mardi 8 décembre 2015

Vers le pouvoir légal mais illégitime dans une démocratie perdue



Allez voter ! C’est le concert habituel des candidats qui veulent puiser des voix dans le flot des abstentionnistes. En dehors du programme purement écologiste, il n’y a en fait que deux options, celle du PS et de LR dont le programme est, on continue comme nous le faisons pour l’un et comme nous l’avons fait pour l’autre. Aucun remords chez les uns ou chez les autres, si ce n’est pour l’un de promettre qu’avant la fin du quinquennat la prospérité sera là, et pour l’autre que l’on saura tirer les leçons du passé. Pour les deux on joue tactiquement pour les présidentielles, pas pour le bien commun. On promet ce qui ramène des électeurs et on parle national plus que régional. D’ailleurs les régions, qui étaient un machin dont on ne savait pas trop à quoi elles servaient, à part pour ceux qui utilisent les transports régionaux, vont devenir plus puissantes mais plus obscures, et plus lointaines dans plusieurs nouvelles grandes régions. 

En éloignant un peu plus le citoyen du lieu de pouvoir, on fait là un nouveau pas dans le recul de la démocratie. Entre les communes qui perdent leur pouvoir dans les communautés de communes et les régions qui englobent des départements aux mentalités, au mode de vie et à l’histoire très différentes, on enlève au citoyen des repères identitaires et le moyen d’agir sur l’Etat et ses représentants. A quoi servira bientôt d’aller voir le maire pour l’entendre dire : « Ceci n’est pas de mon ressort, j’en ferai part à la Communauté ». De même le Spiripontain (Pont-Saint-Esprit), qui traverse le pont pour être en région PACA dans le Vaucluse, regardera Toulouse comme on regarde Paris puisqu’il sera administrativement rattaché à Toulouse alors que Montpellier n’était déjà pas à côté. Les mêmes problèmes se posent dans la région Champagne-Ardennes-Lorraine-Alsace où la spécificité de l’Alsace risque de ne plus être reconnue et Champagne-Ardennes est très différent d’Alsace-Lorraine. Le redécoupage des régions, fait à la hâte, n’avait pour but que de singer les länder allemands et de créer des seigneuries qui tendraient à vouloir se substituer au rôle de l’État. C’est ce dont ont dû se défaire les rois de France pour créer notre pays. Le processus régional engagé est donc un pas vers sa destruction. L’Europe régionalisée sera plus facile à fédérer. 

Mais la perte de lien entre le peuple et le pouvoir s’est manifesté dimanche une fois de plus puisque près de 50% des électeurs inscrits ne sont pas allés voter pour ce 1er tour. Il faut bien garder en tête que le corps électoral potentiel est de 51,5 millions d'individus, contre 45,3 millions d'inscrits. En recalculant les résultats en accord avec cette base, nous obtenons le graphique suivant, qui illustre de manière fidèle les votes et non votes des français. Avec seulement 42% de votants par rapport au corps électoral de citoyens en âge de voter, et 10% pour le parti de gouvernement, le pouvoir est légal mais il n’a plus aucune légitimité. Cette désaffection massive tend à décrédibiliser le principe des élections et donc le système républicain lui-même. Pire en additionnant les non-inscrits, les abstentionnistes et les bulletins blancs et nuls, on obtient 58% de français qui ne se reconnaissent dans aucun des partis en lice.

Certains pensent à une alliance de salut public, un Front de Libération, en souvenir de ce qui s’est passé après la seconde guerre mondiale mais force est de constater que les trois partis, dont on nous dit qu’ils représentent désormais le peuple, ne représentent ensemble qu’un tiers de l’électorat potentiel. C’est donc le principe même du fonctionnement de la démocratie qui est remis en cause. C’est le résultat voulu des politiques français, à l’image du fonctionnement de l’UE. La démocratie est une institution gênante dont il faut diminuer le potentiel de nuisance par tous les moyens. Il n’est plus question à Bruxelles de demander l’avis des peuples par référendum. Tout se décide au niveau le plus élevé du Conseil de l’UE, concocté souvent par les Commissaires, comme les adhésions à l’UE. Celles de l’Ukraine et de la Turquie se préparent dans l’opacité et ne demanderont aucun accord des peuples, au plus celui de leurs représentants. La démocratie s’ingénie à s’éloigner de la démocratie directe pour en faire un accessoire désuet. Le pouvoir est dans la ploutocratie. 

Un français sur deux votera dimanche, peut-être un peu plus, car les partis tenants du système ont pris peur de devoir céder la main à un parti antisystème. Le petit jeu du « une fois c’est toi, une fois c’est moi » est menacé, le joujou du pouvoir risque d’être cassé. C’est ce qu’a compris un tiers des votants du 1er tour. La démonstration de la dangerosité de la démocratie est mise en lumière et apporte le trouble chez tous ceux dans tous les pays et à Bruxelles qui vivent du système. On comprend mieux les slogans incessants de catastrophisme vitupérés par les partis du système et les lobbies. Une fois cette élection terminée, ne doutez pas que tout sera fait pour rendre inopérante la contestation démocratique, en en jugulant la liberté d’expression mais en faisant la partie belle à toute une presse aux ordres et aux pires prévisions économiques, climatiques, sociétales, culturelles, cultuelles et autres. 

A se vautrer dans un mondialisme déshumanisé 

La France perd les emblèmes de sa démocratie

Liberté, égalité, fraternité pour les livrer 

A la ploutocratie avide d’argent et au…

Nouvel Ordre Mondial ! 

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon