dimanche 20 décembre 2015

La France ? Une nation en déliquescence !



Les élections régionales, dans un contexte voulu de campagne écourtée et perturbée, ont fait apparaître le refus de la politique menée par le gouvernement en votant massivement pour le FN et en s’abstenant encore plus massivement. Il n’y a plus aucun élan derrière la voie tracée par François Hollande. Les résultats économiques sont mauvais, le chômage n’est toujours pas maîtrisé, les créations d’entreprises diminuent, le déficit n’est toujours pas dans les clous de Bruxelles, la dette augmente vers 100% du PIB, la sécurité n’est pas assurée, l’état d’urgence restreint les libertés, les retraites sont bloquées, la pauvreté augmente, la justice débordée relâche les coupables et la guerre extérieure sans fin nous amène le terrorisme et un renforcement de l’immigration de peuplement. Face à cette catastrophe la gauche et la droite traditionnelles ne font plus qu’un alors que Valls gomme le socialisme pour le libéralisme et que la droite rêve d’une coalition faute d’avoir des idées neuves qui la différencient.

Le peuple finit par faire appel à de vieux chevaux de retour, comme Juppé, par peur de l’inconnu du FN diabolisé à souhait. Peu importe que ce vieux cheval ait eu affaire à la justice, on a pris l’habitude de voir les ministres condamnés, mentant effrontément devant l’Assemblée, et les députés en séance avec un bracelet électronique. La pensée majoritaire est simple que voulez-vous ma bonne dame : « Moi je ne sais pas encore si je voterai pour les présidentielles, mais Sarkozy je n’en veux plus et Hollande non plus, alors comme j’ai peur du FN, je voterai Juppé ou Bayrou, on verra ». Mais ils ne vont pas faire autre chose que ce qu’ils ont fait, et ils ne font plus rêver avec l’Europe et l’euro, lui dites-vous. « Je sais, mais vous voyez quelqu’un d’honnête qui propose quelque chose de différent en dehors du Front de Gauche, du FN et des souverainistes, dont on me dit soit qu’ils n’ont pas de solution non plus soit que c’est pire que la peste, le repli sur soi avec le fiasco économique assuré et la guerre civile. » Mais si on reprend les mêmes et que l’on recommence à perdre pied par rapport à l’Allemagne, au Royaume-Uni et même à l’Espagne dont la croissance est repartie et le chômage en baisse, n’est-ce pas aussi l’échec prévisible ? « Bon, je vais vous dire, je ne crois plus en personne et s’abstenir ou voter blanc, cela les laisse indifférents, ils sont capables de gouverner avec 10% des électeurs potentiels en âge de voter. Juppé ou Bayrou feront peut-être moins de conneries que les deux précédents ». 

Voilà le sentiment populaire le plus répandu chez le citoyen aujourd’hui. Seule une petite frange de la jeunesse croit encore pouvoir changer les choses. Ce sont ceux qui ont résisté au matraquage incessant de la culpabilité de la France, de l’épluchage de son histoire pour en édulcorer tout ce qui a fait sa grandeur, sa lutte pour trouver sa place contre les duchés et les envahisseurs, son rayonnement, qui doit tout autant, à la royauté, à ses empereurs, au colonialisme, à l’époque des cathédrales, au siècle de Lumières qu’à la Révolution Française. Cette jeunesse est nourrie des ravages de l’esclavagisme, de la traite des noirs, des collabos et du gouvernement de Vichy, des exactions de nos soldats et de nos colons en Algérie, de notre racisme. L’opprobre est si souvent utilisée contre notre pays, que les pages sombres laissent les plus belles pages en demi-teinte voire ignorées. Comment s’étonner alors que des jeunes sans travail, sans perspective avec un cursus scolaire insuffisant pour faciliter leur assimilation, se tournent vers d’autres choix de valorisation dans les circuits de la drogue ou pour une cause religieuse qui leur promet monts et merveilles, leur procure armes et argent et le sentiment d’œuvrer ensemble pour une revanche sur ceux qui les ont rejetés.

Mais ce désenchantement est mis au grand jour d’une autre façon. Le nouveau découpage des régions, a été fait sans autre idée directrice que de faire des régions pouvant se comparer aux länder allemands et pour satisfaire Bruxelles qui ne cherche qu’à diviser pour régner. Le reste est un tripatouillage à but électoral. Ce découpage, fait à la hâte bien que sans nécessité d’urgence, porte en lui deux pommes de discorde. La première c’est d’en revenir à l‘époque des duchés contre lesquels le pouvoir royal a dû guerroyer pendant des siècles. Certains étaient plus riches et plus puissants que la royauté. La France, bien avant l’Allemagne, a réussi la création d’une Nation. C’est ce qui la différencie et c’est le modèle que l’on veut nous imposer en contradiction avec notre Constitution. On voit déjà de nouveaux roitelets vouloir imposer leur marque sur la politique nationale bien avant de l’imposer sur leur région. La deuxième pomme de discorde est contenue dans le tracé irrespectueux du passé des différentes mini-régions que l’on accole de force. C’est le cas pour Champagne-Ardennes et Alsace-Lorraine. C’est le cas aussi pour Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon. 

Mais revenons sur les nouveaux duchés. Cette promotion de la région et la désaffection, pour un État impuissant et par contrecoup pour la Nation Française, induisent un repli sur un réflexe identitaire régional. Bruxelles étant de plus un fer de lance de la régionalisation avec une Commission spéciale qui lui est dédiée, il ne faut pas s’étonner de voir le Conseil Régional de Corse se proclamer Nation Corse dotée d’une langue corse, attribut indispensable de la Nation. Il crie fort et haut pour avoir un peu de suite sans doute mais le ver est dans le fruit et l’Etat, comme pour l’Islam, ne cessera de reculer en recherchant des « accommodements ». La Nation est en danger car ceci ne peut être qu’un encouragement à tous les mouvements régionalistes. L’Alsace a déjà montré combien elle tenait à sa spécificité. L’État a pu juger du fort sentiment breton dans l’engagement de défense des pêcheurs et des agriculteurs. L’ETA est implanté dans le pays basque espagnol et français et veut la création d’un État indépendant à l’image de la Catalogne. On devine que les basques se reconnaîtront encore moins dans l’immense région qui leur est proposée.

La France, non seulement perd petit à petit son identité sous l’effet de l’immigration de peuplement, qui ne peut que s’accélérer. Elle perd pied dans son économie. Elle perd sa souveraineté de plus en plus aux mains de Bruxelles, voire de l’Allemagne, et des USA,  mais elle se délite en plus de l’intérieur. En même temps que le sentiment de fierté nationale est sapé par la communication du désenchantement permanent et par les mauvais résultats de l’État, l’identité régionaliste est en voie de promotion. Tout ceci conduit à des désordres et des dysfonctionnements futurs qui exposent ce pays, démuni de ses défenses immunitaires, aux plus grands dangers de gangrène. Les chacals étrangers reluquent déjà la dépouille de la Nation Française. Le rêve européen d’un fédéralisme de régions risque aussi de se terminer par le même processus. Rien n’et pire qu’un rêve qui s’écroule. 

Nos gouvernants sont soit aveugles ou bornés soit complices

D’un délitement et d’une désagrégation de notre Nation. 

La France de nos ancêtres ne peut que les regarder

Comme des incapables ou des traîtres 

A la Nation et au sang versé ! 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon