vendredi 29 décembre 2017

Pour l’année nouvelle, le rejet des dogmes



L’année nouvelle sera dure pour ceux qui croient encore qu’ils ont élu un Président qui pense à la majorité d’entre eux tous les soirs en se couchant. Non Macron ne pense qu’à la tranche haute de nos concitoyens et plus particulièrement à la très haute tranche de revenus. C’est dans ce sens que l’imposition est allégée sur les actions dont sont pourvues toutes les grandes fortunes, dont les PDG des grandes entreprises qui augmentent ainsi grassement leurs salaires avec les stock-options. Le dégraissement des cotisations sociales pour les salariés est essentiellement destiné à alléger les patrons de toute augmentation de salaire. En effet celui-ci n’est pas un cadeau de l’Etat qui tend à augmenter le pouvoir d’achat de l’ensemble des salariés mais un cadeau à somme nulle pour la croissance puisqu’il est pris dans la poche des retraités. La croissance espérée est dans les cadeaux aux entreprises avec d’une part des baisses d’impôts et d’autre part des facilités de licenciement. Pour le premier cadeau on postule que cela booste la productivité et la croissance. Pour le second on affirme qu’ainsi les entreprises vont pouvoir embaucher plus facilement.

On vient de voir que l’utilisation de la facilité de licenciement est immédiatement utilisée par des entreprises pour un dégraissage d’effectifs sans que la société se trouve en difficulté. Ce qui veut dire que l’on va procéder à une optimisation sur le coût salarial avec une pression supplémentaire sur les salariés au nom de la productivité. Hélas oui, cette propagande gouvernementale n’est que mensonge pour 90% de la population, sauf que les entreprises seront d’autant plus bénéficiaires qu’elles tiennent de plus grandes parts du marché mondial. Mais ces dernières, tournées vers l’exportation, la délocalisation, la spéculation, l’optimisation fiscale, n’apporteront que des fifrelins dans les caisses de l’État. L’augmentation, du nombre et de la valeur des taxes pour tous, du montant de l’impôt pour certains, et du prix de l’énergie, va rogner le pouvoir d’achat bien plus que la suppression médiatisée de la taxe d’habitation. Macron creuse sciemment les inégalités. En suivant la politique imposée de l’UE, il cible les salaires de la fonction publique, les chômeurs et 80% des retraités, les trois pèsent sur le budget de l’État.

Les retraités ont été ciblés par l’UE comme des victimes expiatoires qui pèsent sur les budgets et qui n’ont pas de pouvoir sur la paralysie de l’économie. Ils peuvent s’apprêter à non seulement ne pas voir leur retraite revalorisée après le blocage effectué sur plusieurs années, mais à voir diminuer leur montant dans un proche avenir. Ce sera probablement le cas des salariés du secteur public qui verront leur salaire baisser en valeur relative par rapport à l’inflation. On entend aussi des bruits sur une remise en cause du SMIC, avec un SMIC croupion à l’allemande. Macron a dit vouloir réunir la gauche et la droite, mais en réalité il ne voulait pas dire qu’il rassemblait les valeurs de la gauche et de la droite. De la gauche, il garde la volonté d’accepter l’immigration, et il fait encore semblant de faire de l’écologie en paradant sur le changement climatique. Sur ce dernier point, l’écologie doit se faire pour le bénéfice des grands lobbies qui attendent la manne pour ce marché, lobbies dont la plupart ne se situent pas en France fiscalement. Mais tout ce qui se prépare fait partie du dogme de « l’Union Européenne qui protège. » Le seul problème c’est qu’il n’est pas précisé qui.

Après la hausse de 1,7 % de la CSG, pour ceux des « privilégiés », dont la pension atteint et/ou dépasse 1200 € par mois, c’est sur les chômeurs que la pression est mise. Les contrôles vont donc être renforcés. Macron assume le durcissement du flicage, alors que la "fraude" n'implique qu'une faible minorité de gens ! A côté de cela, qui va au mieux permettre de récupérer quelques centaines de millions, la libre circulation des capitaux rend difficile la récupération de la fraude fiscale évaluée à 80 milliards. En plus de la disparité des sommes, il faut ajouter que le chômeur qui triche n’est souvent pas riche et redépense donc ce qu’il grapille sur l’Etat. Ce n’est pas le cas pour les grands fraudeurs dont l’agent disparaît en grande partie de notre pays et est réinvesti ailleurs dans la spéculation le plus souvent via des paradis fiscaux. S’il est normal de faire respecter la loi, le fait de promettre de monter le prix des sanctions pour les chômeurs fraudeurs est un assassinat, un acharnement injuste, et non un rappel de la loi. 

Le dogme de l’austérité à l’allemande appliqué à la France est en route alors que la hausse de l’euro à 1,20$, alors qu’il a été à 1,05$, soit une hausse de plus de 14%, est bien plus important pour les entreprises exportatrices que les mesures d’allègement fiscal et d’aides prévues. Ce dogme pousse le gouvernement vers des cadeaux aux entreprises sans toucher aux recettes globales taxes et impôts sur les particuliers. La consommation intérieure étant bloquée par la pression fiscale, on demande aux exportateurs de prendre en charge la croissance dans un contexte économique français où l’euro est surévalué. Notre déficit, désormais chronique et de nouveau croissant, du commerce extérieur est là pour nous faire comprendre que nous sommes sur une voie suicidaire comme je l’ai montré dans plusieurs articles qui comparaient les politiques fiscales des pays de l’UE.

Les États-Unis peuvent faire évoluer leur déficit public sans grand dommage grâce au dollar et alléger la pression fiscale sur les sociétés. Trump joue donc sur un double allègement fiscal sur les entreprises et les particuliers. Il faut comprendre que c’est l’allègement de la pression fiscale sur les particuliers qui booste surtout la croissance en France, celui sur les entreprises se traduit d’abord par une augmentation du déficit public. Les entreprises, non ou peu exportatrices, qui paient l’impôt en France, ne voient pas leur marché progresser si le pouvoir d’achat des consommateurs a tendance à baisser. On entre alors dans un cercle vicieux. La plupart des pays européens, qui ont vu leur PIB/habitant et leur chômage s’améliorer plus que la France, ont diminué la pression fiscale sur les particuliers. Ce dogme du « tout pour l’entreprise », qui ne profite qu’aux lobbies apatrides dont l’influence rend Bruxelles captive, est mortifère pour 90% de la population française dans le double carcan de l’euro, et de l’UE. Cette politique ne date pas d’aujourd’hui mais elle prend un virage encore plus marqué sous Macron. Regardons par exemple les chiffres publiés en milliers sur les demandeurs d’emploi en France depuis la prise de fonction de Hollande en mai 2012.



On voit que Hollande a augmenté le chômage de plus de 25% durant son mandat. On serait prêt à donner un satisfecit à Macron pour une légère diminution du chômage sur 6 mois de présidence. Il faut cependant y regarder de plus près. D’une part si la catégorie « A » diminue, les catégories « B et C » augmentent donc le travail se précarise toujours. Mais contrairement à ce qui s’est passé sous Hollande, les catégories « D et E » diminuent. La diminution globale de 8.000 demandeurs est très largement comprise dans cette diminution. Autrement dit les contrats aidés et les formations sont en diminution constante, ce qui diminue le nombre de demandeurs d’emploi.

La légère baisse est donc illusoire. L’ensemble des catégories "A,B,C", représentant les demandeurs sans emploi ou à temps partiel, a augmenté de +55.200 demandeurs d’emploi, soit de plus de +0,94% ou +0,16%/mois depuis la prise de fonction de Macron. Il n’y a toujours pas de baisse du chômage sur les catégories "A,B,C" malgré tout ce que laisse penser le gouvernement et les médias aux ordres, même si la tendance haussière moyenne à 0,40%/mois sous Hollande, s’est un peu ralentie. Si durant les 6 premiers mois de la présidence Hollande la variation du nombre de demandeurs était de 0,93%/mois au lieu des 0,16%/mois pour la même période sous Macron, les 6 derniers mois sous Hollande donnaient une diminution de -0,11%/mois. Entre ces deux périodes contigües on pourrait dire que la baisse amorcée en fin de mandat par Hollande est terminée et repart à la hausse ! Donc Macron a encore tout à prouver.
 
La politique française donne dans un libéralisme 

Qui vend son âme au capitalisme mondial. 

Le double carcan de l’UE et de l’euro

Nous condamne à obéir et subir 

Jusqu’au moment où enfin

Le peuple comprendra 

Qu’il est trompé !
 
Claude Trouvé 
29/12/17