jeudi 18 septembre 2014

La crise derrière nous, le pire devant !



Il n’y a pas si longtemps que le Président nous disait que le pire de la crise était derrière nous et que se dessinait des signes encourageants pour l’avenir. Quelques mois plus tard, le Premier Ministre en appelle aux sens des responsabilités des députés socialistes devant la situation catastrophique de la France, situation qui demande un traitement d’urgence. Ce traitement a été indiqué par le Président en janvier, il n’y a aucune raison d’en changer. A la limite on se demande alors pourquoi il fallait un vote de confiance avant le budget alors qu’il aurait dû être pris juste après la nomination de Manuel Valls. Ne cherchons pas, on n’en est plus à une contradiction, une volte-face, une approximation, un mensonge près dans ce mandat présidentiel. 

Personne ne pouvait prévoir dit Valls, sauf que c’est ainsi qu’a coulé le Titanic. Il revient au patron de sonder l’avenir et la responsabilité lui appartient plus qu’aux 7% d’illettrés de notre pays qui au passage ont leur plus faible taux en Bretagne. La différence est qu’en cas de naufrage, ce qui est notre cas, le Commandant disparaît volontairement avec son navire comme celui du Titanic. Nous nous sommes plutôt dans le cas du Concordia où le commandant lance quelques chaloupes à la mer et s’empresse d’y monter. Notre Président n’a pas vu venir ni l’écueil de l’euro dans le brouillard jeté sur la croissance anémique des pays du sud de l’Europe, ni le décrochage de l’UE par rapport aux autres grandes économies du monde. 

Désormais il voit que notre bateau France va droit sur un iceberg mais ne distingue toujours pas ce qui est écrit sur le drapeau à son sommet… « euro ». Ce ne peut être ce mot nous dit-il. Sans doute en forçant la vue il croit deviner « eu… phorie » mais il pressent tout-à-coup que le choc va être rude et il faut dans l’urgence manœuvrer la barre à droite puis à gauche pour tenter de ralentir le navire sur son aire. Un de ses lieutenants de vaisseaux a bien tenté de dire que si c’était l’euro il serait sage de tenter l’abordage de travers, le choc serait moins rude. On l’a mis aux arrêts pour ne pas perturber les marins qui sont à la manœuvre, ni les passagers qui dorment. 

Derrière le Titanic se profile le Normandie avec un ancien commandant, mis à ce poste pour sa connaissance des paquebots après un dernier voyage où le navire dans la tempête avait néanmoins perdu de nombreux marins. Lui non plus ne distingue pas le mot euro et n’entend pas changer de cap. Le même écueil les attend. Le choc pour le premier est imminent et le naufrage demandera quelques mois. Le choc pour le second suivra le temps de franchir quelques encablures.

Désormais le Commandant donne des ordres aux machinistes mais les commandes ne répondent plus. Les sirènes de notation vont retentir. Les plus gros remorqueurs sont lancés vers lui pour tenter de le dévier de sa trajectoire, pour le prendre en charge. Ils ont nom, BCE, FMI et UE. Munis de leur cassette à bijoux déjà de nombreux passagers de première classe ont mis à la mer les chaloupes proches de leurs cabines. Des passagers vigilants et hautement intelligents ont frôlé le danger et fait la même chose

La France est bien désormais la malade de l’Europe qui met la zone euro en danger et même l’UE par son poids économique restant. Tous les pays étrangers la regardent aller droit vers la catastrophe. La France dépense plus qu’elle n’engrange. Pour ce faire elle a généré l’une des plus hautes pressions fiscales de l’Europe puis emprunte le reste manquant. Sur une idéologie de justice et d’égalité poussée jusqu’à l’absurde, elle s’en prend au capital et le taxe plus que les autres nations. Le résultat est la fuite des capitaux, des cerveaux, le départ et la fermeture des outils industriels. La pression fiscale sur les entreprises et les salariés tarit en même temps la consommation intérieure et la compétitivité.

Il est désormais trop tard pour trouver une solution dans la politique de l’offre aussi bien que dans celle de la demande. Dans l'état actuel du pays, les deux échoueront. la relance de la croissance par l'augmentation de la dette conduit à se mettre en marge de l'UE et à voir nos taux d'emprunt remonter au-delà du supportable. L’austérité appliquée sur le peuple est destructrice et la rigueur budgétaire de l’État n’est jamais appliquée qu’à la marge. Un seul paramètre, la monnaie, peut donner un degré de liberté supplémentaire et relancer la compétitivité des entreprises laquelle diminuera le chômage et le déficit du commerce extérieur, augmentera les recettes de l’État.

Le matraquage des esprits depuis plus de quinze ans sur les bienfaits de l’euro et depuis sept ans sur le catastrophisme annoncé de la sortie de l’euro bloquent l’UMPS dans un carcan d’autistes incapables d’assumer leur erreur. Ils préfèrent faire sombrer la France plutôt que d’avouer. En plus de la lucidité et de l’humilité, sortir de l’euro demande du courage et là malheureusement on mesure la nullité de notre Président qui abaisse son pays au rang de puissance vassale des États-Unis, de l’Allemagne et des puissances de l’argent. Nous allons dans le mur et nous allons le payer cher d’autant plus qu’une autre menace se profile en plus sur notre pays pour notre proche avenir et nous en reparlerons prochainement.

Comme on ne résout pas la quadrature du cercle
  
Comme il y a des équations sans solution 

La France s’est ligotée elle-même 

Et ne veut pas se l’avouer ! 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon