jeudi 11 septembre 2014

Nos gouvernants aveugles et autistes pilotent toujours à vue



Au deuxième trimestre 2014, comme au premier trimestre, la croissance économique en France a été nulle et la prévision pour l’année est ramenée à 0,4%. Selon Eurostat la croissance sur 12 mois jusqu’à fin juin 2014 a été de 3,1% au Royaume-Uni, de 1,3% en Allemagne, de 1,2% dans l’UE, de 1,1% en Suisse, de 0,7 % dans la zone euro mais de 0,1% en France. Voilà de quoi contredire notre Ministre des Finances qui insinue que la situation exceptionnelle de crise est générale ! L’UE a progressé plus vite que la zone euro et cette dernière plus vite que la France. Deux conclusions s’imposent, l’euro n’améliore en rien nos affaires, bien au contraire, la France régresse par rapport à la moyenne de la zone euro. Nous devions retrouver l’équilibre budgétaire en 2015 selon Sarkozy, un déficit ramené à 3% en 2013 selon Hollande puis en 2015 et finalement en 2017, date commode puisque l’enjeu sera pour le prochain Président. 

Il va falloir arrêter de chercher des excuses ailleurs pour nos mauvais résultats, en particulier sur le dos de l’Europe. Nous avons signé les contraintes budgétaires que nous accusons aujourd’hui. Nous ne décollons plus la croissance mais nous augmentons la dette, ce qui fait que nous vivons d’emprunts. De plus les taux d’emprunt de la France sont désormais ridiculement bas et le poids de notre dette ne tient qu’aux pelletées de déficit que nous ajoutons chaque année. Les investisseurs semblent encore croire au tandem Allemagne-France et à la solidité de notre épargne qui peut combler la dette. Il n’y a pas de menace immédiate de voir  remonter des taux d’emprunt mais si nous avions un taux d’emprunt de 1% supplémentaire, comme en 2011, le déficit serait augmenté de 20 milliards. 

Pourtant rien ne sourit à la France, non seulement elle rate un début de croissance mais le PIB/habitant (censé représenté le revenu moyen dans nous pouvons disposer, donc le meilleur indicateur de la richesse d’un pays) régresse depuis 2011. La situation de l’Europe n’est pas fameuse par rapport à des économies sous perfusion comme les États-Unis, mais la nôtre l’est encore moins, un point c’est tout. D’ailleurs il faut se rendre à l’évidence, sauf saut technologique révolutionnaire, la croissance ne sera que celle due à l’augmentation de la productivité et à l’innovation, c’est-à-dire proche de 1%. Gagner 1% de productivité sans baisser les salaires est un challenge fort pour de nombreuses entreprises. 

C’est pourquoi il faut apprendre à gérer des budgets équilibrés, en serrant les dépenses au lieu d’augmenter les recettes fiscales, ce que l’on a oublié depuis quarante ans en France. Il faut cesser de se donner de l’air en affichant des promesses de croissance toujours trop optimistes. Il faut se décider à dresser les budgets sur une croissance au plus égale à la performance annuelle précédente. Il sera toujours temps de dépenser le bonus éventuel. Comme pour les arbres une taille annuelle du budget de l’État est nécessaire, il faut couper les branches mortes ou inutiles et raccourcir les pousses de l’année. Pour cela le rapport de la Cour des Comptes doit servir de livre de chevet et non de décoration sur les bureaux ministériels. Angela Merkel va réussir l’équilibre budgétaire en 2015, elle n’empruntera plus, nous toujours plus.

Les palinodies continuelles de Michel Sapin, où tout vient contredire ce qui avait été dit auparavant, ne cachent plus un désarroi et un manque de ligne de conduite de la politique française depuis le départ de l’augmentation de notre dette et de notre entrée dans l’euro. La Valls hésitation de notre Président, son manque de courage pour affronter les difficultés intérieures et Angela Merkel, ne font que précipiter les évènements. La crise morale de notre pays, en quête d’espoir et d’identité, l’impudence de nos politiques qui se croient au-dessus des lois, sont autant de facteurs qui déstabilisent les français et leur enlèvent l’espoir de contribuer au redressement du pays. Le salut de la France n’est pas en Irak, ni en Syrie, même si elle doit aider à sortir les chrétiens d’un massacre probable, pas forcément d’ailleurs en s’ingérant militairement dans ces pays en tant que valet des États-Unis. 

En 29 mois de pouvoir, en 29 mois de promesses de jours meilleurs, rien n’a changé. Rien n’a changé… sauf les impôts et taxes Ho llan de mains qui chantent. Des missions s’est chargé le Président élu, Démission doit l’en décharger puisqu’il a menti et failli. Le pamphlet, écrit début mai 2013, de mon ami Jacques Ouvert n’a pas vieilli 17 mois plus tard... Hélas !

 
Quand les aveugles pilotent à vue

Vous nous avez bien eus pour la présidentielle
Prônant le changement, aujourd’hui, maintenant.
Elle nous a bien eus la phrase sibylline
Car cocus pour l’instant, nous avons bonne mine.

Qui pouvait deviner dans votre boniment
Ce que voulait cacher ce prompt changement ?
On se laissait bercer de l’espoir de vos dires.
On constate aujourd’hui, changer c’est pour le pire.

On avait eu zombie, Sarkozy vibrion,
On a droit à Bamby, indolent papillon.
Mais rien n’a changé du côté des promesses
Le bonheur c’est demain, le refrain de vos messes.

Dès que le ciel se couvre, on crée la diversion
Et du référendum on a une aversion.
En lançant prestement pour tous le mariage
On compte parler moins d’impôt et de chômage.

Mais pour parler aux gens on a de de jolis mots
Car dire « austérité » ferait voir mille maux.
On préfère entonner la « rigueur budgétaire »
Vendue comme indolore, on n’a plus qu’à se taire.

Ils n’ont plus qu’un seul dieu, le dénommé « euro »,
Notre nouveau sauveur, la Valls du Ayrault.
S’en éloigner un peu et c’est la catastrophe
Et dans tous nos traités c’est la plus belle strophe.

Il déverse l’argent, comble les déficits
Il a le premier prix et non un accessit.
Et si cela va mal, ce n’est pas notre affaire
C’est la faute aux germains qui ne font que mal faire.

Ces monstres d’égoïsme ont pris l’austérité
Et font montre envers nous de trop d’autorité.
Il faut les mettre au pas et prôner la relance
Vivre dans la dépense, entre deux pas de danse.

Messieurs les gouvernants d’hier et d’aujourd’hui
Cessez de raconter «  ce n’est pas moi, c’est lui ».
Cessez de nous mentir sur vos budgets gribouille
Et allez au piquet avec la Hollandouille.

N’allez pas nous donner une nouvelle union.
Vous n’avez aucun plan, sauf prendre nos pognons.
De droite à gauche on voit que vous faites le pire.
Quand on est si mauvais, oui alors on se tire !

Démocratie violée, politique du sourd,
Et chômage record, votre bilan est lourd.
Parlement godillot, paroles de grand-messe,
Ne donnent que l’envie de vous botter les fesses !

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon