dimanche 27 décembre 2015

Etats-Unis – France – Russie, trois pays mais deux mondes



"Sales Corses de merde, cassez-vous, vous n'êtes pas chez vous ici !". Telles sont les paroles prononcées par la bande qui a agressé le camion de pompiers à Ajaccio. Il s’en est suivi le saccage d’une association culturelle et sportive marocaine, déclarée comme telle, mais qui était de fait une salle de prières musulmanes. Plus que l’agression en elle-même, ce sont les paroles prononcées par les agresseurs qui ont soulevé la vindicte de la population corse. Ceci met en lumière la réalité des zones de non-droit qui fleurissent dans les grandes villes de France. Ce n’est évidemment pas une découverte mais c’est la première fois que la population d’une ville se révolte tandis que les autorités musulmanes demandent la recherche et la punition des coupables du saccage du local de l’association. Peut-être d’ailleurs la révolte n’aurait pas été la même au cas où les injures prononcées auraient contenu « Sales français ». Ceci montre que l’identité corse est forte et surpasse l’identité française car à Béziers que je connais des incidents de ce genre ont déjà eu lieu sans soulever la population.

Mais incontestablement le climat de tension actuel montre que désormais tout peut se produire. Les zones de non-droit, l’afflux de milliers de réfugiés à Calais et à Dunkerque (2600 paraît-il, vivant dans des conditions « humanitairement » pires qu’à Calais), la montée du chômage et de la pauvreté, les perspectives d’un nouveau 2008 qui se précisent, sont autant de raisons de penser à une explosion sociale par un « ras-le-bol » général. La restriction des libertés en cours n’est sans doute pas par hasard et la « température » du pays doit être jugée comme prête à faire péter le thermomètre. Les attentats n’expliquent pas tout, et la révision de la Constitution ne s’impose pas si une autre motivation n’était pas la vraie raison. La France est en guerre dit Valls et on fait tout pour persuader le pays que sa préoccupation c’est Daech, en réalité véritable État mis en œuvre par la coalition. Ceci fait oublier toutes les raisons susceptibles de lever le pays contre son gouvernement. On en oublie même l’afflux de migrants qui se répandent dans l’espace Schengen en nous faisant croire que l’accueil officiel de quelques dizaines d’entre eux est le signe que la situation est sous contrôle. En réalité on ne contrôle plus rien et les frontières sont poreuses à souhait. 

Mais des faits similaires se passent aux États-Unis où, sans raison apparente, les unités militaires se répandent sur tout le territoire et se livrent à des manœuvres que ne nécessite pas la guerre Syrie-Irak où les troupes au sol sont en petit nombre. De grandes études, financées par des millions de dollars, sont lancées depuis 2008 dans les universités sur l’appréhension du niveau de mobilisation des mouvements sociaux et leur contagion. Connu sous le nom de « Minerva Research Institute », le Département de la Défense a créé des partenariats avec des universités en 2008 dans le but « d’améliorer la connaissance du Département de la Défense sur les forces sociales, culturelles, comportementales et politiques qui façonnent les régions du monde qui ont une haute importance stratégique pour les États-Unis ». La conjonction de ces deux faits militaire et études politiques laisse à penser que les autorités s’apprêtent à l’effondrement possible de la société américaine dans son ensemble.

Nos deux pays, dont les liens ne cessent de se renforcer dans une vassalité de plus en plus grande de notre pays vers le leader occidental, risquent d’être frappés des mêmes maux à base d’effondrement économique et de révoltes populaires. Le monde occidental est au bord du basculement et la perte d’identité et de repères laissent notre pays comme un bateau sans gouvernail devant une tempête qui s’annonce. Les changements sociétaux au forceps et le multiculturalisme minent l’unité de la nation devant le danger et ceci d’autant plus que le danger est interne et externe. Le peuple ne maîtrise pas le danger externe, il le subit. Mais un danger interne ne résiste pas à l’unité d’un peuple sauf s’il divise celui-ci. A ce monde occidental sous hégémonie américaine, il faut ajouter désormais un monde nouveau qui se construit de plus en plus rapidement et dont la conception est multipolaire avec un axe russo-chinois. C’est inexorablement le monde de demain dont on ne sait s’il prévaudra naturellement par un accouchement sans douleur ou dans la plus effroyable guerre de l’humanité. Toutefois on ne peut que constater la mesure de notre « ennemi » russe dans la construction de ce monde. Dans un documentaire du célèbre journaliste russe Vladimir Soloviev intitulé "L’ordre mondial" ("Miroporiadok") et diffusé le 20 décembre 2015, Vladimir Poutine évoque certaines questions concernant les relations internationales. Je vous invite à lire la traduction d’un interview de Vladimir Poutine sur sa vision du monde et des relations internationales. Ce sera à vos risques et périls, tant le contraste avec nos dirigeants occidentaux est frappant, mais quand le malade connaît son mal, il est sur la voie de la guérison.


Le monde occidental est en perte de puissance et de valeurs

Sa civilisation court au déclin sans encore réagir. 

Un monde nouveau peut nous accueillir

Nous y avons notre place 

Ne l’a ratons pas ! 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon