dimanche 28 septembre 2014

Stop à l’argument de la justice sociale !

Toutes les mesures gouvernementales des sociaux-démocrates sont mesurées à l’aune de la justice sociale. Rien ne doit y échapper. Le manteau de justice qui les recouvre doit le faire entièrement avant de s’exposer aux regards du peuple. On va modifier les congés parentaux, les professions réglementées, les impôts, les retraites, etc. au nom de la justice sociale. Mon œil ! On va continuer à nous prendre pour des imbéciles et des pourvoyeurs de fric ! Alors je le dis tout net il y en a assez de cette argumentation hypocrite qui ne couvre que l’incapacité des gouvernants à donner à qui bon lui semble sans prendre chez ceux qui se trouvent les moins aptes à leur résister. 

Nous entrons dans un véritable jeu de massacre où les protégés du système, les politiques confortablement assis sur le consensus des autres protégés, à savoir fonctionnaires et secteur public en général, banquiers, financiers, ultra pauvres, marginaux, professions réglementées, etc. sont à l’abri de la lutte mondiale alors que le tiers restant des salariés du privé et du petit patronat supporte les coups de tabac du grand large. Les caisses de l’État sont plus que vides, il emprunte mais l’appétit du Grand Capital est insatiable et demande plus pour rentabiliser ses investissements. Le Medef est à l’œuvre pour le compte des grandes entreprises internationalisées qui sont celles qui émargent le moins dans le retour fiscal. Il faut trouver 41 milliards pour satisfaire ceux qui se disent les moteurs de l’économie. On oublie qu’ils ont déjà joué de l’immigration pour juguler la hausse des salaires et sur la flexibilité du travail sans diminuer le chômage. 

Peu importe il faut trouver l’argent nécessaire pour le miroir aux alouettes que le Medef met dans la balance. Alors on gratte sur les avantages sociaux comme le quotient familial, les retraites. On prend où la vox populi sera la moins audible. Quand on prend sur les protégés du système ce n’est pas sur le nombre de fonctionnaires, ni sur les régimes spéciaux qui n’ont plus lieu d’être, c’est trop risqué. On va stigmatiser une catégorie professionnelle dont on peut se douter qu’elle n’a pas une cohérence et un nombre qui lui donne une force suffisante pour résister. C’est le cas des professions libérales protégées qui ont le grand tort d’être parmi ceux qui peuvent épargner. On va les stigmatiser, les mettre à l’index au nom d’une justice sociale qui veut l’égalité des revenus… Ce n’est qu’un prétexte pour trouver 6 milliards selon Montebourg ! Il en est de même de la réforme des congés parentaux et de la réforme de l’impôt sur le revenu. La justice sociale a bon dos pour récupérer à chaque fois quelques centaines de millions. 

La justice sociale, mutée en égalité pour tous, est mise à toutes les sauces. Elle sert aussi bien pour le mariage pour tous, que pour le droit à élever des enfants de père inconnu dans un couple lesbien, et probablement pour les droits à la PMA et la GPA qui ne vont pas manquer de suivre, une fois que la situation de fait créée sera en voie d’oubli. Sur le plan fiscal c’est l’occasion de prendre dans les classes moyennes déjà très imposées pour redistribuer aux plus démunis. La justice sociale c’est donner l’occasion aux plus riches d’aller facilement mettre leur argent hors de France et une nouvelle raison de ponction de ceux qui travaillent à la richesse du pays et qui ne peuvent ou hésitent à partir à l’étranger... la classe moyenne des cadres, des techniciens, des gestionnaires, des petits patrons, des professions libérales et de santé, des paysans attachés à leurs terres, etc. 

La justice sociale, mutée en égalité pour tous, c’est à l’école la suppression des redoublements et des bourses au mérite. C’est le baccalauréat pratiquement pour tous et la manipulation des notes pour réaliser les quotas. C’est la recherche de son sexe indépendamment de celui fourni par la nature. L’unisexe est en marche car rien ne doit échapper à l’égalité pour tous. Dans le couple, le partage des tâches en fonction de leur spécificité est devenu une aberration de nos ancêtres. Le père et la mère doivent être indifférenciés, c’est pour cela que l’on peut avoir aussi bien deux pères ou deux mères… C’est du tout pareil ! 

Résumons-nous, l’État cherche de l’argent pour mettre dans le tonneau des Danaïdes ou pour le distribuer à ceux dont la puissance sur l’État devient la plus prégnante, celle du grand Capital, des multinationales et des grandes sociétés exportatrices. La classe ouvrière est en voie de disparition et le syndicalisme moribond, les salariés ont peur de perdre leur emploi et laissent filer petit à petit les avantages acquis, la famille peut être ponctionnée car la démographie est bonne (grâce à la fécondité des immigrantes), les professions libérales n’ont pas toutes la cohésion nécessaire pour exercer une pression paralysante pour l’État, les retraités n’ont plus l’âge de lancer des pavés. La voie est ouverte à la justice sociale qui veut que la classe moyenne paye pour ceux qui restent au pays.  


La justice sociale sert de pompe à fric 

Et à justifier toutes les lois sociétales

Sur le dos de la classe moyenne

Qui en a justement...

Plein le… dos ! 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon