vendredi 12 septembre 2014

Le scandale des énergies renouvelables (1ère partie)

Au moment où Michel Sapin cherche deux milliards de plus pour boucler le budget 2015, au moment où le Président est accusé de n’aimer que les riches et ne va pas revaloriser les petites retraites comme promis, il est urgent de dénoncer le scandale financier et environnemental des éoliennes. Des centaines de fortunes se sont construites en quelques années avec le marché des éoliennes et des panneaux solaires, à coup de subventions, d’allègements fiscaux, d’enfumage médiatique, de compromissions et de pressions sur les particuliers et les élus. Qui paye ? Chaque consommateur d’électricité par la CSPE qui figure sur votre facture EDF et qui ne cesse d’augmenter. La première question à laquelle il faut répondre c’est : a-t-on besoin de plus d’électricité ? La réponse est NON ! La France est exportatrice d’énergie électrique. Alors comment justifie-t-on le fait de rajouter des sources d’énergie électrique verte ? 

Par trois arguments. Le premier est que les centrales nucléaires sont une menace catastrophique mortelle dont il faut sortir. Le second c’est que l’énergie nucléaire utilise des ressources minières épuisables au contraire des énergies renouvelables. Le troisième est que les énergies renouvelables ne polluent pas et surtout ne rejettent pas de CO2. Le premier argument permet de créer un déficit de production électrique par arrêt progressif des centrales nucléaires. Le second permet de créer une angoisse pour la pérennité de l’énergie nucléaire. Le troisième permet de rassurer la population sur la lutte anti-carbone et de contrer l’avantage de l’énergie nucléaire qui n’émet pas non plus de CO2. 

Il convient donc de rétablir la vérité. Le premier argument sécuritaire joue sur les peurs, argument pourtant d’autant moins bien reçu par les populations qu’ils vivent plus près des centrales. Aucun accident mettant leur vie en danger ne s’est produit depuis cinquante ans en France, deuxième puissance nucléaire mondiale derrière les États-Unis et première en pourcentage d’énergie électrique nucléaire par habitant. Comme dans toute industrie, il y a des incidents techniques ou humains constatés, recensés et déclarés même sur la partie non nucléaire des installations. Aucun n’a valablement mis en danger les populations environnantes à ce jour. Le risque zéro n’existe pas mais on ne peut s’en servir à tout bout de champ pour justifier un principe de précaution qui finit par dépasser le bon sens. 

Toute l’évolution scientifique et technologique va vers un abaissement de la probabilité d’accident et elle atteint en France un niveau tel que le risque d’accident nucléaire se trouve très en-dessous des risques de nombreuses industries chimiques. Souvenons-nous que l’accident chimique d’AZF à Toulouse a marqué les esprits et les corps pour longtemps avec 31 morts et 2.500 blessés. On doit aussi, en comparaison de Tchernobyl et de Fukushima, se souvenir de la catastrophe de Seveso en Italie en 1976 par épandage de dioxine, composant de défoliant utilisé pendant la guerre du Vietnam. Seveso fut alors considérée comme « la plus grande catastrophe depuis Hiroshima » et non plus seulement comme une « catastrophe environnementale ». Huit ans plus tard, en 1984, a eu lieu la catastrophe de Bhopal en Inde par dégagement de 40 tonnes de pesticides dans l’atmosphère de la ville. Elle fit entre 8.000 et 20.000 morts selon les différentes estimations dont 3.500 morts la première nuit et 300.000 malades. A-t-on, pour autant, arrêté de produire des pesticides ? Non, mais on a tiré des enseignements pour améliorer la sécurité, comme la directive Seveso.

Le second argument de l’épuisement de l’uranium, le combustible des réacteurs, ne tient pas la route pour de nombreuses raisons. La prospection de l’uranium est au ralenti parce que la production possible actuelle est surabondante. Les mines d’uranium sont dispersées sur tous les continents du globe et nous en avons même fermées en France parce qu’elles ne devenaient plus rentables avec la baisse du prix de l’uranium. Ensuite la combustion de l’Uranium produit du plutonium qui est réutilisable et réutilisé dans des combustibles dits MOX. Enfin il est possible de créer des réacteurs surgénérateurs qui économisent encore plus le combustible ou des réacteurs au thorium, minerai le plus répandu dans le monde. L’approvisionnement des réacteurs n’est pas le problème pour le siècle à venir où l’énergie nucléaire par fusion des isotopes de l’hydrogène reproduira l’énergie solaire comme y travaille les scientifiques du monde entier en France à Cadarache. 

Le troisième argument des énergies renouvelables est leur non-nuisance. Elles ne font pas mieux que les centrales nucléaires pour le CO2 mais vont arguer du fait qu’elles ne produisent pas de déchets nucléaires. C’est le seul argument où elles marquent apparemment un point. Le stockage des déchets nucléaires fait encore l’objet d’études et d’expérimentations mais les conditions optimales de stockage sont connues et la France, avec son usine de retraitement de la Hague, en a réduit considérablement le volume. C’est un problème technique et financier qui a des solutions économiquement jouables et respectueuses de l’environnement ainsi que de l’homme pour l’avenir. 

Après ce développement sur la fragilité de l’argumentaire des énergies renouvelables qui ne sont justifiées ni par le besoin d’un surplus d’énergie électrique, ni par l’épuisement des ressources minières, ni par un risque non acceptable du nucléaire (puisque l’on va néanmoins maintenir certains réacteurs en fonctionnement), il convient de mesurer leurs inconvénients et le coût de ce choix. L’arrêt du nucléaire au nom du principe de précaution, érigé en peur entretenue par les lobbies et l’écologisme idéologique, ne peut être que la seule raison de telles décisions politiques. Au nom de ce principe on peut aussi interdire les déplacements en voiture, en train et même en avion, qui sont beaucoup plus risqués pour l’homme… comme prendre de telles décisions pour les politiques. Nous verrons dans le prochain article pourquoi la décision de réduire le parc nucléaire au profit des énergies renouvelables est non seulement inutile et coûteuse mais est aussi un véritable scandale économique et environnemental.


Le choix des moyens de production de l’énergie électrique 

Fut l’une des grandes réussites de notre pays. 

A l’heure des économies indispensables 
 
L’erreur de stratégie peut être… 

Mortelle pour le pays ! 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon