mercredi 10 septembre 2014

Bientôt va sonner l’hallali !



Les derniers chiffres de la croissance et du déficit budgétaire ne sont que le reflet de la descente économique de notre pays. La prévision initiale de croissance était de 1%, le dernier réajustement donne 0,4%. Michel Sapin a l’outrecuidance de justifier cette contre-performance par la faiblesse de la croissance de l’UE et de la zone euro. Certes la France n’est pas parmi les pays les plus mauvais dans une croissance molle mais la prévision faite a été ridiculement optimiste, comme d’habitude. Dès la préparation du budget 2014, les experts indépendants en économie avaient prévu que nous atteindrions difficilement 0,5%. C’est cela qui est insupportable. On ne peut pas dire, personne ne s’y attendait ou c’est avouer soit que l’on est frappé d’autisme soit d’une obstination qui tourne à l’incompétence soit plus probablement d’une application normale de l’enfumage de l’opinion. 

Le Royaume-Uni va probablement finir avec une croissance voisine de 2,7%, l’Allemagne avec 1,7% au lieu de 1,8% prévu. La crise ne touche que les pays qui ne sont pas en mesure d’être compétitifs. L’Allemagne qui a serré les salaires, jugulé les dépenses de l’État, pompe les économies des pays faibles et alimente sa croissance. Le Royaume-Uni joue sur sa monnaie, mène une politique d’austérité et attire les travailleurs et les investisseurs étrangers. En résumé ces états font ce que nous sommes incapables de faire. Par contre nous brandissons notre système social que nous détricotons jour après jour. 

Nous nous enfonçons également dans la dette avec un déficit de 4,4% du PIB qui sera supérieur de 0,1% à celui de 2013. Adieu veau, vache, couvée… le pot aux roses est renversé. L’atteinte de l’objectif de 3% du PIB est repoussée à 2017. Il n’y a pas si longtemps qu’on claironnait que l’objectif serait atteint en 2015, alors qu’il avait déjà été repoussé de 2 ans. Évidemment les chiffres du chômage, qui vont tomber sous quinzaine, ne seront pas bons. La France souffre depuis la fin du quinquennat précédent en 2011 avec le gouvernement Fillon et la politique menée nous conduit droit dans le mur. 

Cette agonie économique génère une crise politique à droite et à gauche. La droite qui a vu sa politique continuée avec les résultats constatés aujourd’hui n’a pas de véritable changement à proposer et donne libre cours à une guerre de petits chefs qui savonnent la planche de Sarkozy ou se rangent prudemment sous son aile. A gauche l’arrivée de Manuel Valls avec comme mission la mise en œuvre du Pacte de Responsabilité ne change rien, car notoirement insuffisant. Depuis son arrivée rien n’a changé et il y a fort à parier que l’entente Hollande-Valls ne va pas durer. Le jeune ambitieux ne va pas supporter longtemps de couler avec son mentor. 

A cela s’ajoute les frondeurs qui s’estiment floués par rapport aux annonces du candidat et qui ne se voient plus rentrer dans leurs circonscriptions avec un discours où le libéralisme supplante le socialisme. Que le budget soit voté ou non, le ver est dans le fruit et il ne cessera de le pourrir. Le Front de Gauche va retrouver une nouvelle vigueur dans le discours mais il traine, comme un boulet, ses alliances électorales. La masse des mécontents grossit et alimente l’abstentionnisme dans un premier temps et le FN ensuite. Ce dernier n’ayant aucune véritable représentation à l’Assemblée, nous nous dirigeons vers une crise de régime. 

La dissolution de l’Assemblée Nationale est inéluctable, seule la date est inconnue et dépend du Président, mais elle ne dépassera pas 2015 dans une France en décomposition morale, politique et économique. La répression budgétaire couplée à une inflation très basse enfonce le pays dans des difficultés dont il ne sortira pas. Le peuple est en permanence soumis aux mensonges et aux approximations. Michel Sapin annonce que les impôts n’augmenteront pas en 2015. Faut-il lui rappeler qu’ils devaient diminuer après l’augmentation dite exceptionnelle en 2014 ? 

Agiter l’épouvantail de la montée du FN ne résout rien, catastrophe dite insupportable que la démocratie nous réserve, il vaudrait mieux réfléchir à une véritable politique de rupture. Celle-ci passe d’abord par notre décrochage de l’euro-mark. La baisse actuelle de l’euro par rapport au dollar est très insuffisante pour retrouver de la compétitivité. On constate bien d'ailleurs que l’argent déjà distribué aux entreprises n’a ni boosté la croissance, ni diminué le chômage. En donner plus continuera à creuser le déficit sans faire bouger significativement les deux curseurs de la croissance et du chômage. 

Tout va de pair et notre aura internationale devient de moins en moins reconnue. C’est le cas du Royaume-Uni et de l’Allemagne avec laquelle nous fonctionnons en tandem (sur les trains à vapeur, on y mettait le charbon nécessaire à la machine). Par ailleurs nous sommes les supplétifs des USA. A ce titre nous nous précipitons pour envoyer quelques avions en Irak pour bombarder les combattants de l’État islamique que nous avons soutenus, nous votons les sanctions contre la Russie, etc. Il est vraiment temps de bousculer le monde politique aux mains des puissances économiques. Le peuple doit se révolter. 

La France se meurt sous l’éteignoir et se ridiculise 

Et la confiance fond dans le chacun pour soi. 

Même en son multiculturalisme elle s’enlise 

Perd son identité et ne sait plus pourquoi 

Tout son génie s’envole vers d’autres rives 

Où travail et liberté sont porteurs d’espoir. 

Notre France de cocagne s’en va à la dérive 

Et nos éléphants roses sont peints en noir ! 

Jacques Ouvert 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon