mercredi 21 décembre 2016

La France dans le grand enjeu mondial à venir (2ème partie)



Pour comprendre ce vers quoi notre pays se dirige il faut regarder ce que seront les grands enjeux mondiaux. Parmi ceux-ci la reconfiguration du monde a fait l’objet de l’article précédent, mais deux autres sujets vont marquer son évolution. Le premier est la révolution du système monétaire et l’effondrement du modèle globaliste qui pousse le monde vers une dette progressant sans cesse et mène le système à sa perte. Le second est la poussée de l’immigration en Europe en particulier en provenance du Moyen-Orient et de l’Afrique avec l’ajout du problème de civilisation à base religieuse. L’un et l’autre ont des liens étroits avec la politique hégémonique américaine où l’on retrouve les accords de Bretton Woods de juillet 1944. Il en est sorti le rôle de pivot du dollar américain et la création d’un fonds de stabilisation construit sur les dépôts des États membres, ainsi que la Banque Mondiale (BM) et le Fond monétaire international (FMI). Il viendra s’y adjoindre l'Organisation mondiale du commerce (OMC) en 1995. Ces accords ont été mis à mal avec la non convertibilité du dollar en or en 1971 décidée par les États-Unis et confirmée internationalement en 1976 par les accords de la Jamaïque déclarant officiellement l'abandon du rôle légal international de l'or. Depuis il n’y a plus de système international organisé. Il est basé sur un panier de monnaies, dites de réserve où le dollar tient encore la première place. L’arrivée de l’euro, puis récemment du renminbi chinois, et le fonctionnement incontrôlable des planches à billet, viennent remettre en question le système monétaire international et ses taux de change flottants.

Les économistes conviennent facilement que le système court à sa perte et que la valeur réelle des monnaies ne cesse de diminuer. Pour un même produit il faut de plus en plus de dollars pour l’acheter. On ne peut se référer à court terme sur le cours de l’or car celui-ci est manipulé en permanence jusqu’à ce que cela devienne impossible, mais cela se voit lorsque l’on regarde sur une longue période de temps. Le 1er janvier 1955 l’once d’or était à 35,03$, il est à 1133,75 le 21 décembre 2017, soit une valeur 32 fois moindre. A la non convertibilité des monnaies en or, voulu par les États-Unis pour disposer des fonds nécessaires à ses guerres, s’ajoute l’arrivée de l’économie mondiale dans une zone de croissance réelle faible. Il y a en fait deux sortes de croissance, la croissance réelle que permettent les avancées scientifiques, technologiques,  l’augmentation de la productivité, la baisse des coûts de transport, etc. et la croissance forcée par l’injection de liquidités par les Banques centrales. Quitte à répéter mes propos dans un article précédent, il est très important d’avoir ce constat en tête. Les États-Unis, le Japon, et la BCE plus récemment, entre autres, créent de l’argent ex-nihilo pour maintenir une croissance censée dynamiser leur économie. Mais la plus grande de ces liquidités créées fait marcher la spéculation dans les Bourses. La croissance est de plus en plus difficile à soutenir et la régulation de la Fed, la Banque Fédérale américaine, se borne à maintenir les Bourses hors l’eau. L’économie réelle est de plus en plus déconnectée de l’économie spéculative qui vit à son propre rythme, celui des marchés boursiers. 

Pourquoi en est-on arrivé là ? Ceci tient au fait que la croissance réelle n’est plus soutenue par une révolution technologique qui bouleverse la nature des besoins, et les types de consommation et de production comme pendant la révolution industrielle et de la machine à vapeur. On créée de nouveaux besoins pour maintenir la croissance mais la valeur ajoutée n’est plus suffisante sur les produits de base. C’est l’incitation permanente de la publicité par les médias à consommer de nouveaux produits, chacun rendant obsolète le précédent. Cette frénésie de l’obsolescence s’entrechoque d’ailleurs avec l’idéologie du développement durable. La création de monnaie pouvant être faite de façon illimitée, comme l’a dit le premier ministre japonais, celle-ci a explosé d’autant plus qu’elle sert relativement peu à la croissance et s’est avérée un moyen commode surtout quand les taux d’emprunt deviennent ridiculement bas. Les gouvernements empruntent à tour de bras, se contentant de payer des intérêts d’emprunt de moins en moins lourds et rejetant sur les générations futures le remboursement du capital emprunté. D’où des politiques de facilité où le déficit public est chronique en France depuis 1974.

Nous sommes donc dans un moment ou un krach, façon 1929 mais en pire, va devoir remettre les pendules à zéro mais laissera beaucoup de morts financières derrière lui. Les banques italiennes, grecques, espagnoles, et même certaines américaines sont en piteux état. Le tissu de relations entre elles et l’ampleur des dégâts, en particulier sur les obligations souveraines pourries, sont tels que les États vont en devenir impuissants. Les citoyens d’Europe et de France n’y échapperont pas. On peut voir monter d’un seul coup une hyperinflation et des taux d’intérêt qui plomberont les budgets des pays très endettés comme nous. Ce peut aussi être une récession générale bloquant tout le système et amenuisant gravement les recettes des États. Bien malin celui qui peut le prévoir avec certitude, mais le système monétaire mondial, les accords de Bretton Woods et la séparation des monnaies avec l’or, sont en train de vivre leurs derniers moments. Dans les deux cas le renflouement passera par la captation des épargnes des administrés et la montée du prix des métaux précieux. Même la globalisation et sa mondialisation est en train d’être contestée par les peuples, la peur commence à s’installer chez les élites car l’argent commence à avoir du mal à couvrir la voix des peuples. Le Brexit, l’élection de Donald Trump, l’invasion de peuplement avec son cortège de problèmes de civilisation vont continuer à faire de 2017 une année charnière de tous les risques. 

Cette dernière menace de l’invasion civilisationnelle n’est pas la moindre. Les Maîtres du Monde ont joué à l’apprenti sorcier en poussant ce flot de migrants vers l’Europe, en fomentant et en aidant la guerre religieuse dans tout le Moyen-Orient. Tout éclate au grand jour avec les deux officiers américain et israélien piégés dans Alep-Est. Pour ceux qui n’écoutent pas seulement France 2, BFM WC et bien d’autres, ceci n’est pas une surprise mais c’est l’image du gamin pris dans le pot de confiture. Les américains et les israéliens sont à Alep, ne seraient-ils pas aussi à Ankara et à Berlin ? La défaite des occidentaux est tellement cuisante qu’ils ne peuvent en rester là et la Russie doit payer d’une façon ou d’une autre. Le règlement politique de la guerre en Syrie doit se négocier en cette fin d’année entre la Russie, la Syrie, l’Iran et la Turquie double face. C’est un autre camouflet qui serait effacé si le torchon brûlait de nouveau entre la Russie et la Turquie.

Le flot de peuplement et le choc de civilisation commencent à faire leur effet en Allemagne dont les portes se sont ouvertes toutes grandes et sans précaution. Le mal est fait et le rétropédalage d’Angela Merkel n’est peut-être même pas sincère. Elle cherche surtout à diluer son trop-plein vers les autres pays dans une UE où l’intérêt des frontières ne cesse de monter. La France fait de même en repoussant vers l’Italie et en poussant vers le Royaume-Uni, bien inspiré de quitter l’UE. Les frontières-passoire de l’UE ne peuvent juguler le flot malgré les force navales d’interposition qui finissent par jouer un double jeu de sauvetage et de destruction. Les migrants vont inexorablement se répandre si les frontières des pays ne se ferment pas et ce n’est pas en un an que l’on rend des frontières hermétiques. La France avec ses côtes et ses montagnes est un des pays européens les mieux placés pour empêcher le flot de se répandre. Il s’agit avant tout d’une volonté politique, le globalisme d’un côté et son indifférenciation d’origine, de religion, de civilisation, voire de sexe, et de l’autre le souverainisme avec la volonté de garder une identité influençable mais structurellement historique, la volonté de maîtriser ses frontières comme des filtres aux échanges de toute nature, de décider de la collecte et de l’utilisation de l’argent de son peuple ainsi que l’utilisation de son Armée. C’est ce que peut faire la France face à ces dangers que nous aborderons dans un dernier article sous ce titre.

Il est illusoire de penser que nos « amis » ne nous veulent que du bien. 

La globalisation n’a pas coupé l’appétit des Maîtres de l’Argent,

Elle n’en est qu’un instrument de leur soif du Monde. 

Entre amis ou ennemis, tous les coups sont permis.

C’est aux peuples d’en décider pour leur bien 

Et non pour celui desautres dans un monde

Qui n’a jamais rien eu de Rousseau… ien !

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon