mercredi 6 janvier 2016

Le débat gauche-droite est devenu un enfumage



Les débats actuels sur la sécurité montrent une fois de plus que le clivage entre la gauche et la droite traditionnelles n’ont plus de sens. Les adversaires du projet gouvernemental se trouvent aussi bien à gauche qu’à droite. Il en est de même sur la politique économique où les « Macronades » font les yeux doux à la droite qui s’offusque du chômage comme la gauche contestataire. Il en est de même en politique étrangère avec un consensus pour notre engagement au Moyen-Orient, comme il s’est fait pour la Libye avec Juppé Ministre des Affaires Etrangères, comme il s’est fait pour les accords de Minsk en l’Ukraine. Personne n’a dénoncé le coup d’Etat en Ukraine avec la violation de la Constitution Ukrainienne. Pas un de ces défenseurs de la liberté, de la démocratie et des Droits de l’Homme, ne dit mot quand nous intervenons en Syrie en dehors de tout accord de l’ONU et du Président de ce pays. Ni la gauche, ni la droite ne s’insurge contre les sanctions contre la Russie. La perte de souveraineté dans les traités budgétaires est revendiquée par les deux. La perte de contrôle des frontières au profit de l’UE, ou plutôt de ses technocrates non élus, ne choque ni l’un, ni l’autre. Ils ne s’émeuvent pas plus que l’envoi de réfugiés en France soit imposé par Bruxelles, ni du fait que l’Allemagne les trie et laisse les autres se répandre sur notre territoire. Ceux du bus qui arrive à Fouesnant, commune de 9.000 habitants du Finistère, en provenance du trop-plein de la jungle de Calais, ne sont pas seulement venus du Maghreb, mais d’autres pays d’Afrique, d’Afghanistan et du Moyen-Orient. Silence radio.

Les partis traditionnels, copains-coquins, de gouvernement nous jouent la comédie des « différences » avec le seul objectif de garder le pouvoir entre eux, le fameux « arc républicain ». Celui-ci opère officiellement au deuxième tour des élections et officieusement le reste du temps. On peut laisser le pouvoir à l’autre mais être toujours en position de le reprendre dans le jeu du « toi ou moi, et personne d’autre ». C’est ainsi qu’un parti représentant depuis longtemps un quart des électeurs inscrits n’a que deux députés, aucune région, aucun département et très peu de communes. La Haute Administration est cadenassée de la même façon. On met un temps les perdants dans des places confortables d’attente, type Conseil économique et Social, administrateur de grandes collectivités, commissions diverses, groupes publics d’études, toutes aussi inutiles que bien rémunérées.

Gauche et Droite ont ceci en commun qu’elles sont toutes deux des défenseuses de l’UE, de l’euro, et de grandes amies des USA et des banquiers. Cette position leur assure une prédominance sans partage moyennant une approbation de tout ce qui vient d’en haut que l’on parle d’économie, de finances et de guerre. C’est une vassalité commune à tout ce qui provient en fait des tenants du Nouvel Ordre Mondial, les grands actionnaires de la mondialisation, de la globalisation. Ce sont les grands initiateurs et défenseurs de l’UE, de l’OTAN et de tout ce qui réunit dans le fédéralisme type Etats-Unis et la défense d’un monde unipolaire. Celui-ci offre le confort de la prise de décision importée, la reconnaissance des puissants, la possibilité d’avoir des postes de gouvernance et des avantages sonnants et trébuchants de haut niveau. Le cas Moscovici, notre plus mauvais Ministre des Finances, payé par l’Europe plus cher que les Présidents de l’Allemagne et de la France, en est une illustration parfaite.

Ces deux partis nous masquent le vrai choix qui s’offre au citoyen français dans un monde où se livre un combat titanesque qui n’a cessé que par la décomposition de l’URSS, savamment aidée par les USA. Devenus alors maîtres du monde, les États-Unis ont étendu leur hégémonie sur la plus grande partie de la planète par la corruption des États, la guerre et le pétrodollar. Ils ne faisaient que continuer une stratégie appliquée depuis la fin de la première guerre mondiale en concurrence alors avec l’Empire britannique, puis en partenariat avec lui pour lutter contre la montée en puissance de l’Allemagne hitlérienne. Aujourd’hui l’URSS renaît de ses cendres dans une Russie qui a retrouvé des leviers économiques et remis sur pied une armée moderne depuis 1998, son année noire. Prise par le doute, elle a retrouvé sa fierté derrière son leader Poutine qui n’accepte pas l’hégémonie américaine. La Russie a initié une révolte pour un monde multipolaire et a agrégé sur celle-ci des pays puissants comme la Chine, l’Inde et le Brésil dans les BRICS. Ceux-ci deviennent le poids principal dans l’économie mondiale. Le yuan concurrence le dollar et l’euro. Un nouveau fond financier concurrence le FMI. Des stratégies économiques et financières lancent de grands projets sur l’Eurasie. Des accords militaires permettent même de se présenter unis avec l’Iran au Moyen-Orient.

Tout ceci ne peut que mettre en péril le plan stratégique américain auquel nous sommes associés de gré ou de force. Les champs pétrolifères du Moyen-Orient, le passage des gazoducs, voient s’affronter deux mondes, le monde unipolaire et le monde multipolaire. Mais l’enjeu est planétaire et nous concerne directement, non seulement parce que la guerre totale est sous-jacente mais parce qu’il s’agit d’un choix fondamental que l’on cache aux citoyens sous les lambeaux politiques recousus gauche-droite. En 2017, le vrai choix ne sera pas gauche-droite mais pour un monde différent ou non. Le monde unipolaire c’est celui du parapluie américain et sa ponction de nos richesses pour les plus riches et les plus puissants dans le giron d’une UE qui s’imposera de plus en plus aux Etats jusqu’à les faire disparaître. Le monde multipolaire c’est celui d’une France retrouvant son autonomie dans une Europe confédérale des Nations permettant d’y chercher les accords bi ou multilatéraux gagnant-gagnants et de rejeter les autres. La France peut alors retrouver sa monnaie, ses frontières, son armée et sa justice.

Ceux qui y voient le catastrophisme ne peuvent pas nous donner l’exemple de la Norvège, de la Suisse ou de l’Islande, pays phares. En plus ils donnent de fausses informations, comme Juppé sur la sortie de l’euro : « Les conséquences d'une politique du franc faible seraient catastrophiques. Notre dette étant libellée en euros, elle augmenterait de manière mécanique dès que le franc dévisserait ». Non Monsieur Juppé, elle est rédigée pour 97% en monnaie nationale, qui se trouve être présentement l’euro, et qui serait le franc moyennant un dévissage sur 3% selon le droit international de la Lex Monetae ! Ils manipulent la peur pour nous garder sous leur férule. Ils sont aidés et encouragés par les tenants de la gouvernance mondiale qui manipulent les grandes peurs dont j’ai parlé récemment comme la sécurité, la santé et le climat. Le poids financier des grandes banques et des multinationales dépasse celui de la plupart des États, ils sont en mesure d’acheter les Etats et ceux qui les gouvernent. C’est dire si le peuple doit être clairvoyant, solidaire, décidé et courageux pour les affronter. C’est pourtant de la survie de la France et du bonheur de vivre de ses citoyens dont il s’agit. La dernière occasion qu’il aura peut-être de se faire entendre, c’est 2017 pour en faire un tournant de son histoire, celle commencée en 1974 avec Giscard d’Estaing.

 A travers l’enfumage gauche-droite il faut regarder l’avenir

C’est les sentiments patriotiques et notre fierté 

Qui doivent nous réunir dans la République

Que le délitement et l’asservissement 

Menacent dangereusement ! 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon