samedi 19 mars 2016

Modeste contribution à un problème existentiel




Le week-end marquant une pause provisoire dans les activités politiques et géopolitiques, il est toujours bon de regarder un peu plus loin que le bout de son nez, c’est-à-dire beaucoup plus loin que ce que nous assènent les politiciens et les médias « mainstream ». Le citoyen de base a le droit de philosopher un peu sans se prendre pour un philosophe. La loi Travail, enfin le projet ou ce qui va en rester une fois passé à la moulinette des ajustements parlementaires et de la pression populaire, a mis en avant le mot « travail » plutôt que le mot « emploi ». Ceci est révélateur du but réel de cette loi qui tend à utiliser au mieux le potentiel humain et au moindre coût. Ce n’est pas un but de donner du travail au plus grand nombre. Cette arnaque a été flairée par beaucoup de français qui se révoltent de plus en plus contre le mensonge et l’enfumage.

La révision d’un Code du Travail, superposition continuelle d’innombrables strates qui devient indigeste, n’est pas prévue comme un acte de clarification et de simplification. On va en effet encore y rajouter des dispositions supplémentaires avec une foule de cas particuliers. Non le but est autre, c’est une intervention politique mini-sociale et maxi-libérale destinée à prendre en compte les instructions de Bruxelles, elle-même aux ordres des lobbies. Tout ceci dans le cadre de la politique d’austérité qui veut maximiser les profits des multinationales et des banques dans une politique de dévaluation interne. Celle-ci est obtenue principalement par une baisse du coût du travail et politiquement vendue avec une légère baisse du déficit budgétaire. 

Mais si le travail est indispensable à la survie de l’homme, à ses besoins primaires, se nourrir, se loger, il est destiné aussi à d’autres facettes de notre existence dont la première est de se soigner. Pour le reste on touche à des besoins secondaires que la société de consommation nous offre ou nous contraint à acheter. Par exemple il n’est nul besoin de tout ce que nous propose l’informatique et la télécommunication. Ils prennent une part importante de nos revenus et les générations antérieures ont vécu sans. On peut parler de même de la voiture et des loisirs. Nul besoin de la voiture puisque l’on ne cesse de vouloir la supprimer en nous incitant à aller au travail en vélo. Donc la plupart de nos besoins sont des besoins que nous nous créons. Pourquoi pas, mais en sommes-nous plus heureux ? La réponse peut être oui si nous nous référons à la façon dont vivaient nos aïeux… encore que beaucoup d’entre eux ont dit être heureux. Le bonheur est donc personnel et relatif, et de toute façon il est bien difficile d’en cerner les contours.

Mais allons plus loin, nous pensons que sans travail, l’homme est condamné au chômage, donc à la précarité et à un sentiment d’exclusion. Nous lions donc inconsciemment travail et bonheur, puisque le malheur est lié au chômage. Mais si j’ôte les conséquences de précarité et d’exclusion à la situation de chômeur, le citoyen peut-il être heureux ? Il se trouve alors dans une position de « retraité » précoce, or il y a des retraités heureux parmi ceux qui ont assez d’argent pour vivre. A priori le travail ne serait donc pas indispensable si le chômage permettait de vivre correctement sans se sentir exclu. Sur ce dernier point donc, si l’on imagine une société sans travailleur, il n’y a plus de sentiment d’exclusion. De même la précarité n’existe pas si la nouvelle société permet de donner un « salaire unique » à tous. 

Cette société imaginaire est-elle un rêve ou un cauchemar ? C’est bien là la véritable question car ce qui est sûr c’est qu’elle n’est plus un simple jeu de l’esprit. Elle est visée par un certain nombre d’humains qui ont les moyens de nous y conduire. Mais alors l’utilité de l’homme sur la terre, qui en dehors de la satisfaction de ses besoins vitaux, est liée à sa capacité de produire des richesses captées par en fine les plus riches, est remise en cause. C’est pourquoi seuls sont utiles ceux qui captent l’argent produit par la production de richesses. Mais qui produirait alors si aucun homme ne travaille ? Les robots. Nous nous réjouissons de l’évolution de la science et de la technologie en toute béatitude. C’est si bluffant de voir l’ordinateur battre le champion du monde du jeu de go, de porter toute son informatique, son téléphone et son argent au poignet, de porter sous la peau des nanopuces contenant toute notre identité médicale et administrative, de disposer de robots aidant les handicapés et les personnes âgées, etc. Mais la robotisation a déjà supprimé de nombreux postes de travail et le développement de l’intelligence artificielle va remplacer des postes de plus en plus qualifiés.

Les robots seront de plus en plus sophistiqués et de plus en plus aptes à accaparer le travail des hommes. C’est une évolution dont nous ne maîtrisons ni la vitesse de progression ni notre capacité à les intégrer dans nos sociétés… pour le bonheur de l’humanité. Nous jouons globalement aux apprentis sorciers. Le monde court de plus en plus vite mais il ne sait plus vers quoi. Nous consommons de plus en plus sans que nous ayons l’impression de courir vers le bonheur. Le salarié travaille moins mais son heure de travail est souvent beaucoup plus stressante et, si l’automatisation lui vole son poste, il se trouve au chômage. Tant que les multinationales trouveront des salaires inférieurs à ceux de leur pays d’origine, ils délocaliseront. Ces pays d’accueil verront les salaires augmenter rapidement comme on le voit en Chine actuellement. Alors on passera au « tout robot », phase qui se prépare progressivement. 

Rêve ou cauchemar ? Je vous laisse choisir même si cela n’est pas pour demain… mais après-demain. Toutefois cela nous fait comprendre que l’on nous cache les véritables problèmes de l’humanité, problèmes que des gens puissants ont déjà pris en compte. Cela nous fait comprendre la futilité des débats d’aujourd’hui où les ambitions personnelles se limitent au très court terme et aux profits immédiats. Pourtant la place de l’homme sur la planète est en cause. La surpopulation d’hommes inactifs conduit non pas à se préoccuper de leur survie mais à leur élimination dans une position eugénique qui n’a rien de réjouissant si on ne prend pas des dispositions assez tôt. On y trouve les raisons des guerres à répétition qui tuent des centaines de milliers d’hommes à chaque fois, les épidémies qui naissent dans des endroits suspects, les épandages cachés de substances nocives, chemtrails et autres, la suppression des nations, la mise sous tutelle mondiale par le biais du changement climatique et de l’OMS. On y trouve aussi les restrictions des libertés et la mise sous contrôle des masses avec la présence de plus en plus importante des polices et des armées comme cela se passe aux USA et où on nous conduit aussi en France, etc. etc. 

La méconnaissance de l’avenir ne conduit pas au bonheur 

Les hommes courent vers les mirages du consommateur

C’est ce mirage qu’exploitent ceux qui savent 

Où ils veulent conduire l’humanité 

 Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon