mercredi 28 décembre 2016

La France dans le grand enjeu mondial à venir (7ème partie)

Dans l’article précédent la question de l’augmentation provisoire du déficit public n’est acceptable que dans une politique agressive de relance de l’économie nationale à base de dévaluation de la monnaie, d’investissements publics dans les infrastructures et de soutien aux investissements privés dans la recherche et l’innovation. Il n’est plus acceptable de mener une politique d’austérité à base d’augmentation de l’imposition (revenus, sociétés, TVA et CSG) et de restrictions budgétaires dans le but d’atteindre un objectif de déficit extérieur de 3% ou moins d’ici 2018. Il est aussi illusoire et même un contresens de penser relancer l’économie par l’augmentation des heures travaillées qui augmente le chômage et diminue finalement le PIB. Notre problème français est la faiblesse de notre PIB/heure travaillée par rapport aux autres pays européens comparables. L’augmentation de la TVA ne peut qu’aggraver la situation en plombant la consommation intérieure, principal support de notre économie. De même la diminution des fonctionnaires, souhaitable à terme, n’est pas la priorité. C’est plutôt la meilleure répartition de ceux-ci vers les tâches essentielles en particulier celles touchant à la sécurité et l’enseignement où des investissements sont le plus nécessaires. Par ailleurs les sociétés, qui ont survécu après un sévère écrémage, ont réussi à rétablir des marges correctes. Il faut donc retrouver des marchés par le pouvoir d’achat (politique de la demande), et rendre nos produits plus compétitifs et mieux ciblés (politique d’offre à l’extérieur). Les aides par crédit d’impôt ou la baisse des charges ne sont plus une priorité par rapport aux autres leviers possibles de la relance.

Par ailleurs la fermeture de nos frontières et le rétablissement de droits de douane ciblés doit permettre de faire renaître des secteurs d’activité perdus tournés d’abord vers la consommation intérieure, ce qui a pour effet de diminuer les importations. L’équilibre du commerce extérieur s’obtient de deux façons, la diminution des importations et l’augmentation des exportations. La diminution des importations par une diminution du pouvoir d’achat du consommateur est une mauvaise situation, c’est ce qui se passe actuellement quand le pouvoir se réjouit de la baisse du solde négatif du commerce extérieur. La bonne situation c’est celle qui constate la diminution des importations par le retour de la fabrication des produits chez nous. La diminution actuelle de nos exportations, hors quelques à-coups de gros contrats dans la marine, l’aviation entre autres, ne peut être stoppée que par une compétitivité retrouvée. Celle-ci ne se contente pas de quelques % d’amélioration, que l’on peut encore trouver dans la productivité ou l’aide aux entreprises, mais d’un réel bon de 15% ou plus. 

Si la politique extérieure a désormais une influence primordiale sur notre économie (monnaie, frontières), on ne peut dissocier la politique économique de la politique sociale (chômage, santé, famille, retraite, aide aux plus démunis) :
 
Chômage.

L’aide aux chômeurs est un pis-aller lorsque celle-ci dure. Le but à viser est de réduire les chômeurs de longue durée. Il y plusieurs pistes à explorer. D’abord la diminution du chômage global par la relance de l’économie obtenue grâce aux mesures précédentes. Ensuite une formation qui accompagne cette relance et une législation favorisant la mobilité des salariés jusqu’au statut d’autoentrepreneur. La formation des adultes doit être supervisée et principalement financée par les demandeurs, donc par les entreprises pour le secteur privé. Une autre manière de lutter contre le chômage est l’investissement public en priorité sur les infrastructures et la recherche de pointe sur la génétique, le nucléaire (où nous avons une antériorité, une connaissance de premier ordre et des possibilités énormes de progrès dans la production d’énergie), et tout ce qui concerne l’infiniment petit et l’infiniment grand. Stopper la gabegie en cours avec les énergies renouvelables (EnR) laisse des possibilités de financement de l’ordre de 25 milliards. L’Allemagne a déjà dépassé les 500 milliards dépensés dans ce domaine. Il faut bien convaincre l’opinion que les EnR sont des énergies non gratuites, intermittentes et de ce fait polluantes. 1 kWh produit par les Enr entraîne automatiquement, par suite de son intermittence, 1 kWh produit pas les centrales thermiques (gaz, fuel et charbon). Par contre les infrastructures portuaires, routières, ferroviaires sont à développer ainsi que tous les réseaux permettant la transmission rapide des informations. Par contre la création de lignes de cars longue distance par Macron est une concurrence de plus à la SNCF déjà en déficit chronique, et d’autre par un accroissement accidentogène du trafic routier ainsi qu’une pollution atmosphérique supplémentaire. Notons encore le message de désinformation du pouvoir sur les chiffres du chômage. Le nombre de chômeurs toutes catégories est le même en novembre que celui d'août soit 6,238 millions !

Famille.
La France importe des compétences étrangères qualifiées pour compenser des manques par rapport aux besoins, ou des compétences de bas niveau dont les charges sociales sont payées au tarif des pays à bas salaire. L’Allemagne pâtit de son absence de politique familiale. Les mesures de suppression du quotient familial sont très dissuasives à la création d’enfants. La modulation des allocations familiales en fonction du revenu des parents est aussi une erreur. Leur apport se dévalue de lui-même au fur et à mesure du revenu des parents dont les conditions de vie augmentent les dépenses pour les enfants. Par contre la limitation de la progressivité en fonction du nombre d’enfants peut être en même temps incitatrice et modératrice et cette mesure d’économie est contraire à l’impératif démographique car la fécondité des françaises de souche ou assimilées est nettement en dessous du chiffre fatidique de 2. La dégressivité appliquée au-delà de 3 enfants permet de signifier que l’Etat n’aide qu’en fonction de ses besoins. Le nombre de 3 enfants par femme assure plus que le renouvellement des générations. Ceci permet de limiter la procréation forte chez les migrants musulmans, ce qui risque d’avoir des conséquences irrémédiables sur l’identité française. L’affirmation d’un volontarisme fort dans la politique familiale est un impératif de survie. 

Santé.
Une tendance nette se profile vers la privatisation de la Sécurité Sociale en particulier pour les dépenses de santé. Il s’agit là d’un service public, dont le principe est l’égalité pour tous devant le coût de la santé. Il a été créé à une époque de consensus populaire où De Gaulle a joué la plus grande part. Si le principe de bonne gestion des deniers publics est de règle dans les dépenses de l’État, garant en dernier ressort de la gestion faite par les syndicats, celui du profit est la règle du secteur privé. Les deux sont difficilement miscibles, c’est comme l’huile et le vinaigre. Il importe donc de répondre à la question suivante : le désengagement de l’État qui procure des économies sur le déficit est-il souhaitable ? La France est un pays où l’on consomme le plus de médicaments par habitant, c’est donc une raison pour que le coût total soit lourd. Le cri de victoire du gouvernement sur la branche maladie où le déficit est ramené à 2,6 milliards est à prendre avec des pincettes. Nous en parlerons dans le prochain article avec les objectifs à viser. 

Réduire les dépenses en diminuant le service public

Ou en augmentant les impôts et taxes 

Est la vieille politique d’austérité

Qui met la Grèce sous tutelle. 

Que proposent-ils d’autres ?

La même chose en pire. 

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon