samedi 16 décembre 2017

Nucléaire : Voulons-nous perdre encore un autre fleuron ? (2ème partie)

Avant de regarder les dégâts que l’arrêt du nucléaire peut entraîner, je voudrais insister sur le leurre d’information que représente une unité de radioactivité souvent utilisée. En dehors du Sievert qui est utilisé pour quantifier les doses de radioactivité reçue, donc l’ensemble du nombre de particules et de leur énergie, il est courant de voir des articles ou des reportages qui parlent de Becquerels. Cette unité correspond à une désintégration de noyau par seconde, elle est à l’échelle de l’atome, donc très petite et a remplacé le Curie qui était une unité beaucoup trop grande.

Mais on est tombé d’un extrême dans l’autre et les chiffres annoncés par les mesures faites par un compteur Geiger, qui compte les désintégrations qui le frappe, donnent des valeurs en centaines de milliers de Bq, voire en millions ou plus. Ils impressionnent le lecteur qui ne dispose d’aucune échelle relative de comparaison. C’est ainsi que j’ai pu voir un reportage à Fukushima où les mesures faites en s’approchant du sol donnaient des chiffres « effrayants » qui n’étaient pourtant même pas de l’ordre de ce que l’on mesure sur des engrais phosphatés. Evidemment les anti-nucléaires s’en servent abondamment pour cultiver la peur de cette énergie. Entrez un compteur Geiger dans une maison bretonne en granit et il va se mettre à crépiter et saturer la première échelle de mesure. C’est sans doute la raison qui fait dire à Macron que les bretons sont des illettrés… rendus fous par la radioactivité. 

Il n’est pas de mon intention de dire que la radioactivité est sans danger. Marie Curie en a subi l’effet la première en manipulant 8 tonnes de pechblende pour extraire 1g de radium mais alors elle était bombardée non pas par des centaines de désintégrations mais par des centaines de milliards. Tout est une question d’échelle. Contrairement au danger chimique, la protection contre la radioactivité, dite la radioprotection, ne réserve pas de surprises, le phénomène physique est parfaitement connu. Les protections sont adaptées au niveau de radioactivité selon les utilisations faites. Cette industrie est particulièrement surveillée et les rejets de substances radioactives dans les rivières et dans la mer sont soumises à des normes nationales de rejet et déclarées dans toutes les préfectures. 

Bref la France est exemplaire dans le domaine de l’énergie nucléaire et, contrairement aux États-Unis, recycle au maximum, à la Hague, les combustibles usés. C’est du presque totalement renouvelable avant l’heure. Elle minimise ainsi les déchets ultimes et prend son temps pour les stocker définitivement avec une installation à Bure en cours de construction et qui ne recevra une validation que lorsque toutes les précautions seront prises. Par ailleurs elle sera surveillée pendant un siècle avant d’être définitivement fermée. La France est le pays qui maîtrise totalement le cycle du combustible à partir de l’extraction de l’uranium de la mine en passant par les traitements chimiques du minerai, l’enrichissement, la fabrication des combustibles, la production d’électricité dans les réacteurs, la récupération de l’uranium et du plutonium des combustibles usés, et leur réutilisation dans des combustibles mixtes MOX pour repartir dans les réacteurs. 

Tout ceci pour dire que cela ne s’est pas fait en un jour et a demandé que le fleuron de la science et de l’ingénierie française puisse au bout d’un demi-siècle parvenir à cette maîtrise et à cette excellence reconnue dans le monde entier jusqu’à la fin du siècle dernier en tous cas. La France a été le pays phare avec les Etats-Unis dans le monde de l’énergie nucléaire. Le premier coup lui a été porté par l’arrêt de Superphénix, un réacteur de quatrième génération dit surgénérateur. Ce prototype industriel faisait suite au réacteur expérimental Phénix qui avait démontré la faisabilité et l’intérêt de ce nouveau type de réacteur à neutrons rapides. Il permettait de multiplier par un facteur d’au moins 60 les réserves d’uranium et donnait donc une indépendance plus grande à la France. Pour des raisons politiques, sous la pression écologique, Jospin en a signé l’arrêt. Comme pour tous les prototypes, des incidents, essentiellement dans la partie non nucléaire, ont interrompu plusieurs fois la production. Cela a suffi pour trouver des raisons à son arrêt au grand dam de notre Prix Nobel de physique, Georges Charpak. Cette technologie était aussi expérimentée par les russes, qui eux ont continué à travailler pour bientôt la vendre au monde entier, plus de 25 ans après nous. 

Ce premier coup d’arrêt signait une première victoire du « Sortir du nucléaire », mais les solutions alternatives n’intéressaient guère le monde des grandes multinationales tournées vers le pétrole. C’est le réchauffement climatique et la lutte contre le CO2 qui servent d’argument majeur pour promouvoir les énergies renouvelables, les EnRia. L’argumentation est alors bâtie d’une part sur la dangerosité du nucléaire, et d’autre part sur la pollution des centrales thermiques, ce qui permet d’éliminer toutes les énergies fossiles non renouvelables. Mais il reste un point noir, les EnRia ne savent pas produire un kWh bon marché et demandent de lourds investissements. Par le battage des COPx, la nécessité d’investir pour sauver la planète se répand dans les gouvernements qui y voient un argument politique pour justifier leur utilité dans des actions « vertueuses » et vertes. Il faut amorcer la pompe pour que les grandes entreprises mondiales s’y intéressent et les milliards commencent à valser jusqu’à la COP21 avec ces 100 milliards, dont on dit désormais qu’ils sont notoirement insuffisants. Cette fois les grands lobbies se pourlèchent les babines et font pression pour que l’argent arrive. 

Il faut donc que l’on augmente la pression sur les cerveaux des populations, dont la nôtre en premier plan, pour que tout un chacun délie les cordons de sa bourse avec toute la joie de participer à une action « vertueuse ». C’est un peu avant que la France ait basculé dans une impasse technique et financière. La force politique des écologistes allemands a lancé un plan d’arrêt du nucléaire dans ce pays sans d’ailleurs vraiment s’engager sur l’arrêt des centrales thermiques. Pourtant ce pays pollue beaucoup plus que la France. L’écologie idéologique française a sauté sur l’occasion pour lancer la nécessité d’un plan vert sans être poussée par une augmentation de la consommation électrique. Nous devons avoir donc environ 7.000 éoliennes implantées et le plan en prévoit 20.000 dans les cinq prochaines années. 

D’abord en Allemagne, comme en France, le triple objectif de réduction du CO2, d’arrêt des centrales nucléaires et thermiques, va s’avérer impossible. La reculade de Hulot, qui avoue que l’on ne peut pas arrêter les 17 centrales nucléaires et toutes les centrales à charbon en même temps, n’est que la prise en compte masquée d’une impossibilité physique. J’ai montré dans des articles précédents, à partir de l’étude des évolutions de consommation électrique par type d’énergie en Allemagne et en France, que les EnRia, énergies intermittentes et aléatoires, donc non pilotables, ne peuvent être couplées au réseau que si une production suffisante d’énergies pilotables leur est associée. En gros sur un an, 1kWh d’EnRia a entraîné 1 kWh d’énergie pilotable. L’énergie pilotable d’une façon quasi instantanée est l’énergie thermique qui permet de faire face à la consommation à tout moment. 

En conséquence, plus on développe les EnRia, plus on doit produire d’électricité thermique, donc de CO2 mais aussi tous les autres polluants émis par ces centrales. De plus la surproduction par le couple EnRia et énergie thermique, ne dégage qu’une faible part d’énergie pour arrêter le nucléaire qui représente au départ 75% de la consommation. L’Allemagne et la France vont ainsi dans le mur sur un simple plan technique. La diminution de la production d’électricité thermique par les EnRia est impossible. Pour lutter contre l’émission de CO2, la seule solution est l’arrêt des centrales au charbon pour des centrales au gaz moins polluantes. La course en avant des EnRia pour arrêter le nucléaire ne peut que se solder par une augmentation corrélative de la production thermique et une augmentation du kWh. Mais cette compétition programmée entre EnRia et énergie nucléaire a de graves conséquences économiques et financières dont nous parlerons dans un prochain et dernier article.

Le rêve idéologique français de l’énergie gratuite 

Signe en fait un pas vers l’augmentation 

Du prix de l’électricité de 75% 

Pour engraisser des lobbies 

Qui chauffent le climat 

De notre acceptation !
 
Claude Trouvé 
16/12/17

vendredi 15 décembre 2017

Nucléaire : Voulons-nous perdre encore un autre fleuron ? (1ère partie)



La planète brûle, oui, et Emmanuel Macron est formel :
« Si on décide de ne pas agir et de ne pas changer la manière dont nous produisons, dont nous investissons, dont nous nous comportons, nous serons responsables de milliards de victimes. »  (CBS, 12 décembre 2017).

Cette vérité catastrophique assénée se base sur des prévisions assénées également mais nullement corroborées par l’évolution des températures depuis 20 ans. Peu importe le couvercle de CO2 va revenir bien vite, et nous serons bientôt soit cramés, soit engloutis sous les eaux. En effet la température a augmenté de 0,6°C au XXème siècle, mais le « hiatus » de quasi-stabilité depuis 20 ans, ne présage rien de bon. Quand la nature se calme c’est pour mieux repartir, craignez le pire. « D’ailleurs la teneur dans l’atmosphère a vertigineusement augmenté de 0,032 % à 0,04 % entre 1960 et aujourd’hui… ce qui prouve bien que le CO2 est la cause de l’enfer qui nous attend », me dit-on. « Non ce n’est pas une preuve », dis-je. « Mais si puisque CO2 et température augmentent ensemble. CQFD », me dit-on. « Le CO2 a continué à augmenter depuis 20 ans mais la température presque plus », dis-je. « Oui mais justement c’est ce "hiatus" qui ne présage rien de bon », me dit-on. 

« De toute façon des milliards (sur les 9 prévus sur terre) de victimes seront à déplorer sous les eaux. Les océans montent inexorablement de 1,8mm par an, et de 3 mm depuis le début du siècle », me dit-on. « Depuis deux ans ils ne montent plus du tout selon la NOAA », dis-je. « Peu importe d’ici la fin du siècle, les océans auront monté de 3m et engloutiront toutes les îles paradisiaques que nous connaissons, les lagunes auront disparu, des villes entières seront rayées de la carte. Les humains ayant réussi à devancer la montée des eaux sur les montagnes compteront la cohorte des leurs engloutie sous les eaux. » « Mais 1,8mm/an cela fait au pire 1m40 d’ici 2100, et à la même hauteur que depuis deux siècles, non ? Les polders vous connaissez ? », dis-je. « Voilà c’est avec des remarques de ce genre que l’humanité va rester les bras croisés et que nous allons périr. Avec 3mm par an, cela fait 2m50 et comme il faut s’attendre au pire, on prend 3m. Vous commencez à m’échauffer les oreilles sérieusement par votre façon de mettre en doute le réchauffement, sa cause, et ses effets. Vous me faites perdre mon temps et justement il n’y en a pas à perdre. Lisez tous les médias de l’oligarchie, et apprenez ce qu’est un consensus que 15.000 scientifiques ont signé. », me dit-on. « Oui mais parmi eux 1/3 sont réellement scientifiques et dix fois moins des vrais spécialistes. Par contre il y a des milliers de scientifiques qui contestent la causalité anthropique du CO2 », dis-je. « Pfutt ! Il reste quelques ignares obtus, qui croupissent à la NASA et dans les universités dont vous faites parti sans nul doute qu’il va falloir faire taire pour avancer. », me dit-on.

La politique a donc pris le pas sur la science et lui indique ce qu’elle doit prouver. Pour le reste les politiques s’en occupent sur le thème « Il faut sauver la planète ». La France a deux ennemis désignés la Russie, et le CO2. Le remède pour le second c’est les énergies renouvelables, les EnRia, et pour les deux les premières armes d’attaque ce sont la propagande et la destruction médiatique de l’adversaire. 

Le nucléaire ne produit pas de CO2 et s’avère donc un concurrent redoutable qu’il faut éliminer sur le thème de la dangerosité. Tchernobyl et Fukushima sont mis à toutes les sauces de l’épouvante, même si les 20.000 morts et disparus du tsunami, première cause de la catastrophe nucléaire, n’émeuvent guère ailleurs qu’au Japon. On s’efforce de propager l'idée que les japonais subissent contamination et irradiation aux conséquences mortelles, même si on n’a pas pu mettre des morts en évidence sauf ceux dus à la panique mise dans la population. On balance des chiffres auxquels personne ne comprend rien mais qui font d’autant plus peur que le nombre est élevé. Depuis, de nombreuses études ont mis en évidence les pathologies entraînées par le déplacement des populations et considèrent désormais que cette évacuation a été excessive. Toutes leurs conclusions s’accordent à considérer que les doses reçues ont été faibles, même sur les travailleurs de la centrale, qu’à ce jour, aucune modification statistique des pathologies n’a été décelé, et qu’aucun élément ne permet encore de savoir si des effets ultérieurs seront, ou non, susceptibles de se manifester. 

Une campagne d'un suivi sanitaire de 30 ans a été aussitôt entreprise et concerne 2 millions d’habitants de la préfecture de Fukushima et spécifiquement 360 000 thyroïdes d’enfants. Cette campagne est pilotée par l’Université médicale de Fukushima en collaboration avec d’autres centres médicaux. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié un rapport en 2013, le Comité scientifique de l’ONU, sur les conséquences des émissions radioactives (UNSCEAR), a publié le sien en 2014. En France, l’IRSN publie régulièrement les résultats de ce suivi. Cette étude du Comité est suivie par l’ONU qui demande : « au Programme des Nations Unies pour l’environnement de continuer, dans la limite des ressources existantes, à fournir un appui énergique au Comité afin de lui permettre de poursuivre efficacement ses travaux et d’assurer la diffusion de ses conclusions auprès d’elle-même, de la communauté scientifique et du public »  

Mais grâce au déchaînement médiatique, les chiffres font toujours leur effet. C’est pourquoi il est impératif de les remettre dans la réalité des dangers. Une mission française s’est rendue à Fukushima en 2017 et a mesuré les débits de dose journaliers moyens dans les principales villes impactées. Ces mesures se sont révélées inférieures à celles enregistrées à Cherbourg la même semaine (en rouge sur le graphique). Les mesures correspondant aux 15 minutes à 40 m du réacteur accidenté restent même d’ailleurs inférieures à celles des 11h du vol Tokyo-Paris (en vert sur le graphique) !

Ces mesures ne faisaient que confirmer celles du Pr R. Hayano, de l’Université de Tokyo, qui concernaient 8 étudiants et quatre professeurs, à l’occasion d’un voyage depuis la France en 2015. Toutes ces mesures rappellent également l’importance de l’exposition aux rayonnements liée aux transports aériens, aux portiques de sécurité, ou d’ailleurs à l’imagerie médicale. Elles faisaient suite à 2 semaines d'enregistrement de l’exposition de 206 de ses étudiants, en Europe, au Japon, ainsi qu’à Fukushima même. Celles-ci ont mis en évidence la plus forte exposition en France, à Bastia, et l’absence de la moindre anomalie à Fukushima.

A propos d’imagerie médicale, il faut rappeler qu’un scanner de l'abdomen vous fait absorber une dose de 10mSv et que la limite annuelle pour la population est de 1mSv, en dehors de l'imagerie médicale et de la radioactivité naturelle de 2,4mSv en France mais qui peut atteindre des dizaines de mSv en Inde. Pour les travailleurs dans le nucléaire elle est de 20mSV par an et de 50mSv pour 5 ans. Qui parmi vous s’en soucie vraiment pour passer un scanner ? De deux choses l’une, ou bien le corps est capable d’accepter cette dose sans dommage connu, ou bien il s’agit d’une rétention d’information coupable de l’État et du monde médical sur le risque auquel est soumis un patient. Tout laisse à penser que c’est la première raison qui est la bonne. Dans ce cas l’alarmisme entretenu, sur ce qui reste d’une catastrophe nucléaire, ne sert que des intérêts qui n’ont rien à voir avec la protection des populations.

On a beaucoup parlé du nuage de Tchernobyl qui s’arrêtait à la frontière ridiculisant le nucléaire français, alors qu’il s’agissait d’une phrase d’un responsable de Ministère qui a transformé l’information scientifique qui lui était donnée à savoir « la radioactivité mesurée ne nécessite pour l’instant aucune mesure particulière de protection de la population. » Pour prendre réellement conscience du danger par le public, il faut toujours parler par comparaison. Le graphique ci-contre en est un bon exemple. Qui se souvient du passage de la radioactivité due aux essais nucléaires dans l’atmosphère ? Qui a pu noter un accroissement des décès dans le monde ? Mais on voit que Tchernobyl, toute catastrophe nucléaire qu’il reste et sans nul doute la plus grande pour l’humanité, a eu un impact énormément plus faible et sur une plus courte période.. 

A ce propos le chapitre de l’irradiation des populations après Fukushima obligeant la propagande anti-nucléaire au mensonge, celle-ci s’est rabattue sur la contamination des sols, donc des aliments autrement dit, qui introduit de la radioactivité dans notre corps par ingestion. Je ne vais pas continuer à montrer que là aussi, certaines ONG diffusent des informations alarmistes mais ne peuvent jamais montrer des chiffres sérieux sur les conséquences induites par la radioactivité et œuvrent même à dissuader les populations de rentrer chez elles quand elles y sont invitées par les autorités. Elles produisent d’ailleurs un stress qui agit sur la santé de ces personnes. L’évacuation inutile et la perte de son domicile deviennent plus mortelles que l’accident en lui-même selon les psychologues. 

Alors arrêtons de nous laisser berner par ceux qui poursuivent un seul but en dehors de tout raisonnement pragmatique. On montre facilement que « Sortir du nucléaire » est l’élimination de notre principale énergie productrice d’électricité qui gêne l’expansion des EnRia par son absence d’émission de CO2. Cette expansion fait semblant d’ignorer qu'en gros 1 kWh d’énergie des EnRia demande sur une année 1kWh d’énergie thermique polluante, les deux sont liés et complémentaires. Mais cette aventure se traduit par des conséquences économiques dont nous parlerons dans le prochain article.

L’énergie nucléaire est celle qui a la densité énergétique 

La plus élevée des énergies utilisables actuellement. 

Elle a devant elle une grande marge de progrès. 

Nombre de pays dans le monde l’ont compris. 

La tuer dans le pays nucléaire du monde 

Qui a produit Marie Curie est un signe 

D’une décadence « en marche » !
  
Claude Trouvé 
15/12/17

mercredi 13 décembre 2017

Terrifiant exemple d’enfumage médiatique

Le show médiatique de Macron sur le climat, qui a réuni une cinquantaine de chefs d’État, mais sans la présence de ceux de la Russie, la Chine, l’Inde, le Brésil (4 pays des Brics !) et surtout des Etats-Unis, a rempli les médias deux ans après la COP21. On peut d’ailleurs être surpris, qu’après la COP23 qui a eu lieu du 7 au 17 novembre à Bonn, il faille, aux frais du contribuable français faire une réunion multinationale pour parler du même sujet un mois après en France. Ce n’est pas, à priori un geste amical, de voler la vedette à Mme Merkel, quand elle est en train de constituer son gouvernement. La principale annonce qui en ressort c’est l’officialisation que le monde bancaire et des affaires se fait désormais tirer l’oreille pour investir dans les énergies fossiles. La réalité est toute autre. En effet, d’une part on sait que les besoins en pétrole et en charbon vont encore augmenter et que la production et la prospection du pétrole va continuer pour faire face à la consommation, et d’autre part qu’il s’agit d’un choix délibéré d’investir dans le marché des énergies renouvelables devenus plus juteux que celui des énergies fossiles dans la mesure où justement il est décidé d’y investir de l’argent public.

On parle d’investissements de l’ordre de 50.000 milliards pour limiter le réchauffement à 2°C d’ici la fin du siècle et la Banque mondiale parle même de 90.000 milliards. Si Bill Gates y met de l’argent ce n’est pas pour rien. Comme l’écrit Rémy Prud’homme, « derrière les envolées lyriques sur le sauvetage de la planète…il y a principalement (et presque uniquement) le développement à marche forcée de l’électricité éolienne et photovoltaïque, activité qui est devenue un big business, pour un petit nombre de multinationales géantes, soutenues par les plus grandes banques du monde ». Le slogan n’est pas « Sauvons la planète » mais « Prenons leurs sous ». C’est déjà 5 milliards d’euros que nous ont coûté les énergies renouvelables en 2017 chez nous. Déjà fin 2016, les diverses taxes (TVA, CSPE, etc.) représentaient 35 % de la facture (5 points de plus qu’il y a cinq ans). Pour ceux, qui croient que les grandes multinationales ont pris conscience que la planète est menacée et se mettent à l’œuvre, il va falloir qu’ils sortent du rêve en regardant leur facture d’électricité, de gaz et de fuel. Ces deux derniers ne recevant plus de subventions vont donc aussi augmenter en dehors des variations du coût à la mise sur le marché. 

Seulement voilà, il faut un minimum de doigté pour chiper les billets dans le portefeuille du citoyen, comme savent le faire les voleurs à la tire. Il faut même que le citoyen ait l’impression de faire une bonne action en se laissant dépouiller, payer doit devenir un plaisir. La planète doit être sauvée, c’est le téléthon du climat. « Nous sommes au bord du gouffre », « La bataille est proche d’être perdue ». Alors la machine du catastrophisme saisit tout sur son passage pour montrer que nous courrons à notre perte. Macron se fait le chantre du sauvetage dans des tirades dithyrambiques qui glaceraient même l’équateur. Les pôles fondent, les océans montent, la montée de température s’accélère, les ouragans sont plus nombreux et dévastateurs (la preuve : Irma), les incendies en Californie ont lieu en hiver, etc. D’un seul évènement on tire de suite une généralité et une cause, le réchauffement climatique, lequel ne peut être produit que par l’homme tout puissant qui peut même changer le climat mondial. Au fond c’est la revanche de l’homme sur la nature, cette fois elle lui obéit. Donc s’il peut faire, il peut défaire. Seul besoin pour cela, il faut du fric !

La pompe à fric, c’est la com. Les médias, qui appartiennent à ceux qui vont pomper pour leur compte, sont sur le pied de guerre. La réunion de Macron est destinée à donner le signal de la grande lessive des cerveaux. Il n’est plus utile de réfléchir pour savoir si l’on est pour ou contre le réchauffement climatique et sa cause anthropique, l’affaire est définitivement prouvée puisque c’est désormais acté dans le monde politique. Les scientifiques encore incrédules sont une petite minorité, des espèces d’îlots de résistance qui ne survivront pas sans relais médiatique. Ignorons-les ou alors, pour faire preuve d’une grande ouverture d’esprit, invitons-en-un une fois et encadrons-le par des contradicteurs avec 5 minutes pour lui et 1 heure et demi pour les autres.

Ne riez pas c’est l’exploit de LCI, chaîne captive par excellence, pas plus tard qu’hier 12 décembre 2017 dans l’émission « L’info en question » du faux-jeton David Pujadas. Sur 1h 36 mn d’émission, consacrée à la prestation de Macron sur le sauvetage de la planète et la nécessité d’investir pour cela, un créneau de 12 mn a été accordé à Benoît Rittaud, mathématicien auteur de deux livres sur le sujet climatique et président des climato-réalistes, ces recalés de la Science officielle qui s’obstinent alors que la messe est finie. Sur ce créneau de 12 minutes, 5 lui ont permis de s’exprimer, sur la réalité du danger dû au réchauffement climatique, sur les ouragans et la montée des eaux. Ces 5 minutes ont d’ailleurs été interrompues à plusieurs reprises par des contradicteurs. Voilà ce qu’on appelle un vrai débat sur le sujet : 5 minutes hachées pour contrer 1h30 de propagande pour le réchauffement climatique.

Afin de vous éviter toute la lecture de cette vidéo, Benoît Rittaud est convié à parler devant la présidente du WWF, et trois journalistes européistes, à la 36.30 minute jusqu’à la 48.20. Mais où on pousse le vice dans cette émission c’est dans la présentation de la montée des températures. Il s’agit d’une animation qui fait défiler à toute vitesse une roue à secteurs colorés qui présente l’évolution depuis les années 1950. Or la montée des températures a réellement été observée entre 1950 et 1995 mais depuis la température n’évolue pratiquement plus ! C’est justement sur cette période de construction des modèles mathématiques que les prévisions et la réalité ne collent plus comme je l’ai montré dans l’article précédent. Cette entourloupe est présentée à la 27.35 minute comme la « Vérité ». Autrement dit ni vu ni connu je t’embrouille !



Pour l’arnaque climat comme pour le reste, dans une démocratie moribonde et en attendant les robots, le vrai slogan c’est « Il y a encore du fric à prendre » en France, pour les allemands c’est en cours, pour les Grecs on gratte les fonds de tiroir. 


Nous sommes dans le monde de la désinformation 

Où nous n’intéressons l’oligarchie ploutocratique

Que par l’argent que nous possédons encore. 

Les pourvoyeurs sont les classes moyennes,

Les inutiles sont les pauvres et les retraités. 

Les pourvoyeurs ont le droit de vivre

Les autres d’essayer de survivre 

Sauf les plus riches qui doivent

Devenir encore plus riches.


Claude Trouvé 
13/12/17