vendredi 5 septembre 2014

Les soubresauts de l’agonie !



Pendant que notre Président remplit son rôle de supplétif au sommet de l’OTAN, ce dernier négocie avec la Géorgie un contrat de « coopération » pour l’implantation d’une base d’entraînement des pays de l’OTAN et des pays-partenaires de l’alliance. L'OTAN a également accepté d’accorder un soutien à la Géorgie pour l'acquisition et la livraison d’armes de défense. En outre, un groupe d’experts militaires de l’Alliance va travailler auprès du ministère géorgien de la Défense. Les États-Unis sont vraiment trop bons avec nous. Leur sollicitude pour nous faire arriver au plus près des frontières russes va nous garantir de rester bien au chaud à l’intérieur des frontières atlantiques tout en étant à l’écoute de notre ennemi russe, en tous cas considéré comme tel par notre ami américain.

A notre dramatique perte d’indépendance dans la politique étrangère s’ajoute celle de la maîtrise budgétaire. Angela Merkel, tellement confiante dans notre capacité à gérer, veut que soit nommé un Commissaire européen spécialement chargé d’avaliser les budgets nationaux. Comme ceux-ci tiennent compte des budgets antérieurs, cela veut dire que nous serons jugés sur la réalisation du précédent budget et sur la maîtrise du suivant (au sens allemand du terme). Mario Draghi de la BCE vient encore d’abaisser à 0,05% les taux d’emprunt à 10 ans des banques car les banques européennes sont inquiètes de la déflation en marche et de la faiblesse de la croissance. Ce sont en effet les banques qui doivent être sauvées et il est prêt pour un plan conséquent de largage de liquidités, les fameux QE. On a pu constater que tout cela n’a pas fait repartir la croissance en Europe avec les 1.000 milliards déjà déversés. Elle devient le maillon faible mondial. 

D’ailleurs la France et l’Italie filent du mauvais coton. La deuxième et la troisième économie européenne sont sur la mauvaise pente. La cacophonie de communication du gouvernement, des ex-compagnes, des anciens ministres, la fraude des ministres, ne sont que l’illustration du désarroi qui y règne. Michel Sapin vient d’annoncer qu’il ne tiendrait pas les 21 milliards d’économie après l’affirmation de son Premier Ministre à Bruxelles qu’ils seraient réalisés. Après des annonces tonitruantes on est déjà dans la phase du « reculoir ».  C’est par exemple le cas pour les intermittents du spectacle dont il n’est plus question de changer le statut. 

Le « Pacte de Responsabilité » est voué à l’échec mais creusera un peu plus la dette publique. Il faudrait diminuer les dépenses publiques de l’État et des collectivités territoriales qui représentent 80% de la dépense totale, et en même temps diminuer la pression fiscale sur les sociétés et les particuliers, simplifier et alléger le code du travail dans le sens de la flexibilité, pour le moins. L’écart des dépenses publiques en France et en Allemagne rapportées au PIB de chaque pays est passé de 4,1 points en 2001 à 12,4 points en 2013. Seulement voilà l’État ne sait pas ou ne veut pas faire de réelles économies, ne serait-ce qu’en supprimant tout ce qui est inutile comme le Conseil économique et social et tous ces groupes ou commissions qui ne servent que de dépotoir des élus, ministres, secrétaires d’état qui ne sont plus en activité. On ne touche pas au nombre de fonctionnaires pour des raisons électorales. On maintient un Pôle emploi qui s’avère inefficace comme la formation des chômeurs. 

Bref on ne prend pas le taureau par les cornes, on biaise on tergiverse. On annonce que les dépenses augmentent mais moins que ce qu’elles auraient pu si on s’en tenait aux prévisions « tendancielles ». C’est risible. Autrement dit le processus est le suivant : on prend l’évolution des dépenses engagées, donc le pourcentage de l’évolution des dépenses entre 2013 et 2014, pour augmenter les dépenses 2015 en francs courants 2014 et on ajoute une inflation prévue. Cette somme sert de base pour pouvoir dire que l’on fait des économies par rapport aux prévisions tendancielles. Pour un particulier cela revient à dire : j’ai dépensé 90 en 2013 et 100 en 2014, je peux donc dépenser 110 en 2015. Je dois y rajouter 1% d’inflation, ma prévision tendancielle est donc de 111. Ma prévision réelle pour 2014 étant fixée à 110, je peux annoncer que j’ai fait une économie de 1 sur mes dépenses en oubliant de préciser que les dépenses ont en fait augmenté de 10. 

Or les dépenses augmenteront parce qu’il faut financer les décisions de dépenses prises depuis 2012 : plan pauvreté, extension du nombre de bénéficiaires des tarifs sociaux de l’électricité et du gaz, création de crèches, etc., sans parler des baisses d’impôts annoncées qui entraîneront des baisses de recettes… Michel Sapin a le culot de dire en même temps qu’il n’obtiendra pas les 21 milliards d’économies prévus mais qu’on fera des efforts supplémentaires en 2016 et en 2017 ! Promesse de soulot, demain j’arrête, juré, craché ! Le coupable c’est l’inflation selon lui. Ce qui signifie que Michel Sapin avait prévu non pas de faire de réelles économies mais de simplement dépenser un peu moins que l’inflation de 1,5% prise en hypothèse. Si celle-ci est plus basse à 0,5%, les économies s’évanouissent.


Nous sommes dans la manipulation de l’opinion mais nullement dans une saine gestion. Par ailleurs si l’inflation diminue, les rentrées fiscales sont affectées aussi et d’une façon plus conséquente. Pour le Plan de Responsabilité 2014-2017, c’est bien plus de 50 milliards d’économies qu’il faut faire ! Avec un Plan de Responsabilité, voué à l’échec par le manque de compétitivité du à la monnaie pour sa plus grande part, et une dérive des dépenses, nous allons atteindre rapidement une situation de mise sous tutelle ou l’explosion sociale. 

Tout plan de dynamisation de l’économie demande d’être maître de la monnaie. Pour se réajuster avec une monnaie fixe, il faut procéder à une dévaluation interne qui affecte gravement les salaires et les prestations sociales. C’est ce vers quoi nous allons puisque nous ne prenons pas les mesures de rigueur sur les dépenses publiques et parce que l’euro est trop fort pour notre économie. A moins qu’il soit temps d’envoyer "Vallser" Hollande et sa bande d’incapables… pour mettre qui ? Depuis 1974 la France est endettée et s’est forgé une réputation de cigale. Quel est le politique dont l’aura et la compétence pourront tremper les français dans un bain de réalité et lui redonner le sentiment de travailler pour des jours meilleurs ? Sûrement pas ceux qui gouvernent depuis quarante ans. 

Tout le problème de la France est dans son Élite, 

Qui nous a agité le miroir aux alouette,

 Motivée par le pouvoir et l’argent 

Plus que par le Bien Commun

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon