vendredi 4 mars 2016

Servitude et multiculturalisme en marche !

Le projet de loi Travail et l’afflux des migrants mettent en lumière l’inexorable avancée vers la servitude et le multiculturalisme. Au fronton de la République, les mots Liberté, Égalité, Fraternité sombrent dans le dirigisme, la loi du plus fort et le corporatisme. L’État se veut de plus en plus autiste et omniprésent au fur et à mesure qu’il perd son autorité au profit de Bruxelles et des tenants du Nouvel Ordre Mondial. Il sombre dans le dirigisme et l’abandon du sens du « Bien commun », dénaturé en « Bien pour soi » au profit de ses gouvernants. La mare où se battent les caïmans politiciens devient de plus en plus insipide et nauséabonde. Le peuple crie son mécontentement dans les sondages, les pétitions, les décisions de grève. La menace d’un peuple rassemblé dans la rue devient chaque jour plus probable.

Frédéric Sicard, Bâtonnier de Paris

L’État profite d’évènements tragiques, dont les véritables commanditaires ne sont toujours pas clairement identifiés, pour promulguer des lois de plus en plus liberticides. Dans le Figaro, le nouveau bâtonnier de Paris, Frédéric Sicard, porte-parole et patron des avocats parisiens, dresse un portrait relativement sombre du fonctionnement de la justice française. Il dénonce une « série de lois qui grignote l'État de droit » en particulier depuis novembre 2015 et un texte qui « manque de garde-fous en faveur des droits de la défense »

« Tous les spécialistes le disent : l'arsenal juridique existait au moment des attentats, c'est juste que l'État n'a pas les moyens de l'utiliser. Une loi de plus ne changera rien. En revanche, en l'état actuel du texte, la France peut basculer dans la dictature en une semaine. Ce n'est pas acceptable. » C’est bien le risque de l’arrivée d’une dictature qui ne dirait pas son nom qui nous menace et auquel la droite de la pensée unique a tendance à ne pas mettre en exergue. Mais il est significatif de constater que la magistrature dans son ensemble s’inquiète des mesures liberticides (rétention, perquisitions et fouilles de nuit, assignation à résidence, contrôles administratifs, assouplissement de la légitime défense pour les policiers...). Le bâtonnier de Paris ne s’arrête pas là et cible deux orientations gouvernementales qui font débat : « La déchéance de nationalité est une mesure inefficace. Sur son principe, la réforme constitutionnelle est un piège politique. Toucher à la Constitution, c'est toucher à la loi fondamentale de la nation. On ne peut y revenir tous les deux ans. Il ne s'agit pas de la délivrance du passe Navigo ! »

0n perçoit combien ce gouvernement agit dans l’empressement, comme s’il devait être jugé sur le nombre de réformes et non sur leur qualité et leur opportunité, dans un mouvement brownien permanent de bricoleurs peu doués. On lance de gros pavés dans la mare politique et on regarde les ronds dans l’eau. Si les ronds sont nombreux, on lâche du temps et on lance des négociations de partis, de syndicats tout en affirmant que rien d’important ne sera changé. On fait les lois sociétales pour la gauche et les libérales pour la droite, dans un pur esprit de IVème république où les partis centristes faisaient basculer alternativement à gauche et à droite dans une inefficacité et des compromissions qui ont fini par paralyser le pays. 

C’est ainsi que se présente le projet de loi Travail qui va mettre les salariés dans la rue. Comme le dit Patrick Apel-Muller : " Les éléments de langage prescrits par les communicants de l’Élysée prennent toujours les citoyens pour des cloches, sonnant à contretemps ". On envoie une jeune ministre nouvellement promue pour défendre une loi dont elle n’est même pas l’auteur. C’est le Premier Ministre qui s’en empare et l’auteur du texte, Emmanuel Macron, contemple le spectacle du déchaînement du monde salarial en se pavanant auprès du Medef qui se frotte les mains d’une nouvelle précarisation du travail. Les cadeaux au patronat, mais principalement au haut patronat, se succèdent mais la croissance n’assure toujours pas une diminution réelle du chômage. On le bricole à coups de radiations et de mises en formation très coûteuses qui laissent peu de place à l’apprentissage puisque le nombre d’apprentis diminue au contraire de l’Allemagne. 

Les dispositions successives, Pacte de responsabilité, Crédit d’impôt, Compte pénibilité, ont vu leur efficacité diminuer par la complexité engendrée alors que deux mesures s’imposaient : la baisse des charges pour les remettre au niveau allemand et la sortie de l’euro. Cette loi se caractérise par une durée effective du travail augmentée et un surplus moins bien payé. Comme je l’ai montré dans la précédente chronique la dévaluation interne par baisse du coût de l’heure travaillée n’apporte ni croissance, ni diminution du chômage. Elle se traduit par une baisse de la consommation interne qui va frapper principalement les petites entreprises non exportatrices mais les plus productrices d’emplois. 

Mais elle introduit incidemment une incroyable porte ouverte au communautarisme islamique dans ce projet, avec la mise en place de lieux de prière. Nul n’est besoin d’être grand clerc pour voir que cette disposition est un cadeau fait aux musulmans pratiquants et un clin d’œil supplémentaire à un électorat potentiel. Par ailleurs elle donne un blanc-seing aux employeurs pour procéder à des licenciements massifs à travers le plafonnement des indemnités de licenciement. En plafonnant le montant de ces indemnisations, la loi fera peser sur le salarié une épée de Damoclès anxiogène : celle d’un licenciement abusif insuffisamment sanctionné. 

Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que tout chef d’entreprise cherche à optimiser ses coûts et les coûts salariaux sont les plus importants dans beaucoup d’entreprises. En conséquence le licenciement d’un salarié peut être évalué sur la base de la comparaison de son coût salarial et de celui de l’indemnisation de licenciement. Ce calcul est facilité par le plafonnement, l’entrepreneur connaît le risque maximal. S’il aboutit à une décision de licenciement, il faut considérer ce que représente cette somme par rapport au bénéfice de l’entreprise. Pour une très grosse entreprise, cette somme deviendrait dérisoire, au contraire d’une petite de moins de dix salariés. En conséquence le risque pour le salarié est beaucoup plus faible dans une petite entreprise que dans une grande. On peut donc avoir dans cette dernière une tentation de licenciement abusif. Évidemment le Medef qui représente les grosses entreprises soutient cette disposition qui est la cible des syndicats de salariés. 

Pour la première fois sept organisations vont manifester le 9 mars et une grève est prévue le 31. C’est significatif de l’anxiété du monde salarial et des salariés futurs. Des relents du CPE flottent autour de Myriam El Khomri. Comme Dominique de Villepin alors, elle juge « absurde que les jeunes aient peur de cette loi » et dénonce « la désinformation et la manipulation sur ce projet de loi ». Ce qui veut dire que les salariés et les jeunes sont des cloches ou que l’information a été particulièrement mal faite. Quand un professeur voit que l’ensemble de ses élèves ne comprennent pas, il s’interroge sur son enseignement… pas les ministres ! 

Régression sociale, Dévaluation interne, Lois sécuritaires 

Sont les remèdes que les grecs ingurgitent 

Juste avant d’être pauvres et serviles ! 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon