lundi 15 septembre 2014

Menaces de guerre économique, inter et intra civilisationnelles

La complexité de la situation actuelle que ce soit en Ukraine ou au Moyen-Orient n’est due qu’au brouillage de cartes de la politique américaine avec ses interventions sur les régimes autoritaires et une politique délibérée du chaos. Nous quittons la période de rapprochements entre les peuples dans une paix globale centrée sur une économie d’échanges pour entrer dans un monde à nouveau divisé, clivé en camps bien déterminés à ne pas perdre la face. La concertation globale a laissé place à l’affrontement. Les sanctions, les embargos, les armes monétaires pleuvent comme à Gravelotte et sont plus que jamais liés au militaire. 

Il va de soi que cette utilisation de l’économie et de la finance est périlleuse quand elle arrive comme une brusque volte-face après le chant des sirènes de la globalisation. Si l’on ajoute à cela que les pays en difficultés intérieures, comme la France, trouvent dans des aventures extérieures une façon de détourner l’attention de leur opinion par une nouvelle focalisation des médias, on voit que le sentier de la guerre tous azimuts est de nouveau grand ouvert. En même temps que des pays sont menacés de dislocation comme le Royaume-Uni et l’Espagne avec le soutien discret de l’UE, de nouvelles ambitions de prééminence économique se font jour avec la Chine et la Russie et religieuse avec les rivalités entre le Qatar et l’Arabie Saoudite d’une part et le monde judéo-chrétien et l’Islam d’autre part. 

L’entrée en « guerre » des Etats-Unis en Irak et l’arrivée prochaine de l’OTAN en Ukraine dévoile la « réussite » de la politique du chaos et la montée de guerres locales de plus en plus nombreuses. La probabilité d’un conflit plus global s’en trouve renforcée. Les interventions en Afrique entre autres vont continuer à s’étendre et à impliquer l’ONU, donc les États-Unis, et particulièrement la France qui veut y sauvegarder ses intérêts économiques par la force militaire, dans un vieux réflexe colonialiste. La situation actuelle au Moyen-Orient révèle toute la complexité des affrontements où les amis d’hier deviennent les ennemis d’aujourd’hui et inversement comme avec l’EIIL et la Syrie. Les rivalités entre grandes interprétations du Coran se trouvent amenées à se confronter entre elles ou à s’allier à reculons contre un ennemi commun, c’est le cas de l’Arabie Saoudite et de l’Iran contre l’État Islamique dans un conflit intra-civilisationnel. 

Au milieu de tout cela le monde judéo-chrétien, prônant ou non la laïcité, découvre qu’il est lié par une civilisation qui a lutté pendant près de 1400 ans pour survivre. Le rejet de l’affirmer dans le projet de Constitution européenne nous revient en pleine figure et la glorification des bienfaits du multiculturalisme voit s’affronter les principes guerriers de la face djihadiste de l’Islam. Celle-ci, nourrie par l’argent et les armes déversées sur elle dans les conflits que nous avons suscités, aidés et armés, montre désormais sa puissance de nuisance et n’attend plus la lente invasion de peuplement de l’Eurasie. 

Les différents courants de l’Islam s’affrontent mais ils doivent éliminer toute civilisation qui pourrait encore fédérer des consciences, la civilisation judéo-chrétienne en fait partie et aucun quartier ne lui sera fait. Ceux qui croient encore que l’Islam modéré peut s’opposer aux extrémismes musulmans vont progressivement boire le calice jusqu’à la lie. Il n’est que de voir le silence, le mutisme des organes officiels du culte musulman et de l’OCI où sont représentés 54 pays musulmans du monde entier. 

Réfléchissons un peu. Le monde musulman est riche de la manne pétrolière. Il n’est que de voir les pans entiers de notre patrimoine français qui passent entre ses mains. L’EIIL est un problème de la civilisation musulmane. Pourquoi serait-il un problème de l’Occident ? N’est-ce pas à eux de le régler et de protéger les chrétiens, les Yézidis et toutes les minorités de l’Irak ? Notre effort ne serait-il pas de recentrer toutes les aides humanitaires, ONG, Croix Rouge, Croissant Vert, et de les accompagner vers ces populations ? Notre rôle ne serait-il pas de faire pression sur les 54 pays musulmans, représentés à l’OCI au sein de l’ONU et pas par la Ligue Arabe qui n’unit que 15 pays, pour qu’ils engagent eux-mêmes la lutte contre l’EIIL ? De quel droit allons-nous bombarder en Syrie alors que l’ONU ne nous y pas convié ? 

Notre intervention militaire n’est que l’expression de notre vassalité aux États-Unis et risque d’envenimer une situation complexe dont nous n’avons pas la maîtrise mais qui est de nature à fédérer contre nous les participants musulmans à une guerre intra-civilisationnelle. La sauvegarde de l’Occident ne tient qu’aux rivalités au sein du monde musulman, il n’est pas de notre intérêt de s’y mêler. Les chrétiens dits modérés montent au créneau quand ils constatent que leurs frères sont massacrés. Chacun de nous considère que c’est normal. Comment peut-on espérer qu’une grand partie des musulmans dits modérés ne prennent pas fait et cause pour des frères s’ils sont sous le feu de la guerre ? 

Comme le disait Philippe de Villiers, il n’y a pas l’Islam modéré d’un côté et l’Islam belliqueux de l’autre. Chacun mène le même combat de façon différente, le peuplement pour l’un, la guerre pour l’autre. Leur combat c’est l’expansion de l’Islam sur l’Europe, l’Asie et le monde entier. L’Unesco lance un cri d’alarme en dénonçant une guerre contre la culture mais nous entrons dans la phase armée d’une guerre de civilisation. 

Le refus de considérer que notre civilisation est menacée, 

Nos interventions militaires qui arment l’Islam, 

Notre laïcité et le culte du multiculturalisme 

Issus de la tolérance judéo-chrétienne, 

Vont se briser sur les réalités ! 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon