vendredi 22 juillet 2016

Et si Trump nous évitait une guerre mondiale ?



Il n’y a pas de diable plus retord, de tyran plus affamé de la conquête de l’Europe, que Vladimir Poutine. Cet « ennemi », désigné numéro un, a montré ses talents en Crimée et il s’est acoquiné avec le boucher Bachar el-Assad. Il mérite bien que l’on soutienne, les Tatars pour qu’ils sèment le trouble à Sébastopol, Porochenko qui continue à pilonner d’obus la république de Donetsk pour ne pas vouloir abandonner la langue russe, et Erdogan, grand promoteur de la démocratie et de la liberté d’expression, qui a supporté sans rien dire le flux de réfugiés poussé par Daech et s’en débarrasse moyennant finance. Il n’y a pas plus benêt, plus idiot, plus rustre, plus frustre, plus dangereux pour l’Europe et le Monde, que Donald Trump. Cet inculte qui ne sait même pas trouver la Suisse sur la carte, alors que notre ministre des Affaires Etrangères promène sa culture géopolitique dans la confusion entre Bachar el-Assad et Sadam Hussein. Ce grossier personnage a même le front de vouloir tisser des relations non agressives avec la Russie, de ménager Bachar el-Assad et d’établir un Etat palestinien à Jérusalem Est. C’est ce que nous assènent tous les médias mainstream, alors comment ne pas le croire puisque c’est le message de la « pensée unique ». Elle ne peut pas d’ailleurs être autre chose qu’unique puisqu’elle vient d’un seul et unique canal, l’oligarchie mondiale, celle du mondialisme à outrance jusqu’à la création d’un monde unique adorant le Dieu de l’argent.

Ne pas voir que tout est fait pour faire sortir la Russie dans un piège à ours, lui faisant commettre l’irréparable ou jugé comme tel, c’est ne pas s’intéresser aux évènements du monde ou se contenter du journal TV de 20 heures. Depuis longtemps les journalistes n’égrènent que des faits divers, les ragots pris dans les ministères et leurs cabinets, les dépêches de Reuters et focalisent principalement sur les évènements porteurs de peur et d’angoisse. Les commentaires sur les attentats ne sont que la transcription des porte-paroles des autorités politiques et juridiques. On interroge, on lit des dépêches des grandes agences et on invite les politiques qui dévident des lieux communs au mieux, des âneries au pire. Nulle investigation, nulle réflexion de fond en dehors des luttes politiques internes et de ce qu’ils doivent dire pour perdurer dans leur emploi. Le journalisme d’investigation doit se résoudre aux réseaux d’internet, à des livres encore non censurés, et à quelques publications ou émissions à faible diffusion. 

Cette agression permanente, cette campagne de déconsidération de la Russie, n’a qu’un but, désolidariser définitivement la Russie de l’Europe et éviter la construction d’une Eurasie dotée d’une puissance militaire, économique et finalement monétaire qui rendrait non seulement rendrait caduc le projet de la gouvernance mondiale sous tutelle américaine mais accélèrerait  aussi la décadence en cours des Etats-Unis. Un simple coup d’œil sur une mappemonde montre clairement qu’un très grand continent peut naître avec le rattachement de l’Afrique à l’Eurasie. Aucune mer, aucun océan ne nous sépare. C’est-à-peine si la Méditerranée peut juguler le flux migratoire. Dans ce contexte de provocation permanente, de double-jeu de l’Occident, la paix ne tient qu’au calme, et à la clairvoyance de Poutine et de son armée, soutenues par un élan national fort derrière son leader. La Russie a aussi des personnages qui attendent un échec de Poutine et, comme pour tous les pays des « printemps », là-bas aussi l’Occident attend l’occasion, l’étincelle, pour mettre le feu dans un pays trop fort sur l’échiquier politique.

Poutine ne veut pas une guerre frontale avec l’Occident, c’est-à-dire l’OTAN. Certains pensent qu’il attend que son armée soit au niveau nécessaire pour envahir l’Europe. Ce climat de méfiance ne résiste pas à l’analyse de la fine stratégie de Poutine. Il crie haut et fort ne pas vouloir la guerre, ce que l’on n’est pas obligé de croire. Mais il montre qu’il résiste aux provocations et n’envenime jamais les évènements qui l’agressent. Pourtant un avion civil et un avion militaire ont tué des russes intentionnellement, comme vient de le révéler Erdogan en s’excusant pour l’avion détruit et le pilote tué. La Russie est en reconstruction économique. Elle a deux fers au feu. Elle doit continuer à développer ses industries et pas seulement dans l’industrie lourde, militaire, aéronautique ou aérospatiale mais aussi dans les industries fournissant des biens de consommation pour s’assurer une indépendance suffisante de l’Occident. Ensuite elle sait qu’elle est une grande pourvoyeuse de matières énergétiques et minières. Or son marché est principalement tourné vers l’Europe, même si celle-ci tend à vouloir se servir ailleurs obligeant la Russie à se tourner vers la Chine. Une guerre qui laisserait la Russie gravement touchée même en cas de victoire, sans parler des énormes pertes humaines, n’est nullement dans l’intérêt de la Russie. Celle-ci ne vit plus en autarcie comme l’URSS, elle a besoin de la paix. 

Mais il y a un autre élément qui milite en faveur de la paix, c’est les objectifs des BRICS et du traité de coopération de Shangaï où il n’y a aucune intention belliciste et où la souveraineté des pays est garantie. Toutes les cartes ne sont pas dans la même main, aucun pays ne domine l’autre même si l’avenir n’est jamais sûr. Il n’en reste pas moins vrai que la porte de l’Europe lui est fermée et que les troupes de l’OTAN ne cessent de monter en nombre et en puissance aux frontières de la Russie. Les navires de guerre américains sont en mer Noire, mais ils sont aussi en mer de Chine. La tenailler américaine cerne totalement l’Europe de l’Est et l’Asie et la Chine montre son désir de ne pas céder aux injonctions américaines sur les îlots contestés.

La politique extérieure d’hégémonie de Bush par le chaos a été reprise par Obama et même poussée vers la guerre par Hillary Clinton. La vérité sort sur la Syrie où l’insurrection contre le pouvoir a été portée en avant par les Etats-Unis. La raison est le refus de Bachar el-Assad de laisser passer le pipeline qatarien sur son territoire. A l’inverse Donald Trump demande de cesser les guerres extérieures et de se mêler de tout sous de faux prétextes. Il demande que son pays se consacre à rétablir l’ordre intérieur, l’économie, et lutte contre la pauvreté. Il faut que cesse la politique du chaos, or elle est l’œuvre des États-Unis. Or on perçoit en particulier en Syrie qu’il y a un peu de discordance entre le pouvoir américain et son armée. Quand Poutine insiste pour que les forces de la coalition et en particulier américaine coordonnent leurs actions, il se heurte à la diplomatie américaine mais on sent qu’en réalité sur le terrain les choses avancent grâce aux contacts entre les militaires. 

Si l’on rapproche cela de l’intention de rétablir l’ordre, la justice et de barrer la route à tous ceux qui se servent du chaos pour s’enrichir, en redonnant la main à l’armée et aux services de renseignement, on peut penser que des forces antagonistes à la politique Obama-Clinton sont en train de mettre un frein à celle-ci. Le rapprochement possible avec la Russie dans un climat différent, voulu par Trump, serait un signe positif pour la paix. Il reste à définir vers qui l’Europe veut se tourner : à l’Est ou à l’Ouest comme aujourd’hui ? Le chaos mis avec la guerre contre le djihadisme, qui exacerbe une guerre religieuse contre l’Occident alors qu’elle était au départ intra-musulmane, fait, qu’avec Trump, elle pourrait se réorienter vers l’Est où la menace du djihadisme est aussi présente. La théorie du chaos a ouvert la boîte de Pandore. La guerre pour mettre un califat en Europe et rendre l’Europe musulmane ne peut que générer une guerre portée chez nous comme nous sommes allés chez eux. Le départ du Royaume-Uni est un fait majeur car il signifie un rapprochement des défenses américaines et britanniques comme l’a déjà dit son ministre de la défense. La politique anglo-saxonne peut être renforcée vers la guerre ou la paix suivant le candidat américain qui accèdera au pouvoir. 

L’Europe est à un tournant de son histoire 

L’élection américaine la concerne

Et la France vassale espère 

Continuer à provoquer

La guerre mondiale ! 

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon