y implanter les « conseillers » et les armes nécessaires à la réduction des républiques du Donbass et de Lougansk et à la menace sur la Russie. Porochenko ne respecte plus la trêve depuis des mois et pilonne ces républiques qui restent sur la défensive sans trop chercher à envenimer le conflit en faisant le gros dos. Cette situation n’émeut nullement nos gouvernants et nos médias aux ordres. Ces civils-là ne comptent pas même s’ils sont des milliers morts ou blessés. 

Nous avons repoussé les djihadistes au Mali sans vraiment combattre, mis en place là aussi un Président à notre convenance. Nous contrôlons ainsi le pays et nos soldats veillent à tout manquement à la ligne tracée. Le conflit de fond qui oppose les Touaregs au gouvernement central n’est en rien résolu, et les djihadistes font toujours pesé leur menace. Ceci nous permet de pousser notre troupe plus au nord pour gêner la mouvance djihadiste et pour protéger la frontière du Niger où nous avons une importante mine d’uranium. L’Algérie va devenir un enjeu géostratégique à la mort de Bouteflika, ou même avant, et nous serons ainsi au plus près… en tant que force de l’OTAN.

La guerre en Libye a permis de récupérer les richesses pétrolières, au risque d’éparpiller les armements d’un des pays d’Afrique le mieux équipé. Le chaos qui y règne laisse un pays sous surveillance américaine et française. Leurs troupes y sont et sont passées de la présence officieuse à l’aveu officiel. La Tunisie sombre aussi de nouveau dans la prise en main du radicalisme de l’Islam et l’autorité de son gouvernement s’affaiblit de jour en jour. Des forces armées grossissent à la frontière algéro-tunisienne et Israël aide le Maroc à sécuriser sa frontière avec l’Algérie. Tout ceci se fait avec le regard complaisant d’une stratégie de l’alliance atlantique qui se prépare à une nouvelle guerre avec un pays rebelle et riche en pétrole qui tourne ses regards vers la Russie. On parle peu de ce qui se passe au Maghreb mais on y agit beaucoup. On sait pourtant que le passage des djihadistes du conflit Syrie-Irak vers la Libye est en cours au fur et à mesure du recul en Irak sous la pression du gouvernement chiite irakien et des armées russes et syriennes loyales envers Bachar al-Assad. On combat mollement l’EI, on crie très fort les victoires sur le terrain en Irak. Les villages pris autour de Mossoul permettent de dire à Hollande qu’il est l’un des grands acteurs de la victoire sur l’EI. On est plus discret sur les difficultés pour prendre Mossoul, ce qui ne se fera pas sans de nombreuses victimes et de longs mois ou un marché de plus avec l’EI. 

Mais la guerre dont on parle dans les médias, c’est celle d’Alep beaucoup plus que de celle de Raqqa que l’on devait faire tomber rapidement. On ne parle pas plus de la guerre près de Damas ou des bombardements aériens d’Israël près du Golan. Non l’information est concentrée sur Alep où le boucher Bachar extermine la population avec la complicité des forces aériennes russes. Evidemment la situation s’est renversée. Une partie d’Alep, plus citadine qu’industrielle, sous contrôle des forces syriennes gouvernementales, s’était trouvée encerclée et sous les tirs des rebelles. L’alimentation en électricité et l’approvisionnement étaient très problématiques. Des articles ont même un moment parlé d’une victoire totale des rebelles en se réjouissant d’une défaite cuisante pour le régime. On ne parlait pas des victimes civiles très nombreuses, seule la victoire comptait sur Bachar al-Assad.

La situation a changé, c’est Alep Est aux mains des rebelles qui est encerclée et assiégée. Branle-bas de combat dans les chancelleries. Bachar utilise des gaz, et fait mourir des centaines de milliers de civils sous les bombes. La Russie est à traduire devant le Conseil de Sécurité pour crime contre l’humanité. On somme la Russie de faire une trêve humanitaire, puis une autre. On ne se préoccupe pas de l’action des rebelles pour empêcher la population de partir et en faire des boucliers humains. Au départ les couloirs humanitaires sont peu fréquentés à cause de la peur qui étreint la population. On fait même viser par des projectiles meurtriers un hôpital russe de fortune pour l’accueil des réfugiés en tuant deux médecins russes. Poutine accuse l’alliance d’avoir donné les coordonnées GPS de l’hôpital. Mais la zone rebelle se réduit comme peau de chagrin et les rebelles ne sont plus les « forces armées libres » mais celles d’Al-Qaïda parmi lesquels il est évident que se trouvent des « conseillers » occidentaux. 

On comprend les efforts désespérés faits par John Kerry pour essayer de sauver notre non-implication dans la bataille d’Alep. Nous mentons effrontément mais les choses tournent en notre défaveur et en notre confusion car les journalistes commencent à arriver à la limite des zones de combat et la vérité qui en sort n’est plus celle du roman d’Alep. Les bombardements par les rebelles avec des gaz sur les civils d’Alep Ouest est évident et la population d’Alep Est fuit désormais en masse parce que les rebelles sont en déconfiture et ne peuvent plus les en empêcher. Les rebelles se rendent par milliers, c’est bientôt la fin. Le reportage de RT France à Alep montre sans ambiguïté la situation réelle. 


Si Mossoul tombait, ce serait une bronca de manifestations de victoire. Pour Alep on essaiera de ne retenir que le carnage du boucher Bachar et des Russes. Il est probable que ces derniers seront les premiers à s’attaquer réellement à Raqqa, le fief de l’EI, et ce sera une nouvelle gifle à l’Alliance des occidentaux. Il nous restera l’OTAN pour envenimer le conflit en Ukraine avec un putsch des néo-nazis qui se profile, pour créer un incident dans les Pays-Baltes à la frontière russe, et pour s’attaquer, sous un faux prétexte, au dernier gouvernement rebelle du Maghreb.

Notre duplicité dans la politique étrangère 

Est telle qu’elle en est même inavouable.

Hollande parade sur notre porte-avions, 

Mais il ignore Bachar et la Russie

Qui aideraient à notre sécurité 

Dont il prétend se préoccuper ! 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon