jeudi 21 janvier 2016

La France indépendante de De Gaulle va définitivement mourir



Deux évènements majeurs vont définitivement clore l’histoire gaullienne de la France de l’après-guerre, l’histoire d’une France indépendante qui avait obtenu un siège permanent au Conseil de Sécurité de l’ONU, créé sa propre force nucléaire de dissuasion, et demander aux bases de l’OTAN de quitter le territoire français. Ce fut l’époque des premiers graffitis, un nom bien français, où les français écrivaient sur les murs, les ponts, les bâtiments : « US go home » et où les bases américaines sont parties ailleurs, en Allemagne, en Italie, en Espagne, etc. Aujourd’hui on ne « graffite » plus, on « tag » : « Stop au nucléaire » et « Stop au réchauffement climatique ». Ces deux derniers tags sont d’ailleurs l’illustration de la perte de boussole de notre pays, car le nucléaire ne participe en rien au réchauffement climatique… c’est pourquoi on veut l’arrêter ! Logique non ? Les mots sont toujours porteurs des grands changements de la mentalité d’un pays. En cinquante ans la langue anglo-saxonne a envahi notre pays et l’hégémonie américaine étend son emprise sur l’euro, sur l’UE, sur notre défense, notre politique étrangère, sur notre économie. Toutes les barrières qui constituent l’identité d’une nation sont en train de disparaître.

Que reste-t-il de notre indépendance, celle pour laquelle De Gaulle a affronté les États-Unis, la première puissance du monde ? Il a redonné à la France la fierté que notre peuple avait perdue dans une guerre ou résistance et collaboration donnaient une image brouillée de notre pays. Cette guerre laissait le sentiment que la France ne pouvait plus lutter seul. Le mérite de De Gaulle fut de montrer qu’il n’en était rien. Cette fierté s’est perdue, sous Giscard d’Estaing avec ses yeux rivés sur l’Europe et surtout par François Mitterrand persuadé que la France ne pouvait survivre seule. C’est à partir de ce moment que la France a commencé à occulter son avenir. Ce fut l’immigration incontrôlable avec le regroupement familial qui fut rendu légal, et institutionnalisé, par le président Valéry Giscard d'Estaing. Ce fut la fin des années fastes dites des Trente Glorieuses sous Pompidou, la fin de l’équilibre budgétaire. Malgré tout la France restait un phare de développement économique et social et l’objet d’envies. 

Avec François Mitterrand on est tombé dans l’aventure européenne amorcée par Giscard mais aussi dans l’accroissement de la dette publique et avec le traité de Maastricht la perte de la gestion de notre monnaie, et de nos frontières. L’UE, enfant de la stratégie américaine, commençait sa progression vers le fédéralisme, et son adoption de la mondialisation sous la coupe du dollar, et de la puissance du complexe militaro-industriel et financier américain. Depuis l’étau de l’UE se referme sur l’indépendance française qui a cru dominer l’Allemagne grâce à l’euro, tout en permettant sa réunification. Elle se trouve finalement sous le joug d’un euromark qui la pousse dans l’austérité.

On doit au Président Chirac, le seul moment où la France a fait entendre sa voix, par son refus de participer à la guerre d’Irak, gagnée rapidement sans nous, ce qui prouve d’une part que lorsque les USA veulent gagner une guerre, ils y mettent les moyens, et que d’autre part nous n’avions aucune raison d’y aller. Apparemment son exemple n’a pas fait école chez Sarkozy et Hollande. Sous Chirac le référendum français sur le traité établissant une constitution pour l'Europe (aussi appelé traité de Rome II ou traité de Rome de 2004) eut lieu le 29 mai 2005. A la surprise générale 54,68% des français votèrent NON. Ils signèrent en même temps la fin du recours au référendum par le pouvoir français et l’UE. 

Les présidents suivants n’ont pas cessé d’œuvrer pour la perte d’indépendance de la France. Ce fut avec Sarkozy d’abord la réintégration de la France dans le commandement militaire intégré de l’OTAN, votée en mars 2009. La France réintégrait le comité des plans de défense mais restait en dehors du groupe des plans nucléaires. Il est fort intéressant de noter que cette décision suscite un vif débat au sein de la classe politique. Le Parti socialiste, dans un communiqué publié le 10 février 2009 par François Hollande, dénonce la perte de la capacité de la France à défendre une politique étrangère autonome ! Le Parti communiste estime quant à lui que ni la France, ni l’Europe ne doivent être associées à une stratégie fondée sur la hiérarchie des puissances, sur la force et sur la guerre tandis que Jean-Pierre Chevènement juge la décision inopportune.

Ce fut ensuite, le 2 mai 2012, le pacte budgétaire européen, officiellement appelé Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance (TSCG) avec la fameuse « Règle d’Or » budgétaire. Elle introduit le principe de l'équilibre ou de l'excédent des budgets des administrations publiques, la limite du déficit structurel autorisé (hors effets conjoncturels… effets discutables et discutés) est portée de 1 % à 0,5 %, la convergence à moyen-terme vers la dette à 60% du PIB et le déficit public inférieur à 3% selon un plan d’ajustement réduisant la dette publique d’un vingtième par an. Il est à noter que l'adoption du pacte interviendra, malgré la forte opposition d'une partie des syndicats, des partis politiques (le PS avec François Hollande), dont certains demanderont la tenue d'un referendum que le gouvernement refusera car « les Français se sont exprimés au moment de l'élection présidentielle et des législatives ». Le recours au référendum est exclu pour longtemps. 

Dès son élection François Hollande renie son opposition au TSCG et le fait mettre en application par la loi le 26 novembre 2012. Le budget français est définitivement jugé et contrôlé par les technocrates de Bruxelles. Pierre Moscovici, le recasé Commissaire européen, ne manque pas de le faire savoir à Michel Sapin. Il faut noter que la France, ne pouvant respecter ses engagements sur le déficit public, n’arrête pas de demander des dérogations pour repousser les objectifs dans le temps et que le climat avec l’Allemagne s’en ressent. Celle-ci s’impatiente et le respect d’un déficit public inférieur à 3% en 2017 va être difficile à tenir. Dans un autre ordre d’idée, on a vu combien la maîtrise de nos frontières était illusoire avec l’affaire des Roms où Valls s’est fait tancé par l’UE.

Mais deux faits majeurs vont avoir lieu. Le premier c’est le TAFTA, le traité de libre-échange outre-Atlantique, pour lequel la France ne  manifeste pas son opposition formelle alors qu’il ouvre le marché européen où l’effacement des droits de douane est beaucoup plus favorable aux États-Unis et où une juridiction privée pourra mettre en cause même les États. Mais la cerise sur le gâteau est la réintégration complète de la France dans l’OTAN, ce qui implique son retour dans le Comité des plans nucléaires, donc la fin de l’utilisation unilatérale de notre force nucléaire ! Dans le projet de loi déposé le 4 janvier, il est ainsi écrit qu’« en 2009, la France a décidé de réintégrer la structure de commandement de l’OTAN. En conséquence, elle a recommencé à accueillir du personnel de l’Organisation dans ses quartiers généraux militaires sans que ses QG ne bénéficient toutefois d’aucun statut international. Seuls des arrangements de circonstance ont permis jusqu’ici l’accueil de personnels de l’OTAN dans les QG situés sur le sol français. L’attractivité du territoire français s’en trouve affectée de même que l’influence française au sein des structures de commandement. » 

A propos de la réintégration dans l’OTAN par son prédécesseur , François Hollande lançait, alors premier secrétaire du parti socialiste, à la tribune de l’Assemblée Nationale fin 2008 pour défendre une motion de censure portée par le groupe socialiste : « Dans toute démocratie digne de ce nom, de tels arbitrages auraient été rendus après un vaste débat dans le pays ». Hollande était alors partisan du référendum en somme. Sarkozy avait commencé le travail. Hollande, en rompant définitivement avec la tradition d’indépendance de la France en matière militaire, coupe le dernier symbole de notre indépendance. Nul doute que cette fois c’est le gouvernement qui va écrire « US come here ! » et nous aurons droit aux bases de l’OTAN, comme nos voisins européens, donc une cible privilégiée de la Russie, nouvellement re-désignée comme ennemi numéro un, alors qu’une troisième guerre mondiale est dans les cartons des stratèges militaires américains ! Bientôt le peuple réécrira : « US go home » ! 

Nous disons définitivement adieu à De Gaulle ! 

La France perd totalement son indépendance

Dans le désarroi et l’apathie de son peuple. 

Le servage au Nouvel Ordre Mondial

Continue son œuvre destructrice ! 

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon