dimanche 17 janvier 2016

Êtes-vous prêts à voir disparaître votre épargne ?



Parmi les évènements qui sont précurseurs et significatifs mais apparemment peu générateurs de peur, il faut citer la disparition de l’argent liquide, le cash, dans les transactions financières. La carte bancaire est déjà devenue le principal moyen de paiement dans la plupart des foyers. Vous trouvez cela un moyen commode et vous ne voyez aucun inconvénient à ce que cela se généralise. Sachez pourtant qu’il n’y a jamais de fumée sans feu et que dans toute opération bancaire, le vrai gagnant ce n’est pas vous, c’est la Banque et(ou) l’État. Réfléchissons un peu. Si l’argent liquide disparaît totalement, cela veut dire que toute votre épargne et l’argent de votre compte courant sont dans les ordinateurs des banques, sous la forme de « bits », ces minuscules bascules électroniques qui transforment votre argent en une myriade de 0 et de 1. Super me direz-vous, je n’ai plus besoin de transporter pièces et billets au risque de les semer sur mon chemin. Sauf que…

Sauf que dès que votre argent est en banque, il ne vous appartient plus, il appartient à la banque qui va le faire fructifier pour son propre compte. Vous avez normalement le droit de le récupérer mais bientôt avec frais et intérêt négatif. Si la banque fait faillite, moins d’un déposant sur 20 théoriquement peut être remboursé, en réalité c’est sur 40 à 100. C’est pourquoi tout un système complexe est mis en place pour éviter les faillites des banques. Mais dernièrement 4 banques italiennes ont été mises en faillite. L’État peut intervenir mais l’Italie est endettée à 132% de son PIB. Le recours est la BCE mais ceci veut dire que celle-ci va imposer des conditions en dérogeant à la règle qui veut qu’elle ne prête pas aux États. On arrive vite à un scénario à la grecque ou à la chypriote. 

L’État français, comme l’État italien, arrive au bout du rouleau. Le niveau de prélèvement des impôts ne peut plus s’élever encore sans plomber une économie qui ne se relève toujours pas suffisamment pour diminuer le chômage et le déficit de la balance commerciale. Nous allons droit vers les 100%/PIB d’endettement. Les systèmes sociaux sont en déficit chronique, sécurité sociale, allocations chômage et familiales, retraites. L’État s’endette un peu plus chaque jour et doit, de ne pas plonger plus vite, à des circonstances extérieures encore très favorables avec un euro faible, un prix du pétrole en chute libre, et des taux d’emprunt à 0,772% à 10 ans et à -0,358% à 2 ans le 15 janvier. Ces taux extraordinairement bas, et d’ailleurs ceux d’une économie mondiale malsaine, tiennent en grand partie à la confiance qu’inspire le duo franco-allemand où l’Allemagne est la machine et la France le tandem. Autant dire que la France resterait dans le viseur des investisseurs si les français n’étaient pas des épargnants chroniques depuis des générations. C’est une somme de 10.000 Mds€ que les fourmis françaises ont mise dans l’épargne.

Quand un État voit arriver une brutale hausse des taux d’intérêt avec une dette de 2.200 Mds€, il se trouve immédiatement devant des difficultés insurmontables. Or tout est lié à la confiance des investisseurs. Les évènements actuels peuvent rapidement évoluer vers des mouvements sociaux qui mettent la France sans dessus-dessous où l’insécurité et les flux migratoires plombent la confiance des investisseurs. Alors l’épargne française devient la solution de sauvetage à laquelle pensera l’État. Sachez qu’elle y songe avec plusieurs pays européens et des dispositions ont prises en France et dans l’UE pour s’y préparer en cas de coup dur. Pour capter l’épargne, il ne faut pas qu’elle soit dans les poches des citoyens, ni dans des bas de laine, mais dans les banques ! C’est pourquoi il faut faire disparaître progressivement l’argent liquide et rendre plus difficile les retraits en espèces. La somme maximale de 3.000€ est déjà passée à 1.000€ et la banque postale demande 5 jours pour des sommes plus importantes. Si vous ne croyez pas à la disparition du cash, lisez ceci :
  • Depuis le 1er septembre 2015, les paiements en espèces supérieurs à 1 000 euros sont officiellement interdits.
  • A partir du 1er janvier 2016, les banques françaises seront chargées de vous surveiller elles aussi. Elles devront signaler à l’État tout dépôt ou retrait d'espèces supérieur à 10 000 euros par mois.
  • Vous ne pourrez plus non plus faire du change en toute liberté : une pièce d'identité sera obligatoire dans les bureaux de change pour toute transaction de plus de 1 000 euros.
  • Les comptes hors-système plus simples et plus souples, type Nickel (que vous pouvez ouvrir dans le même fichier que les comptes bancaires « traditionnels »).
  • Depuis 2014, vous ne pouvez plus payer vos impôts en liquide s'ils dépassent les 300 euros -- contre 3 000 euros précédemment (allez-y, vérifiez : c'est écrit en toutes lettres sur votre déclaration !)
Une fois que le cash aura disparu, il suffira d’appliquer ce qui a été fait à Chypre qui a servi de laboratoire d’essai. Brutalement les banques ont fermé et les sommes possibles des retraits aux distributeurs réduites au minimum. La loi européenne est votée, l’épargne peut être ponctionnée au-dessus de 100.000 euros mais rien n’empêche de descendre le seuil beaucoup plus bas si nécessaire. Alors vous et moi nous nous trouverions rapidement démunis. Le troc, le jardin reprendraient comme pendant la dernière guerre. Croyez bien que les banques et l’État agiront la main dans la main et on vous dira, comme pour les restrictions de liberté, que nécessité oblige. 

Si je me permets de mettre chacun devant ses responsabilités, c’est que les signes avant-coureurs d’un krach boursier se multiplient. Mais ce n’est pas tout. Au fur et à mesure que la France décroche par rapport à l’Allemagne, le risque augmente de voir les taux d’intérêt grimper à cause d’une perte de confiance dans la France. J’ajoute quelques déclarations qui montrent que la fin du cash et la captation de l’épargne ne sont pas des idées en l’air comme celle du FMI ci-contre. Il faut se rendre compte que se mettent en place les éléments d’une dictature économique qui se traduira par la mort du libre-échange et du droit à la propriété pourtant inscrit dans les Droits de l’Homme et du Citoyen. Nos lendemains ne sont plus assurés, on nous le cache mais l’État prévoit les scénarios de la dernière chance. Faisons en sorte qu’ils ne terminent pas leur œuvre comme les Islandais ont fait avec leurs politiques et leurs banques ! 

Nous sommes la « poire » pour la soif de liquidités 

Dans un pays qui depuis plus de trente ans

Creuse le sillon qui mène tout droit 

Au scénario grec et argentin. 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon