mercredi 13 juillet 2016

Après le Brexit, où allons-nous ?

Le Royaume-Uni a choisi une nouvelle chef de gouvernement dont on peut penser qu’elle va malheureusement continuer la politique du mondialisme, et de la primauté de la finance sur le peuple. La victoire du peuple britannique sera de courte durée et la restriction des libertés, en particulier d’expression, va se mettre à l’œuvre pour empêcher toute sortie de la route qui sera tracée. Les textes de loi déjà prévus en sont l’illustration. Mais l’important du vote anglais c’est de montrer aux peuples européens qu’il n’y a pas de fatalité à rester dans l’UE malgré les déclarations de Juncker. On peut sortir de l’UE et de l’OTAN, c’est une question de volonté des politiques et quand ceux-ci s’y refusent, c’est une question de révolte des peuples démocratiquement ou par la force des fourches comme en 1789. On ne remerciera jamais assez les britanniques d’avoir montré la voie à suivre même s’ils vont être provisoirement floués et même s’ils n’ont fait qu’aider le plan de l’oligarchie mondiale.

Désormais le bloc de l’UE est fissuré mais non pas dans un magma civilisationnel et cultuel sans racine liée à l’histoire des peuples et sans patrie, mais au contraire dans une reprise de conscience des identités historiques. La bouillie de peuples à laquelle aspire la finance pour pouvoir l’absorber plus facilement va présenter des grumeaux qui font être difficiles à digérer sans employer la force. L’arrivée de forces américaines sous le couvert de l’OTAN en Europe et dans l’optique de défense (ou d’attaque) contre la Russie) n’est pas étrangère à l’idée d’une force de sécurité intérieure. L’Europe va devenir une cocotte-minute où d’une part l’immigration massive doit créer un sentiment d’insécurité et d’hésitation à bousculer l’UE et l’OTAN, mais d’autre part un climat de résurgence des esprits nationaux. Les deux peuvent se télescoper et le résultat c’est la lutte contre les pouvoirs européens établis et la guerre civile.
 
A ce mouvement du peuple britannique de sortie de l’UE, mouvement qui était dans l’intention du gouvernement de ce pays de toutes façons, la construction européenne telle qu’elle se développait à Bruxelles ne lui convenait plus, conforte la révolte des peuples européens. D’ailleurs  les Autrichiens vont devoir voter à nouveau pour le deuxième tour de leur élection présidentielle, et ce peut être une nouvelle secousse. Mais il s’ajoute la probabilité de faillite des banques engrossées d’obligations pourries pour avoir joué avec de l’argent facile, une monnaie de singe distribuée à gogo par les banques centrales. Les banques de deux pays sont particulièrement visés, l’Allemagne et l’Italie. Mais cette dernière n’a pas les reins aussi solides que l’Allemagne et le séisme suivant pourrait bien être l’Italie. 

Charles Gave publie un graphique particulièrement intéressant sur la production industrielle italienne et l’évolution du taux de change Italie-Allemagne depuis 1978 puisque nous sommes passés à l’euro avec une équivalence initiale au mark soit du 1 pour 1. Je me permets de citer ses commentaires : « De 1978, début du graphique, à 2000, la Livre Italienne dévalue vis-à-vis du DM de façon constante, passant de 400 lires par DM à 1000 Lires par DM entre 1978 et 2000. Pendant cette première période, la production industrielle Italienne passe de 65 (échelle de droite) à  100, soit une hausse de plus de 50 %, dont il faut souligner qu’elle est supérieure à la hausse qu’a connue l’Allemagne pendant  ces années… Et oui, pendant 25 ans les entrepreneurs Italiens ont taillé des croupières à leurs concurrents Allemands  (Je ne montre pas la production Allemande sur ce graphique qui elle est passée de 100 en 2000 à 115 en 2016). » L’analyse de cette première période montre tout simplement que si elle est justifiée et conduite intelligemment la dévaluation de la monnaie peut être particulièrement salutaire pour l’économie. Ceci taille en pièces tous les arguments contre une sortie française de l’euro, significative d’une dévaluation, d’ailleurs de l’ordre au plus de 15% probablement. Mais continuons.
 
« En 2000 arrive l’Euro qui bloque  le taux de change entre les monnaies des deux pays (la ligne bleue devient plate)  et qui donc expose les entreprises Italiennes à la concurrence Germanique sans que celles-ci puissent compenser les faiblesses de la gouvernance Italienne. Depuis cette date, la production industrielle Italienne a baissé en TERMES ABSOLUS de plus d’un cinquième et est de retour là  où elle était en …1987. De fait, l’Italie est en dépression depuis au moins 2007 si ce n’est 2000 et du coup la situation économique y apparait comme absolument catastrophique. » La démonstration est sans appel et cela a pour conséquence d’amener l’Italie dans une situation catastrophique avec plus de 130% de dette publique par rapport au PIB, 40% de chômage chez les jeunes. A ceci s’ajoute une baisse de 66% depuis le début de l’euro dans l’indice boursier italien, dont le rôle est de mesurer la rentabilité du capital investi. Les cours des banques Italiennes s’effondrent les uns après les autres, la dernière en date étant Uni Crédit, l’une de plus importantes. 

Mateo Renzi a décidé de proposer un referendum en Italie en Octobre de cette année portant sur des questions constitutionnelles et il a précisé que si le vote était négatif, il se retirerait. Vu la montée de protestation populaire et le fort taux d’envie de sortie de l’euro, on peut penser que l’Italie peut être le second poids lourd qui va provoquer un nouveau séisme. N’oublions pas que l’Espagne, qui considère toujours que l’UE lui est toujours profitable grâce à son apport positif, est à la croisée des chemins et va devoir faire un nouveau tour de vis pour conserver cet avantage. On peut penser que celui-ci ne va pas conforter la position des partis libéraux favorables à l’UE. Il y a aussi le Portugal qui est très fragilisé et qui est sous la menace de nouvelles mesures d’austérité ou de sanctions de l’UE. La France présente un budget 2017 maquillé pour éviter le chiffre symbolique de 100% de dette par rapport au PIB. Les pays du club Med creusent l’écart avec les pays du nord, Belgique exclue.

A contrario, l’apocalypse du Brexit prédit par les européistes va faire pschitt comme le montre le graphique donnant la baisse de la livre et la variation du pouvoir d’achat. Malgré le Brexit on voit que la livre se réévalue par rapport à l’euro depuis la crise en 2009 et que le pouvoir d’achat reste au niveau de 2011. Enfin la panique annoncée de la City a vite été jugulée par l’intervention de la Banque d’Angleterre et le rebond est spectaculaire. Il est vrai que l’introduction de monnaie de singe dans la spéculation n’est pas souhaitable mais c’est ce que pratique la BCE, la Fed et la Banque du Japon. C’est donc un autre problème. La conclusion est donc sans appel, la sortie de l’UE est possible. Non seulement l’argument du catastrophisme n’a aucune justification mais bien au contraire cela libère l’économie des pays par ajustement des monnaies. Il ne faut pas se laisser abuser par la réussite de l’Irlande avec 26,3% de croissance dans la zone euro car l’UE lui a fait bénéficier du droit du plus faible taux d’imposition des sociétés. Il a ainsi vu arriver une multitude de sièges de sociétés qui alimentent le budget. C’est une croissance en grande partie artificielle. 

Le Brexit ouvre une ère de soubresauts sismiques

Qui peut ne laisser qu’une dépouille de l’UE. 

Il confirme que la sortie est très possible

Même si l’indépendance des peuples 

Restera encore à conquérir. 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon