vendredi 9 décembre 2016

Pollution : visage connu ou masqué ?



Les médias n’ont eu qu’une « Une » depuis quelques jours, la pollution qui touche principalement Paris et Lyon. Quand deux des trois plus grandes cités sont touchées, on n’est pas loin du drame national. Nice qui est aussi une grande cité ne semble pas avoir été touchée, par contre le nord-est du pays figure sur la carte de pollution avec le bassin parisien. La pollution de  l’air est la présence anormale de polluants gazeux, particulaires, et peut-être liquides. Elle n’est pas un phénomène datant du XXIème siècle. Le célèbre « fog ou smog» londonien date de l’époque industrielle et de la concentration urbaine des chauffages domestiques au charbon. Londres est régulièrement touchée par des journées de pollution.

Le 5 décembre 1952 le brouillard polluant dura quatre jours et causa la mort d’environ 4.000 personnes à Londres. Cette « purée de pois » été remplacée par une pollution moins visible, principalement issue du trafic routier. Le Royaume-Uni estime à 13.000 le nombre de décès prématurés, dont 4.300 à Londres chaque année. Paris n’est donc pas la seule ville européenne atteinte. C’est Londres qui est entrée dans l’histoire de la révolution industrielle. Il faut d’ailleurs bien faire la part entre la pollution quasi invisible qui est le lot des cités et ce d’autant plus qu’elles sont grandes, et le brouillard épais de la « purée de pois » qui est le lot de Paris et de Lyon ces jours-ci. Dans le premier cas la pollution par les pots d’échappement des véhicules en est la principale cause, car les usines polluantes se sont éloignées et les chauffages au charbon ne sont plus les seuls. Le fuel est moins polluant et l’électricité pas du tout. Dans le second on trouve une pollution essentiellement à base de soufre et de carbone sous forme de gaz et de particules. 

Dans le premier cas de la pollution quotidienne peu visible les agents polluants dangereux sont les oxydes d’azote, le benzène et les particules fines et surtout ultrafines dont on accuse les moteurs diesel. La pollution totale mesurée, qui fait l’objet de mesures de précaution, inclut le gaz carbonique ou CO2. Il devrait faire l’objet d’un communiqué à part car il n’est dangereux qu’à des doses sans commune mesure avec les relevés actuels. Il s’agit d’un problème tout-à-fait différent, le réchauffement climatique, que je considère comme la plus grande arnaque du siècle. Peut-être que Trump permettra avec son ministre climato-sceptique de rouvrir un débat sain et indispensable sur ce sujet.

Dans le second cas il s’agit d’une pollution qu’il est difficile de relier pour sa plus grande part au trafic. C’est celle-ci, qui nous intéresse par son actualité, dont nous allons parler. La présence d’oxydes du carbone et de soufre en grande quantité ainsi que de fumées explique la densité du brouillard produit. Nous retombons dans la pollution de la fin du XIXème siècle à Londres. Toutes les usines, les foyers domestiques et les trains utilisaient du charbon. C’est l’utilisation intensive de ce dernier qui est responsable des pollutions denses. Donc si ce n’est pas le trafic urbain qui est le principal pollueur ces jours-ci, quel est-il et pourquoi les autorités se focalisent sur le trafic ? Cette focalisation paralyse la vie économique et sociale et finit par coûter beaucoup d’argent. Si cela ne change pas très significativement les choses, pourquoi le fait-on ? Est-ce parce que cela donne à la population l’idée que les autorités sont très actives et font ce qu’elles peuvent ? Dans ce cas il s’agit d’actions à but essentiellement politique. 

Si, elles sont nécessaires et efficaces pensez-vous. Elles vont dans le bon sens certes mais si elles étaient réellement efficaces, les mesures de réduction du trafic devraient déjà avoir fait leur effet de diminution de la pollution. De toute évidence ce n’est pas le cas même si la pollution « purée de pois » va finalement disparaître. On aura tout loisir de dire que c’est grâce aux mesures prises sur le trafic pour justifier des mesures inefficaces et globalement coûteuses pour les deniers publics et privés. Mais l’explication est peut-être toute autre. Nous sommes dans le cas de la formation des brouillards avec un taux d’humidité élevé et le passage d’un courant d’air chaud sur un température froide de surface créant un phénomène de condensation de l’eau. Si ce courant d’air chaud est porteur d’une pollution à base de combustion du charbon, il crée un brouillard épais qui réduit la visibilité, comme ce que l’on observe ces jours-ci dans certaines régions de France. Alors ?

Vous remarquerez que ces courtes périodes de brouillard épais se produisent après l’arrivée d’un vent d’Est. Qu’y a-t-il à l’Est de la France, l’Allemagne principalement. Si la radioactivité n’a pas de frontières, la pollution non plus. L’Allemagne a décidé de supprimer le nucléaire et pour se faire de développer les énergies renouvelables. Rien à voir à voir avec la pollution pensez-vous. Sauf que 1 MWh produit par les EnR demande la production de la même quantité d’électricité par des centrales thermiques au gaz, au fuel ou au charbon. Ceci est dû à leur intermittence, j’en ai apporté la preuve à partir des chiffres officiels publiés sur l’année 2015 dans un précédent article. L’Allemagne dispose de mines de lignite, charbon de mauvaise qualité et particulièrement polluant. Elle les rouvre d’ailleurs et en ouvre de nouvelles. Les centrales thermiques fonctionnent donc de plus en plus au fur et à mesure de l’implantation des EnR. 

L’Allemagne de l’Est concentre une grande partie de cette pollution par la combustion du charbon. J’ai pu le constater moi-même sur place avec une qualité de l’air très dégradée. Lorsque les vents viennent de l’Est ils transportent cette pollution vers la France. A-t-on entendu une quelconque autorité demander que la part entre la pollution créée sur place et celle importée soit faite ? Bien sûr que non, car il faudrait en parler avec Angela Merkel et remettre en cause les EnR. Cela soulève un problème diplomatique et mondial. Ce n’est pas notre Président, qui cherche à finir tranquillement son mandat en inaugurant les chrysanthèmes et dans les réceptions à l’étranger, qui va lever le petit doigt. Vous le voyez écorner le joyau de son bilan, la COP21 qui a mis la France, enfin lui, dans la position de sauveur de l’humanité ? 

Les messages diffusées sur le brouillard polluant 

Sont très loin d’être lumineux de clarté

Nous sommes dans le clair-obscur 

De la manipulation politique ! 

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon