samedi 30 décembre 2017

Perdrons-nous aussi une démocratie gagnée dans le sang ?



Pendant que la France se déshabille chaque année un peu plus de ses pouvoirs régaliens, le dernier en date étant l’abandon de la politique migratoire où la France se contente d’accueillir et de faire un petit tri dans les arrivants légaux ou non, la démocratie est mise à mal par les lois sécuritaires et par le contrôle de la liberté d’expression. Les médias, dont le Monde devenu aux ordres, s’insurgent contre l’arrivée de la chaîne RT, d’expression russe, en demandant l’interdiction de la propagande. Il est loin le temps où l’Humanité faisait sans complexe la propagande de Moscou. Presque toutes les grandes chaînes de télévision font pourtant une propagande massive et continue de l’UE bienfaitrice, du réchauffement climatique, du danger russe, iranien, syrien et bientôt chinois. Or toutes ces propagandes sont directement issues de la politique américaine de son complexe militaro-industriel, soutenu par les grandes fortunes américano-juives et même par le Pape qui leur a fait visiblement allégeance. Celui-ci défend la politique migratoire sans limite demandée par les grands lobbies pétris de mondialisme au risque de la disparition de l’identité nationale dans un « melting pot » à l’américaine, lequel contrairement aux États-Unis s’applique sur des histoires anciennes, des coutumes, des religions, et surtout des langues totalement différentes.

Jean-Claude Juncker ne veut plus entendre parler de référendum, donc de démocratie, pas plus qu’il ne veut permettre la remise en cause de l’euro. Hollande avait déjà repoussé l’idée d’un référendum et nous sommes désormais dotés d’un Président pharaon pyramidal avec au-dessus de lui le dieu UE qui lui dicte, comme à Moïse, les tables de la Loi dans un Décalogue à usage macro-nique. Une Assemblée de godillots, pour une bonne part tout étonnés d’être là, laisse les partis traditionnels dans une hébétude dont ne filtre qu’un murmure de contestation. Parmi eux chacun y va de son couplet anti-européen pour terminer par une allégeance forcée à l'UE, comme le nouveau Président autrichien. C’est ce que l’on appelle beaucoup de bruit pour rien. Tous ces grands perdants se moulent tant bien que mal dans le carcan de l’UE, de l’euro et de l’OTAN même s’ils prétendent qu’il gêne aux entournures. Ils deviennent ainsi incapables de proposer un changement réel de politique et, pour se situer dans l’opposition, ils promettent des modifications dans le fonctionnement de l’UE, donc du TFUE. Mais ils marchent ainsi dans les pas de Macron qui se fait fort, avec son ange gardien Merkel, de faire « bouger l’UE ». 

Évidemment les uns et les autres ne feront rien bouger du tout sans casser l’UE, et pour cela il faut avoir une volonté qu’ils n’ont pas. L’unanimité des voix des pays demandée pour pouvoir bouger les traités relègue aux calendes grecques toute évolution notoire. De toute façon, si évolution il y a ce sera vers le fédéralisme demandé par la Commission Européenne, donc une mainmise plus contraignante sur les pouvoirs restants des pays et sur la démocratie exécrée. L’éloignement de l’électeur avec le vrai pouvoir sera encore agrandi, ce que prépare Macron pour les européennes avec des listes transnationales.

Tout va donc perdurer à moins que le peuple réalise que la politique d’austérité est à usage exclusif sur lui avec une avalanche de taxes et d’augmentation des services, timbres, gaz, électricité, gasoil, péages, prix du contrôle technique des véhicules harmonisé en hausse pour raison d’égalité européenne, suppression des contrats aidés, et sans doute vignette auto, plus une réflexion sur un SMIC au rabais, etc. Son apathie, sous le coup d’une élection présidentielle ravageuse où le Président est arrivé au premier tour avec seulement 24% des suffrages exprimés et 18% des inscrits, mais a finalement conquis un pouvoir sans partage, sera-t-elle secouée par tout ce qui va lui tomber sur la tête ? La puissance médiatique qui a porté Macron au pouvoir peut l’aider encore à donner le change avec des bravades laissant croire qu’il décide de tout alors qu’il ne fait que lire les directives européennes. 

Démocratie devient « Bonsoir tristesse » et le peuple anesthésié a oublié le prix payé par la Révolution Française et par son prolongement de l’Empire. C’est au total près de 2 millions de morts jusqu’en 1815 le prix payé pour instaurer et consolider la démocratie, car l’Empire n’a fait que la structurer à l’intérieur et la défendre à l’extérieur pour consolider ses frontières dans une lutte à mort avec les anglais. C'est l'Angleterre qui l'y a contraint : elle ne tolère jamais la présence d'une grande puissance sur le rivage qui lui fait face. Avec la Révolution, tout change. Les invasions recommencent : on se bat sur le sol français dès 1792, et pour finir sur deux occupations ennemies, en 1814 et 1815. Deux millions : c'est à peu près autant que ce que coûteront ensemble à la France les deux conflits les plus meurtriers de l'histoire, ceux de 1914 et de 1940. Mais le sacrifice est plus lourd quand il frappe un peuple de quelques 27 millions d'âmes, que s'il se rapporte à 40 millions de citoyens. La Révolution avait détruit les forces vives du pays et l’avait livré à l’appétit des puissances étrangères. En gagnant la démocratie, le peuple avait gagné le droit de se faire tuer dans une armée de conscription et non plus de professionnels.

La révolution française a été sans pitié. Les tribunaux révolutionnaires ont condamné à mort 2747 citoyens. Le comble de l’horreur a été le génocide de Vendée. Luc Ferry écrit : « Les guerres de Vendée, c’est le premier grand génocide dans l’Histoire de l’Europe, il y eu 500.000 morts ! (…) Plus aucun historien ne le conteste aujourd’hui ». L’extermination de la population de Vendée et l’anéantissement de ses biens sont les fruits de lois votées en conscience partagée en août, octobre et novembre 1793. Dans son livre Chronique du Purgatoire (Calman-Lévy 2010), Catherine Paris précise que le terme de dépopulation peut être appliqué à la Vendée où 45% de sa population a été exterminée. « Les Colonnes infernales lancée à l’ouest tuèrent, violèrent, torturèrent, non seulement les hommes, femmes, enfants, enfants à la mamelle, vieillards sur leur grabat, mais reçurent également l’ordre écrit d’exterminer les animaux de ferme, d’arracher et de brûler les haies et récoltes, afin que cette « race » honnie de vendéens disparaisse. »

Les rapports des généraux républicains commandant les Colonnes sont aussi particulièrement explicites : « Nous en tuons près de 2 000 par jour. […] J’ai fais tué (sic) ce matin 53 femmes, autant d’enfants. […] J’ai brûlé toutes les maisons et égorgé tous les habitants que j’ai trouvés. Je préfère égorger pour économiser mes munitions… » Dans sa lettre à la Convention, datée du 23 décembre 1793, le général Westerman écrit : « Il n’y a plus de Vendée, citoyens républicains, elle est morte sous notre sabre libre, avec ses femmes et ses enfants. Je viens de l’enterrer dans les bois et les marais de Savenay. Suivant les ordres que vous m’avez donnés, j’ai écrasé les enfants sous les pieds des chevaux et massacré les femmes qui, au moins pour celles-là, n’enfanteront plus de brigands. Je n’ai pas un prisonnier à me reprocher. J’ai tout exterminé. » 

La République qui s’est fondée sur un bain de sang rarement vu jusque-là en Europe, qui a tué plus que des siècles d’Inquisition, de croisades et de guerres locales réunies, n’a pas assumé ses propres actes. En gros la Terreur et les guerres révolutionnaires ont fait 1 million de morts, et de 1789 à 1815 il faut ajouter un autre million. Après ce soulèvement du peuple qui a finalement vidé la France de sa population et l’a ruinée, il nous reste ce qui fait aujourd’hui la Constitution Française et la République une et indivisible dans une France voulue démocratique. De Gaulle a parachevé la démocratie en donnant le droit de vote aux femmes, en créant l’élection du Président au suffrage universel, et en pratiquant le référendum.

La démocratie est née dans l’horreur et dans le sang, mais elle a donné à notre peuple le devoir de défendre son identité et ses frontières, de répandre sa culture et de rayonner dans le monde entier. Hélas, c’est un joyau qui est en train de se ternir alors que s’évanouit l’odeur du sang séché qui l’a vu naître. Le peuple oublie que ce bien précieux est en train de passer en d’autres mains puissantes et étrangères dans un emballage argenté du travail de serfs modernes auquel on donne le droit de survivre à condition de produire. La dîme à payer devient de plus en plus lourde et la voix pour contester de plus en plus faible. La démocratie est en danger.
 
La démocratie se meurt dans l’apathie générale 

Le bruit assourdissant de la propagande

Fait oublier que le mondialisme 

Est en train de massacrer

L’âme révolutionnaire !


Claude Trouvé 
30/12/17