samedi 9 juillet 2016

L’Europe du Sud sombre dans la Méditerranée



La mer est bleue, la France prend des coups de soleil avec la tête en fête dans l’Euro 2016. La France va mieux, les vacances calment les esprits et la loi El Khomri va faire son aller-retour au Sénat avant que nos parlementaires quittent l’arène. Les candidats de 2017 vont parcourir nos plages en promettant monts et merveilles. Maintenant que la courbe du chômage marque une pause, politiques et médias serinent que les voyants sont au vert. D’ailleurs on a de l’argent, emprunté en monnaie de singe, que l’on peut facilement compléter en vendant notre patrimoine, comme l’aéroport de Lyon, après celui de Toulouse. La France va mieux nous dit Hollande qui vient de falsifier les comptes en reportant sur 2018 ce qui aurait dû figurer au budget 2017 pour présenter ses comptes dans les clous à Bruxelles. On veut ainsi éviter ce qui arrive au Portugal et à l‘Espagne dont les comptes ne sont pas avalisés par Bruxelles et pour lesquels Pierre Moscovici va se faire un plaisir d’appliquer la sanction de 0,2% du PIB. Ce technocrate, ancien Ministre des Finances, a oublié les comptes qu’il a présentés en demandant des dérogations à Bruxelles, acceptées parce que c’était la France, « too big, too fail », a dit Merkel.

Un intrus irresponsable a osé dire que la France était en faillite. Décidément il y en a qui s’ingénient à saper le travail d’un gouvernement qui remet la France dans les rails, quitte à farfouiller dans les comptes de la Nation pour éviter que la dette atteigne 100% du PIB ; 99,9% c’est mieux comme le savent tous les commerçants. Réjouissons-nous nous ne devrions pas sombrer les premiers parce que pour le Portugal et l’Espagne c’est mal parti ; ils sont dans l’œil du cyclone, celui de Bruxelles dont la tutelle va se faire sentir en imposant plus d’austérité et plus de poids sur les impôts et plus de coupes sombres sur les retraites et les prestations sociales. Nous nous avons des banques soi-disant moins fragiles que les banques italiennes, encore que la Société Générale ne brille pas dans ce domaine. Ce n’est pas le cas des banques italiennes sauvées pour six mois par un apport de plus de 150 Mds€ de la BCE en attendant le référendum sur la suppression du Sénat qui risque d’emporter Mateo Renzi. Tous les référendums sont désormais perdus par leurs initiateurs, ce qui explique qu’ils sont rares. L’Italie a prêté sa garantie au Mécanisme de Stabilité Européen, organisme indépendant sans élu et sans tutelle, or elle en est à plus de 120% du PIB de dette publique. L’Italie est donc suspendue au sauvetage des banques qui est loin d’être acquis définitivement.

Si le Portugal qui souffre peut se préparer à souffrir encore plus, si l’Espagne est sans gouvernement, proche d’une dislocation interne et sous menace d’austérité plus grande, si l’Italie est en grand danger, la Grèce est à l’agonie. La Grèce n’est plus qu’une dépouille qui vend ses entrailles aux rapaces. Un projet de loi omnibus [c’est-à-dire portant sur divers sujets pas forcément reliés entre eux] de 7 500 pages vient d’être adopté, sans aucun débat parlementaire, transférant le contrôle sur tous les biens publics du pays à un fonds contrôlé par le Mécanisme de stabilité européenne (MSE) pour les 99 prochaines années. Vous ne le saviez pas ? Moi non plus. C’est pire que mettre ses bijoux chez ma tante, 99 ans c’est comme pour toujours. Entendez bien, il s’agit de toute l’infrastructure publique, ports, aéroports et ressources naturelles, tous passés sous le contrôle du MSE, organisme indépendant de toute instance parlementaire ou élue. 

Mais ce n’est pas tout. Le Parlement grec s’est également privé de droit de vote concernant l’établissement du budget national et des lois fiscales, ce droit est transféré à l’Union européenne. En effet si les objectifs fiscaux définis par l’UE, le FMI et le MSE ne sont pas atteints, celle-ci activera des coupes automatiques sans débat parlementaire. Elle pourrait ainsi tailler dans les dépenses sociales, les salaires et les retraites. On a largement dépassé le stade de la soumission du budget à l’approbation de Bruxelles comme c’est encore le cas en France. On est plus proche de la Loi des pleins pouvoirs accordé à Adolf Hitler en 1933. Il s’agit d’une véritable mise sous tutelle, d’un vrai phagocytage de l’État grec par l’UE. L’État grec n’existe plus en tant que tel, Alexis Tsipras a vendu son pays, il a vendu son âme au diable mondialiste. Il avait pourtant déjà fait voter  des réductions des pensions, tout en augmentant les impôts presque entièrement automatiquement avec un effet sur les couches les plus pauvres de la société. Cela n’a pas suffi.

La retraite de base a été abaissée à 345 euros par mois, les pensions complémentaires aux personnes pauvres ont été supprimées, la taxe sur la valeur ajoutée de beaucoup de produits de base a été élevée à 24%, le nombre de ménages ayant droit à des subventions pour le fuel de chauffage a été réduit de moitié, alors que les taxes sur le pétrole et le carburant ont de nouveau été augmentées, les participations sur les prescriptions de médicaments couvertes par l’assurance maladie publique ont été relevées de 25%, les contributions des salariés à la caisse de sécurité sociale ont été augmentées (réduisant efficacement les salaires), des taxes spéciales ont été introduites sur le café et les boissons alcoolisées, tandis que les petites entreprises en difficulté en Grèce ont vu leur taux d’imposition passer de 26 % à 29 %. 

Ce que vit la Grèce, c’est ce qui se prépare dans l’Europe du Sud où tous les pays sombrent plus ou moins vite. C’est la course à la disparition voulue de ces Etats par la perte de leur souveraineté. Le gouvernement grec avait, en effet, renoncé à sa souveraineté nationale plus tôt cette année lorsque, dans le cadre de l’accord entre l’UE et la Turquie sur la crise des réfugiés et des migrants, la Grèce avait accepté sans condition la présence de navires de guerre de l’OTAN et de personnel de l’armée et de la police turques dans la région de la mer Égée, tandis que le ministre grec de la Défense, le patriote Panos Kammenos, avait publiquement proposé la construction d’une nouvelle base de l’OTAN sur l’île de Karpathos. Tsipras peut-il encore valablement discuter avec Poutine sur le pipeline Turkstream, qui doit passer par la Grèce, sans que l’argent escompté ne tombe entre les mains de l’UE, et sous le nez du peuple grec ?

Le peuple grec a été floué quand Syriza a fait fi du résultat du référendum du 5 juillet 2015, où une majorité écrasante (62 %) de votants a rejeté une austérité accrue. Tsipras a été accueilli dans la bande des chefs d’État  vendus à l’oligarchie mondialiste du Conseil européen, et étouffé pour lui voler son pays. Comme les autres, il s’y complait entre camarades, traîtres coupables de haute trahison dans leurs pays respectifs. Nous pouvons mesurer l’ampleur de l’enfumage auquel nous sommes soumis et la gravité du chemin sur lequel on entraîne notre propre pays. On est abasourdi par l’aveuglement dans lequel nous sommes, rendus silencieux par tous les moyens de persuasion jusqu’à l’endormissement par les jeux du cirque, COP 21 et Euro 2016 compris. On nous culpabilise par les attaques sur le Brexit, honteuse démarche démocratique. On nous persuade que la majorité des français veulent rester dans l’UE par des sondages truqués. On nous cache la misère dans laquelle se trouve la Grèce et sa perte quasi-totale de souveraineté. On nous englue dans le réchauffement climatique que toute une pléiade de scientifiques de renom conteste avec 770 publications dans le seul premier trimestre 2016. On nous cache la reprise des négociations de l’UE avec la Turquie. La situation de faillite dans laquelle se trouve la France est masquée, mais les banques prennent leurs dispositions pour faire face au pire en restreignant déjà la sorties d’argent… et notre épargne reste la poire pour la soif de gouvernements incapables de faire face à notre dégringolade ainsi qu’à notre soumission à l’UE de Merkel et à la BCE de Mario Draghi placé par Goldman Sachs. 

Profitons de ces vacances qui peuvent être encore heureuses.

La rentrée sera dure pour beaucoup de peuples européens 

Mais la France reste le pays le plus aveuglé de l’UE

Avec une classe politique d’incapables au mieux 

Et de traîtres de leur pays au pire ! 

Claude Trouvé 
Coordonnateur du Languedoc-Roussillon