lundi 14 mars 2016

La désinformation, le pire ennemi du peuple (1ère partie)

La désinformation nous enserre dans un maillage si fin que notre vision doit devenir infrarouge dans des ténèbres de plus en plus opaques. On engage nos armées dans des conflits, non seulement sans l’accord du peuple, voire même de ses représentants, mais dans des lieux soigneusement cachés. Il a fallu que quelques médias indépendants ou des publications étrangères pour que nous apprenions que nous sommes partout du Yémen à la Libye, et que nos soldats manient les armes un peu partout dans des guerres néo-colonialistes en Afrique. Nous avons fait feu de tout bois contre l’Iran pour l’empêcher de fabriquer des armes nucléaires, et nous apprenons que non seulement nous n’avons pas protesté auprès de l’Arabie Saoudite, par ailleurs pire pays ne respectant pas les Droits de l’Homme, pour s'être doté d'armes nucléaires, mais le Prince Héritier est venu chercher sa Légion d’Honneur. On nous fait croire qu’El Khomri a pondu un nouveau projet, alors qu’il a été écrit par Emmanuel Macron en respect des instructions de Bruxelles aux ordres de la Cabale des puissants, etc.

Certains sujets font la une pour les besoins de la politique intérieure, ce fut le cas du « Réchauffement climatique » avec la COP21 en décembre qui devait sauver l’humanité. Le protocole de Kyoto n’ayant pas eu une efficacité quelconque sur le CO2 émis et à fortiori sur le réchauffement, on sait que les principaux pollueurs, Chine et États-Unis, ne feront rien ou presque. Mais cette conférence a été un monument de désinformation qui permet à l’État de faire ce qu’il veut ensuite, c’est-à-dire une politique énergétique qui amène le maximum de consensus des partis sur un sujet d’intérêt général et non un maximum d’efficacité et de moindre coût. Le déversement des subventions, que nous payons finalement, sur l’automobile, les énergies renouvelables, en est directement issu ainsi que le choix d’une diminution du nucléaire, toutefois plus facile à annoncer qu’à faire. L’attitude anti-nucléaire du gouvernement a évidemment un impact sur notre crédibilité dans la vente de nos réacteurs et n’est pas sans impact sur AREVA et EDF. Si les affirmations de COP21 sur d’une part le réchauffement climatique et d’autre part sur son origine anthropique, sont fausses toutes nos orientations énergétiques s’écroulent. 

Loin de moi la pensée de devoir fustiger ceux qui croient que le réchauffement est en cours et va nous mener à la catastrophe. Comment en serait-il autrement, vu le matraquage politique et médiatique actuel ? Tout le monde n’a pas le temps ni les capacités pour approfondir cette question. Pourtant la première contre-vérité, dite par Hollande, est l’affirmation d’un consensus du milieu scientifique compétent. Au contraire la bataille fait rage, dans les milieux scientifiques aux États-Unis, après deux publications contradictoires dans la revue Nature, publication scientifique de réputation mondiale. Celle, réaffirmant que nous ne sommes pas depuis dix-huit ans, sur un plateau de température, a soulevé une telle protestation, de plus de 300 scientifiques, que le Comité pour la Science, l'Espace et la Technologie de la Chambre des représentants US a demandé aux rédacteurs de fournir toutes les informations à partir desquelles ils ont travaillé. Bien que cette demande soit impérative, les auteurs n’ont toujours pas obtempéré.

Cela a valu un article inhabituel dans la revue Nature dont le titre était : « Le débat sur le hiatus du réchauffement climatique explose de nouveau. » On pouvait lire aussi : « Les législateurs US élargissent leur enquête au sujet d'une étude sur le climat. Un comité de la chambre des Représentants élargit une enquête sur une analyse de l'Administration Nationale pour les Océans et l'Atmosphère qui réfutait le "hiatus" du réchauffement climatique ». C’est dire si le combat fait rage. 

Le graphique ci-joint est issu du deuxième article paru en mars 2016 sous la plume de ténors de la climatologie, tels Ben Santer, Gerald Meehl, et Michael Mann. On peut illustrer leurs conclusions sur le graphique des températures officielles du HadCRUT4 sur lequel on porte les deux périodes en total décalage avec la moyenne des 102 modèles mathématiques prévisionnels et les mesures réelles. Sur une période de 65 ans (1950 à 2014), il y aurait deux épisodes d'une durée totale de 38 ans (1950-1972 et 2001-2014, bornes comprises), soit plus de la moitié du temps, qui auraient été des "hiatus" ou des pauses ou des "ralentissements", contraires aux modèles. Leurs conclusions sont les suivantes : « Les modèles climatiques ne reproduisent pas les tendances de température observées au début du vingt et unième siècle, en dépit d'une augmentation continue du forçage anthropique. […] Nous trouvons que le taux de réchauffement durant le début du XXIe siècle est plus faible que durant les quelques décennies précédentes. Ce ralentissement est évident au vu des GMST [NdT: "Global Mean Surface Temperature, la température moyenne de la surface du globe] ainsi que dans la température moyenne de la basse troposphère ».

Je n’irai pas plus loin sur ces considérations scientifiques n’ayant aucune compétence en climatologie autre que celle des modèles mathématiques, mais il importe de savoir que l’on nous fait croire n’importe quoi alors que la science ne peut encore rien affirmer puisque elle est incapable de créer un modèle mathématique expliquant le passé. Devant ce constat, tout scientifique, digne de ce nom, sait que dans ce cas les prévisions ne valent rien et que manier le catastrophisme sur les populations est tout simplement criminel parce qu’il induit des orientations politiques qui n’ont aucun fondement scientifique. La question que l’on est en droit de se poser est : mais comment en est-on arrivé là ? Je pense que des extraits d’une conférence d’un des scientifiques les plus réputés en climatologie, délivrée par Richard S. Lindzen, Alfred P. Sloan Professeur (émérite) de Sciences de l'Atmosphère (Emérite) du MIT (Massachusetts Institute of Technology), le 20 Août 2015 lors de la 48e Session des Séminaires Internationaux d'Erice, apportera des réponses à cette interrogation dans la prochaine chronique. 

L’écran de fumée médiatico-politique nous cache que

La recherche progresse comme elle l'a toujours fait, 

Grâce aux erreurs, conflits et corrections.

Mais en matière de climatologie, 

On est loin d’avoir

Tout compris ! 

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon