dimanche 14 septembre 2014

Le scandale des énergies renouvelables (3ème partie et fin)

Nous avons vu dans les deux premières parties que la politique actuelle sur les énergies renouvelables (EnR) défiait le bon sens économique, car nous n’avons pas besoin d’électricité supplémentaire, qu’elle était plus chère et que ce surplus ne se justifie que par l’arrêt forcé des centrales nucléaires. Au passage il faut se souvenir que la France est dotée d’une Autorité de Sûreté Nucléaire, organisme créé pour être indépendant. Celui-ci a le pouvoir d’arrêter toute installation nucléaire pouvant présenter des défaillances qui altèrent son niveau de sûreté vis-à-vis de l’homme et de l’environnement. Cette autorité n’a jamais pris une telle décision, ni averti le gouvernement d’une prise de risque. Elle s’est contentée d’imposer des améliorations ou réfections tenant compte des enseignements du passé et des accidents nucléaires du monde entier

En résumé l’arrêt des réacteurs nucléaires qui permet leur compensation par les EnR est une décision purement politique. C’est bien pour cela qu’il s’agit d’un véritable scandale politico-économique. Le battage médiatique fait sur le danger du nucléaire et la solution d’une énergie verte non polluante et gratuite suffit à la poursuite de cette gabegie qui n’a que l’avantage d’enrichir de grosses sociétés et leurs actionnaires mais sur le dos du contribuable. Nous avons vu que cette énergie n’est en rien gratuite et même plus chère. Elle n’est de plus utile que dans la mesure où l’on arrête des centrales nucléaires. Les plus puissantes éoliennes terrestres ont une puissance de 6MW et ne produisent qu’un quart du temps. La puissance utile est donc de 1,5MW. Un réacteur nucléaire peut produire 1.200 MW pendant trois quart du temps soit une puissance utile de 900MW. Fermer un réacteur nucléaire c’est ouvrir le « champ » libre à 600 éoliennes, plus haute que la moitié de la hauteur de la tour Eiffel et espacées de 400msur une superficie de 92km2 soit les 9/10ème de celle de Paris ! 

L’indépendance que nous donnerait les EnR n’est qu’illusoire comme j’ai pu le démontrer dans des précédents articles. D’abord elles demandent l’utilisation de Terres rares pour leur construction. Or la production de celles-ci est détenue à 90% par la Chine. Les mines sont peu répandues sur la surface du globe et nous ne pouvons donc garantir notre indépendance. Les principaux constructeurs d’éoliennes sont aux États-Unis, en Chine, en Allemagne, en Inde, en Espagne et au Danemark. La production d’éoliennes par la France supporte difficilement la concurrence si nous ne faisons pas de protectionnisme, ce que Bruxelles peut dénoncer. 

Mais la désinformation va plus loin car elle fait ignorer à la plupart des citoyens les nuisances des éoliennes. Pour beaucoup d’entre nous, l’image de l’éolienne est encore celle du moulin de Daudet. La visite en Allemagne de parcs éoliens de plusieurs centaines de ces moulins serait de nature à donner une toute autre impression, de même que les champs couverts de panneaux solaires. Par ailleurs la taille des éoliennes qui va de 20m à 180m pour les plus grandes fait que leur proximité des villages dénature le paysage en surplombant très nettement les clochers. Par ailleurs elle demande un socle en rapport avec leur taille, socle très disgracieux hors sol ou demandant un socle en béton armé enterré. L’ordre de grandeur des quantités de béton est de 1.500 tonnes à terre et de 3.000 tonnes en mer. Leur durée de vie est d’une quinzaine d’années, alors que les États-Unis vont pousser leurs réacteurs nucléaires jusqu’à 60 ans. Leur démantèlement n’est pas gratuit (on parle de 500.000 euros) et à la charge du propriétaire. 

Mais l’accumulation d’éoliennes a aussi un aspect cumulatif sur les nuisances sonores (mécaniques et aérodynamiques). Quoiqu’en disent les constructeurs, la proximité des habitations suscitent de nombreuses plaintes sur ces nuisances. La fréquence des émissions placent une partie du spectre vibratoire dans les infrasons particulièrement nuisibles par leur longueur de propagation qui contourne les obstacles. Elles échappent évidemment à notre perception auditive. N’oublions pas non plus que les panneaux solaires ont aussi une durée de vie comparable aux éoliennes et que leur remplacement ne se fera sûrement pas avec les mêmes subventions qu’il y a quelques années. 

Enfin il faut détruire l’argument écologique de l’absence de nuisance sur la production de CO2. En dehors de celui produit lors de la construction des panneaux solaires et des éoliennes, ces deux productions sont intermittentes et assez aléatoires. Elles n’ont pas l’intelligence de suivre la demande d’électricité et peuvent même produire à contrario de celle-ci. L’adéquation à la demande nécessite l’utilisation de centrales thermiques qui ont l’avantage sur les réacteurs nucléaires de pouvoir démarrer ou s’arrêter très rapidement. Elles sont évidemment polluantes en CO2 entre autres. C’est pourquoi l’Allemagne qui renonce partiellement au nucléaire est dans l’obligation de rouvrir des mines de lignite et est le plus grand pollueur européen.

Ces EnR sont donc non indispensables en métropole, coûteuses, indirectement polluantes, payées par le contribuable et l’abonné pour les grandes entreprises françaises et étrangères. Elles n’assurent pas l’indépendance énergétique, ont des nuisances visuelles et sonores et ralentissent les progrès et la crédibilité dans un secteur commercial nucléaire de pointe qui place encore la France au premier rang mondial. Nous sommes là devant une imposture et un scandale financier qui détruisent notre paysage, nos moyens financiers et amoindrissent nos moyens de la recherche dans un secteur d’avenir dans lequel nous ne resterons plus leader bien longtemps avec la montée de la Russie et de la Chine, en plus des États-Unis et du Canada, dans la captation du marché des réacteurs nucléaires.
  
La France perd en compétitivité et dépense plus que prévu. 
Nous sommes dans une compétition internationale 
Où il faut d’abord compter sur nos forces. 
Arrêtons de les détruire par pures… 
Idéologie et politicaillerie ! 
Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon