mercredi 20 janvier 2016

Unité, laïcité… mots bafoués mais utiles au pouvoir



Depuis les attentats de janvier le mot « unité » de la nation devant l’adversité a été largement utilisé dans un matraquage de l’opinion publique. Il avait pour but d’empêcher la réflexion des citoyens sur ce qui venait de se passer en profitant de la stupeur du moment. Cela a bien marché d’ailleurs, les français sentant confusément le besoin d’échanger et de lutter contre la peur. Ce faisant le mot unité ne recouvrait pas une véritable volonté de communion entre la population musulmane et celle de souche de civilisation différente. Tout au plus, au nom d’un sentiment d’humanité, le peuple dans son ensemble refusait l’amalgame du djihadisme et de la religion pratiquée par la plupart des musulmans. D’où l’accord spontané à François Hollande, pour aller pourfendre les « terroristes » chez eux, a permis à celui-ci de pavoiser dans les sondages. Ce haut dans les sondages du « chef de guerre » ne lui a évidemment pas profité longtemps. De nombreuses questions se sont posées à propos de ces attentats mais les vrais journalistes d’investigation ont été peu entendus par les principaux médias jusqu’à la fin 2015. L’enquête parlementaire et le recours à la justice de parents des victimes relancent le sujet. Les langues vont se délier et des révélations très compromettantes pour le pouvoir peuvent en sortir.

Mais on a aussi beaucoup parlé de laïcité, avec l’intention de rappeler aux français qu’au nom de la laïcité l’acceptation d’une religion différente était un des fondements de la République. C’est évidemment un piège où l’on oublie de dire que c’est de l’école qu’il s’agit car le comportement dans la vie publique est régi par des lois. En particulier la loi de 1905 a clairement fait la séparation entre le temporel et le spirituel, ainsi que l’engagement de l’État sur le maintien et l’entretien du patrimoine religieux  réalisé au jour de promulgation de la loi, mais pas au-delà ! Cette loi ne cesse d’être bafouée par de nombreuses communes et par l’État, pour lequel l’inauguration de mosquées est un faire-valoir largement médiatisé. Des fonds et des terrains publics sont largement accordés sous couvert souvent de centres culturels qui ne sont la plupart du temps que des lieux de prières et d’endoctrinement. La laïcité s’inscrit dans le même état d’esprit que celui de la loi de 1905. Il s’agit de la séparation entre le temporel et le spirituel, séparation impossible dans la loi coranique d’ailleurs. 

La laïcité subit les mêmes « accommodements » que la loi de 1905 et prépare le pays à l’acceptation d’une autre civilisation où le pourcentage de ses représentants ne va cesser de croître par rapport à la civilisation historique de notre pays. J’ai eu l’occasion de montrer que ceci peut aller très vite et d’autant plus vite que le flux migratoire qui envahit l’Europe va inéluctablement se répandre en partie chez nous. Certains hauts responsables œuvrent de plus en plus ouvertement au nom de la laïcité pour introduire la religion musulmane comme la future religion d’Etat. J’en veux pour preuve l’appel, signé par le président de l'Observatoire de la laïcité, Jean-Louis Bianco, lancé avec des proches des Frères Musulmans dont Samy Debah et Yasser Louati, directeur et porte-parole du très controversé Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF), et Nabil Ennasri, proche du courant des sulfureux Frères musulmans. Le titre de cet appel est « Nous sommes unis ». 

Selon le Figaro, « Très vite, cet observatoire a adopté des positions dont un certain nombre vont à l'encontre de la défense du principe de laïcité, ce qui est un comble puisqu'il a pour mission d'«assister le gouvernement dans son action visant au respect du principe de laïcité en France.» Son positionnement n'a eu de cesse d'être dénoncé, y compris par des personnalités qui en sont membres et qui en observent donc le fonctionnement depuis l'intérieur.  Ces personnalités, dont le président du Comité Laïcité République Patrick Kessel, ont publié le communiqué suivant : «sur le fond, au-delà de ces propositions pour l'essentiel angéliques et pusillanimes, cosmétiques dans le meilleur des cas, certaines sont clairement anti-laïques et évidemment inacceptables pour la République […]» Pour information, cet observatoire a remplacé en 2013, selon les volontés de François Hollande, le Haut Conseil à l’Intégration, dissous en 2012 et dont faisait partie Malika Sorel, auteure de plusieurs publications traitant de ce sujet. 

Il faut se souvenir que François Hollande ne doit son élection qu’aux votes qui lui ont été favorables de la part de 97% de la population musulmane, à laquelle il a fait miroiter entre autres la loi sur le vote des étrangers, promesse non tenue d’ailleurs. Cette tactique électorale lui avait été inspirée par le constat du Think-tank Terra Nova sur la «nouvelle identité sociologique de la gauche, la France de demain». Leur rapport a eu le mérite d’être publié, il dit aussi ceci : «La population des Français issus de l'immigration est en expansion démographique et en mutation identitaire (...) ce sont entre 500 000 et 750 000 nouveaux électeurs, naturalisés français entre 2007 et 2012, qui pourront participer au prochain scrutin présidentiel […]. Au-delà des non-religieux, ce sont aussi tous les non-catholiques, notamment les individus d'“autres religions”, composés à 80 % de musulmans, qui sont plutôt enclins à voter à gauche.» C’est bien vu et clair. Alors le Président, à défaut de faire voter la loi sur le vote des étrangers, a pratiqué une politique de laisser-faire avec la communauté musulmane où le respect des pratiques vestimentaires et alimentaires n’est plus considéré comme réellement impératif. La laïcité est agitée comme un symbole pour faire croire qu’elle existe mais devient une laïcité à géométrie variable où l’école préempte les enfants dès le plus jeune âge pour leur inculquer une nouvelle « religion », celle de l’appauvrissement du savoir mis en lumière dans toutes les statistiques comparatives mondiales, la déstructuration comme par exemple la théorie du genre et l’initiation à la sexualité dès le plus jeune âge alors que les préoccupations de l’enfant sont bien ailleurs.

Ce matraquage par les symboles a pour conséquence de venir alourdir encore la chape de plomb qui pesait déjà fortement sur la liberté de pensée et de jugement. Mais prôner l’unité ne peut inclure ces lancinants discours de culpabilisation des actions historiques françaises, dont la colonisation jusque dans nos écoles où les élèves en mal d’intégration n’en retirent qu’une raison de se rapprocher de la civilisation familiale qui leur est montrée en exemple dans leurs foyers. Prôner la laïcité, ne s’accommode pas d’un pouvoir qui est présent dans le spirituel, déroge à la loi de 1905, et pratique des « accommodements raisonnables » qui s’avèrent « déraisonnables » pour la réussite d’une intégration, à défaut d’une véritable assimilation. Les réussites sont voyantes et cachent une radicalisation croissante chez les jeunes et un rejet pur et simple de la civilisation occidentale. Les djihadistes ont alors beau jeu pour montrer toutes les dérives de notre civilisation d’origine. Malheureusement tout cela n’est pas le fruit du hasard et rentre dans un plan de globalisation où l’interpénétration des cultures doit amener à un homme unique, dont les repères sont supprimés les uns après les autres, la religion, la famille, la nation, l’histoire. Cet homme devient appauvri intellectuellement, dépourvu de sens critique, déstructuré et apathique donc facilement manipulable et corvéable… C’est ainsi que l’on parvient à faire approuver par le citoyen la guerre tous azimuts… au nom de la peur, le transformant lui aussi en bourreau de femmes et d’enfants. 

Les symboles structurent une nation, et la fédèrent,

Sauf quand ils ne sont plus que des chimères 

Des chiffons rouges vers lesquels

Le peuple fonce aveuglément ! 

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon