samedi 20 septembre 2014

Pourquoi changer de chef pour les mêmes erreurs ?


Même si les français ont de justesse renvoyé Nicolas Sarkozy grâce à l’apport de la communauté musulmane, est-il salutaire pour notre pays de le revoir manœuvrer pour reprendre sa place ? Si la communauté musulmane a facilement été soudoyée par François Hollande sur les conseils de Terra Nova, c’est qu’elle n’avait pas oublié des propos vexants comme le « nettoyage au karcher ». Elle est actuellement divisée entre la gauche et le FN, et le problème de l’immigration n’est toujours pas réglé. 

Nous avons un Président qui ne trouve goût au pouvoir que dans les opérations militaires où nos forces arrivent au bout de leurs capacités d’intervention. Nous louons des avions de transport pour nos troupes et nous n’avons que quelques drones d’observation alors que les drones armés sont l’une des avancées technologiques dans la guerre moderne. Notre ancien Président nous a envoyé en Libye avec les américains alors que son prédécesseur avait refusé d’aller en Irak quand le nouveau nous y renvoie. L’intervention libyenne est à l’origine de la déstabilisation de l’Afrique du Sahel et équatoriale qui a suivi. 

L’interventionnisme n’a pas généré la pacification. La Syrie est amputée de ses frontières, détruite économiquement mais le chef s’est fait réélire dans un vote sans ambiguïté. L’Afghanistan est toujours le siège d’attentats. Au Mali le problème des Touaregs n’est toujours pas réglé et nos soldats sont rentrés dans leurs casernes. Le terrorisme islamique se répand de pays en pays jusqu’au Nigéria. La Tunisie s’éloigne de plus en plus de la laïcité. La Libye est redevenue un champ de guerres tribales et a perdu sa santé économique. La politique d’ingérence derrière les États-Unis a marqué de lettres de sang l’ancien et le nouveau Président. Les deux ont remis les clés de notre défense entre les mains de l’OTAN, donc des États-Unis. Le Général commandant les forces de l’OTAN est américain. 

Sous Sarkozy la crise mondiale a frappé et la réaction par l’emprunt massif qui nous a gravement endettés ne s’est pas conjuguée par une grande réforme de l’État et une politique de rigueur budgétaire. Dès 2010, la France a constaté qu’elle en sortait plus faible que l’Allemagne. Aucun n’a résolu l’équilibrage des prestations sociales et des retraites. Les deux louvoient avec les trente-cinq heures hebdomadaires. Sarkozy s’est enferré dans la règle d’Or à Bruxelles alors que notre compétitivité ne permettait pas de retrouver la croissance, Hollande a suivi et n’a pas remis en cause les traités. 


Les deux ont rejeté la maîtrise de la monnaie et les deux ont vu le chômage augmenter, la désindustrialisation continuer. Les politiques sont les mêmes, différentes à la marge sur les orientations sociétales. On n’a pas vu l’UMP s’emparer réellement des slogans du Mariage pour tous, il s’est contenté de suivre mollement. Les deux ont appliqué une politique de sauvetage des entreprises en difficulté et non d’accompagnement de celles qui réussissent, exportatrices ou non. Les deux n’ont pas essayé d’alléger la pression fiscale. Les deux ont été attentifs au bien-être des banques et des grandes entreprises mondialisées qui redonnent peu à l’État mais beaucoup au monde politique. 

Les deux n’ont pas fait avancer le problème de l’immigration inexorable de peuplement d’une civilisation qui n’est pas la nôtre et qui veut à terme s’imposer par la fécondité, le regroupement familial, le droit du sol et de plus en plus au grand jour par des actions armées terroristes qui viennent de basculer dans la création d’un Etat guerrier. Les deux ont manié la repentance tous azimuts qui affaiblit l’aura de notre pays à l’intérieur et à l’extérieur. Ni l’un ni l’autre n’ont osé mettre en avant que la France ne s’était pas enrichie avec la colonisation bien au contraire. Un membre de ma famille, Trésorier Général de l’Afrique Équatoriale, aurait pu en témoigner. On y a laissé les infrastructures, les écoles, les hôpitaux qui ont permis l’éclosion de ces pays hors du Moyen-Age. Certains dérapages humains ne doivent pas cacher un bilan dont on peut être fiers. 

Ces deux Présidents nous ont fait perdre ce qui est le bien le plus précieux, notre identité en nous livrant un peu plus à Bruxelles et aux États-Unis. Les deux se sont mis en relais de la Grande Finance, l’un ouvertement, l’autre sournoisement en reniant son propos de candidat. L’un nous a mis dans l’OTAN, l’autre va nous faire signer le traité transatlantique. L’un a continué les négociations avec la Turquie, grand pays qui bascule dans l’Islamisme, l’autre les rompt avec la Russie dont la civilisation est proche de la nôtre. Nous recréons pour le plaisir de l’hégémonie américaine, un bloc Russie-Chine-Iran auquel va s’intégrer l’ensemble des BRICS. La primauté du dollar est une affaire américaine. Sa défense ne nous demande pas d’affaiblir la Russie. 


Incapables de remettre la France dans la rigueur budgétaire, incapables de rétablir notre tissu industriel, incapables de rendre la France attractive pour les investisseurs étrangers, incapables d’éviter la fuite des cerveaux, incapables de remettre une Éducation Nationale au niveau de son rang mondial, incapables de gérer la nécessaire assimilation d’une population immigrée dont l’apport doit être régulé, incapables de redonner à la France la maîtrise de ses finances, incapables enfin de redonner du cœur à l’ouvrage de la France qui travaille et voit ses impôts grossir sans que la situation de l’État et la sienne s’améliorent, les deux Présidents sont à renvoyer dos à dos avec tous ceux qui ont eu avec eux les manettes des gouvernements successifs. 

Les « Moi je » de la candidature de l’un et l’emploi du « je » à tout bout de phrase sur le premier communiqué de l’autre ne laissent augurer que d’une position narcissique, d’une soif de pouvoir mais d’aucun espoir de les voir changer la France car incapables de se changer eux-mêmes. Le Général De Gaulle a laissé le pouvoir pendant douze ans avant de revenir, il avait pris le temps de réfléchir et on est allé le chercher. Le nouveau postulant a fait parler de lui pendant deux ans et demi, consulté, tissé une toile de relations serviles et a eu juste le temps de réfléchir beaucoup plus vite… à ce qui était bon pour lui plutôt qu’à ce qui était bon pour la France. 

Ce qui est sorti de ses années de réflexion sur la France 

C’est une devise égocentrique : « Retenez-moi, j’accours ». 

C’est toute la différence avec son illustre prédécesseur ! 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon