jeudi 14 janvier 2016

Deux fers au feu, c’est deux de trop pour un nul !



La politique menée par François Hollande est de plus en plus consternante. Sa promesse de se retirer en 2017, si le chômage ne diminue pas d’ici là, commence à inquiéter sérieusement celui qui ne pense qu’à sa réélection. La France est l’un des quatre pays de l’UE qui n’a pas réussi à faire baisser le chômage en 2015. Même si la prévision de croissance de 1,5% est réalisée en 2016, elle ne suffira pas à faire baisser le chômage. Or les perspectives de croissance mondiale sont régulièrement à la baisse et la bourse de New-York baisse du nez entraînant celle de la bourse de Paris. Alors on sort le recours à la formation avec des chiffres impressionnants de 500.000 demandeurs d’emploi mis en formation. Cela représente un joli pactole en prévision pour les entreprises privées formatrices. C’est une augmentation substantielle des dépenses sociales mais son intérêt est essentiellement la sortie de 500.000 demandeurs d’emploi de la catégorie A, le chiffre du chômage sur lequel Hollande avait prévu de jouer son mandat. C’est évidemment de la poudre aux yeux et une opération politique qui coûte cher mais dont le résultat prévisible sur le chômage toutes catégories sera quasiment nul pour la simple et bonne raison que c’est l’offre d’emploi qui n’existe pas pour les absorber. Même la Cour des Comptes sait que la formation est un tonneau des Danaïdes.

C’est pourquoi, les attentats de novembre ont offert un champ providentiel à une nouvelle tromperie. Ceux de janvier avaient montré tout le bénéfice que la cote du Président pouvait en tirer. Les attentats de novembre offraient donc une occasion (subie, acceptée ou souhaitée… car bien des zones d’ombre subsistent) à ne pas manquer. L’occasion fait le larron. L’opportunité de saisir une opinion choquée permet de changer brutalement de cheval, de passer de celui de l’austérité à la sécurité en sautant sur la restriction des libertés, autre occasion de reprendre la main sur l’expression de voix dissonantes. Il suffisait de payer un sondage huit jours après les attentats, alors que les morts étaient à peine enterrés et un grand nombre des blessés dans les hôpitaux, pour obtenir d’un peuple sous le choc une approbation de 81% d’entre eux. 

Mais les sondages reflétaient par la suite que le chômage redevenait la préoccupation numéro un des citoyens. Il fallait entretenir la peur en parlant de l’état de guerre pouvant prendre des formes apocalyptiques alors que l’on était dans l’impossibilité de fermer les frontières pour plaire à Bruxelles. Mais il fallait distraire l’opinion par un débat qui clive dans presque tous les partis et qui soit largement relayé par les médias… la déchéance de nationalité pour les binationaux pour des faits avérés de lutte contre l’Etat. Bingo ! Peu importe que cela soit une mesure sans efficacité sur les tueurs qui se réclament du djihadisme, cela doit occuper les médias et les heures d’écoute des citoyens, d’autant mieux que le débat peut s’alimenter en changeant régulièrement la portée exacte du projet de loi. Cela fait gagner du temps. Seul petit accroc c’est ces députés qui s’intéressent de trop près aux droits de la binationalité. Ils parlent de remettre en cause la binationalité des élus, problème épineux que j’avais soulevé à propos des ministres et du Parlement mais qui peut s’étendre à tous les politiques élus. 

Pendant ce temps-là on n’arrête pas la guerre en Syrie et au Moyen-Orient, petitement il est vrai, mais le rapport qualité/prix est très maigre en résultats et le prix de notre aviation et de notre marine élevé. On peut être inquiet quand on voit que les dépenses supplémentaires en matière de sécurité et de défense vont être compensées en partie par une diminution du patrimoine immobilier de l’État. On va vendre un peu plus les bijoux de famille… au Qatar ? Le costume de « chef de guerre » de Hollande coûte cher à la France. Les résultats au Mali sont loin de régulariser la situation de ce pays et la guerre au Moyen-Orient, puisque nous sommes engagés même au Yémen, nous vaut d’être cités à la première place du tableau de chasse de l’Etat Islamique. De plus nous participons par nos bombardements à amplifier le flux de réfugiés venant de Turquie et par exemplarité celui venant d’Afrique. Beau travail !

Alors sur le plan intérieur, car c’est là que se joue la réélection, l’unique objet des préoccupations hollandaises, il faut ratisser large et ne pas se faire doubler par les siens. La cote de Valls doit être affaiblie et il est de son tempérament de lui confier la tâche ingrate du père fouettard avec les lois sécuritaires et celui de la réforme de la Constitution. Il devrait normalement y laisser des plumes. Mais le meilleur moyen, c’est le rival préparé soigneusement à qui on a donné le blanc-seing de paroles iconoclastes, dérangeantes, inattendues qui ont le don de plaire aux français. Ils aiment les contestataires de l’intérieur qui parlent, apparemment de leur propre chef, avec le sourire de la jeunesse. Sa cote monte, il sera toujours temps de l’arrêter. Comme en fin de compte il faut faire plaisir au grand patronat, il va pouvoir lancer quelques autres « macronades » qui vont ravir la droite tout en lançant les syndicats dans la réforme du Code du Travail, serpent de mer, où l’on glissera quelques mesures sociales. 

Le jeu politicien en cours montre la médiocrité de notre Président, tout préoccupé par ses manœuvres et les diversions comme l’utilisation jusqu’à la corde des commémorations post-attentats, de la mort de Mitterrand… aurait-on oublié les quarante ans de celle de Pompidou le 2 avril 2014, décès arrivé en plein mandat ? Mais il se pourrait bien que les deux fers au feu, Valls et Macron, brûlent les doigts du Président ! Il se pourrait aussi qu’un évènement considérable en 2016, et il y en a en préparation, lui fasse abandonner le pouvoir avant terme. 

La France a fait plusieurs erreurs de casting et va le payer cher. 

Le citoyen ne l’a pas encore totalement compris pour réagir.

Les tenants du mondialisme, blanchis sous le harnais, 

Ont encore son suffrage et la jeunesse qui pointe

A le goût et l’odeur du Nouvel Ordre Mondial. 

Mais la mer, qui balaye les plages, monte

Et son coefficient de marée croît ! 

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon