jeudi 3 mars 2016

Les français vont-ils enfin comprendre que l’UE nous tue ?



Les discussions sur l’appartenance de la France à la zone euro commencent à recueillir de plus en plus d’écoute parmi nos concitoyens et de plus en plus d’économistes, dont deux Prix Nobel, montrent qu’elle est loin d’être optimale et génère des disparités économiques qui ne font que s’agrandir. De plus en plus de voix compétentes se font entendre. L’ancien gouverneur de la banque d’Angleterre, Lord Mervyn King, annonce publiquement que « la zone euro est vouée à l’échec et va aller de crise en crise jusqu’à sa destruction » dans son livre : « La fin de l’alchimie ». L’économiste britannique Lord Mervyn King, Chevalier grand-croix de l’Ordre de l’Empire britannique, n’est pas un économiste comme les autres. Il a été le gouverneur de la très puissante Banque d’Angleterre, l’une des principales banques centrales de la planète, du 1er juillet 2003 au 1er juillet 2013, soit pendant une décennie entière. 

Selon lui, la plus grande économie de l’Europe (l’Allemagne) fait face à un « terrible choix » : doit-elle soutenir les partenaires les plus faibles de la zone euro au prix d’un coût important et sans fin pour ses contribuables, ou doit-elle mettre un terme au projet d’union monétaire dans l’ensemble de l’Europe ? Elle ne semble nullement y être disposée car les économistes évaluent le coût à 8% de son PIB. Pour le banquier central, le « seul moyen » dont disposent les pays faisant face à l’abîme d’arrêter « l’austérité écrasante et le chômage de masse perpétuel », avec « aucune fin en vue de la charge de la dette » des pays débiteurs, est qu’ils abandonnent l’euro. Pourtant la grande bénéficiaire de l’euro est l’Allemagne comme le montre son commerce extérieur avec un excédent de 248 Mds€. 

On voit que la France n’arrive qu’au deuxième rang dans les exportations allemandes et au 3ème rang pour les importations. Ceci se solde par un déficit de 36 Mds€ pour la France sur 45,7Mds€ en 2015 soit plus de 78%. Dans nos échanges avec l’Allemagne les exportations sont 36% inférieures aux importations. Notre compétitivité vis-à-vis de l’Allemagne est un handicap primordial. C’est pour cela que nous devrions dévaluer notre monnaie par rapport à l’euromark de 35% environ selon certains experts pour retrouver une compétitivité. Si je prends le marché de l’automobile, les marques allemandes deviendraient hors de prix, notre industrie automobile pourrait se relocaliser et faire baisser le chômage.

Si l’on regarde les exportations françaises, hors matériel militaire, on constate que 61%  des exportations se font dans la zone euro et les 2/3 des importations selon l’INSEE en 2015. On constate que c’est le déficit du commerce extérieur en zone euro qui plombe celui-ci, alors que globalement nous sommes bénéficiaires en dehors de la zone euro. L’examen du solde par rapport aux exportations met particulièrement en évidence que l’euro nous handicape beaucoup plus en zone euro qu’ailleurs, ce qui laisse supposer que l’euro est moins défavorable par rapport au dollar qui est la monnaie la plus utilisée dans le monde. 

Mais la question se pose désormais de savoir s’il ne faut pas tout simplement quitter l’UE. Les réactions des pays de l’UE face au flux migratoire, la désespérance des petits agriculteurs et le déni de démocratie reposent crûment le problème. On peut aussi le regarder sous un angle socio-économique et se comparer aux autres pays européens. J’ai rassemblé des données de l’OCDE et d’Eurostat pour examiner ce qui est le bonheur du citoyen, un bon niveau de vie et du travail. Le tableau présenté donne le PIB/habitant et le taux d’emploi qui inclue le travail à temps partiel. On peut supposer que le PIB est d’autant plus élevé que le nombre d’heures travaillées est important. C’est donc le PIB/heures travaillées qui sera utilisé. On ne dispose pour l’instant que des données 2012 en dollars. Par contre le PIB/habitant est exprimé en euros, et en 2014 comme les taux d’emploi et de croissance.

La liaison entre les heures travaillées apparaît significativement sur le graphique joint, mais deux pays se singularisent, l’Islande et la Suisse. On peut supposer que la productivité joue un rôle. Une liaison se fait jour une fois enlevée celle des heures travaillées. Ce traitement mathématique permet de montrer que l’on peut expliquer une bonne partie des écarts avec un lien direct avec les heures travaillées et le taux d’emploi. Plus le PIB/heures travaillées et le taux d’emploi sont élevés, plus le PIB l’est. Tout n’est pas expliqué en particulier pour l’Islande et l’Espagne. Cependant il apparaît que plus le travail est réparti, plus la productivité augmente. Ceci ne va évidemment pas dans le sens de l’augmentation des heures journalières proposée dans le projet de loi Travail. Par contre on ne trouve aucun lien entre le taux de croissance et le PIB/Heures travaillées. Il nous reste à tirer des conclusions sur la comparaison entre pays européens de la zone euro, hors zone euro, et hors UE. 

Les pays choisis pour faire cette étude sont les principaux pays de l’Europe mais une étude globale pourrait donner des résultats légèrement différents. En particulier les pays de l’est qui sont de nouveaux entrants de poids assez faibles et de niveau de vie assez  bas, ont été exclus, hormis la Pologne. Les trois pays hors UE choisis sont la Suisse, la Norvège et l’Islande, ont des résultats bien meilleurs avec des PIB/habitant, des croissances et des taux d’emploi nettement supérieurs respectivement de 57%, 30% et 23%. On peut au moins en déduire que quitter l’UE n’entraîne pas plus d’inconvénients socio-économiques que de quitter la zone euro bien au contraire. Plus les liens sont déliés avec les contraintes de l’UE, plus les pays se portent bien. 

Il n’y a qu’un catastrophisme dans la sortie 

Du carcan de l’euro et de l’UE

L’immobilisme et la peur ! 

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon