samedi 5 décembre 2015

Une politique étrangère désastreuse… pour la France !



Au moment où les français sont priés d’aller voter pour les Régionales, dans un climat de peur et d’état d’urgence, la politique intérieure rejoint la politique extérieure française. Nous venons d’envoyer le porte-avions Charles De Gaulle au Moyen-Orient avec l’intention d’augmenter nos frappes. Seul problème, nous n’avons plus de bombes à larguer, celles capables de détruire les caches souterraines des terroristes. Il nous a fallu faire presto une commande aux Etats-Unis mais leur urgence c’est les 8000 bombes pour l’Arabie Saoudite qui bombarde le Yémen. Nous allons frapper sous l’autorité du PC opérationnel américain et sous l’autorisation des russes qui contrôlent l’espace aérien sur une profondeur de 250km depuis la mer Méditerranée grâce aux nouvelles batteries de missiles S-400 installées après la destruction de leur bombardier par les turcs. Autrement dit notre efficacité opérationnelle restera très marginale par rapport à celle des russes, seuls capables de vaincre le terrorisme de cette région en coopération avec l’Armée syrienne. Notre intervention a pour but d’une part de nous laisser dans la course des nations ayant leur mot à dire sur le conflit syrien, et d’autre part de lancer un message au peuple français sur la capacité de chef de guerre du Président et de son souci d’éliminer le danger.

Malheureusement la politique étrangère française depuis près de dix ans est collée à celle des États-Unis, à celle du complexe financier et militaro-industriel de ce pays, centrée sur une hégémonie américaine grâce d’une part à la maîtrise financière et monétaire par le dollar, et d’autre part grâce à la puissance militaire. Il faut savoir que le budget de la défense américain est 8 à 9 fois plus élevé que le même budget russe, lequel correspond à celui des divers services de renseignements américains. Ceci permet de relativiser les choses pour ceux qui croient encore que le but de la Russie est de conquérir l’Europe. Il faut bien comprendre que la Russie fait face aux mêmes problèmes que nous face au terrorisme à l’extérieur de ses frontières et à une population de 15 à 20 millions de musulmans pouvant abriter des terroristes. Ils ont aussi payés, plus que nous, dans différents attentats dont celui du métro de Moscou. Leurs réactions ne sont pas celles d’une puissance hégémonique mais celles d’un pays sur la défensive, obligé d’éviter la contamination des ex-républiques de l’URSS et une déstabilisation de l’intérieur. 

La Russie sait qu’en Syrie, en Irak, en Ukraine, en Afghanistan, la guerre secrète menée par les États-Unis a toujours eu pour but le chaos en se servant des antagonismes ethniques ou religieux. Partout où ils ont œuvré, le chaos règne. La Russie se sait donc menacée comme adversaire crédible désormais à l’hégémonie américaine. Son intervention en Syrie est programmée, clairement affichée, dans le cadre légal d’intervention sur demande de ce pays, ce qui n’est absolument pas le cas de la coalition occidentale. La France a-t-elle demandé à la Syrie le droit de bombarder son territoire ? Non bien sûr, nous nous sommes octroyés, sous couvert américain, le droit d’ingérence dans un réflexe néo-colonialiste que l’on perpétue en Afrique aussi. Notre attitude belliqueuse envers Bachar al-Assad que nous voulions mort ou vif, est piteusement prise désormais à contre-pied. Nous avons frileusement choisi le camp américain, ce choix s’avère désastreux dans ses résultats passés, récents et futurs.

L’Afrique nous regarde de plus en plus comme des colonisateurs qui ne résolvent aucun des problèmes de fond, laissent se développer un terrorisme mafieux et religieux qui sème le chaos. Notre présence est liée à des intérêts économiques plus qu’humanitaires ainsi qu’à une mainmise sur les dirigeants de nombreux pays. Notre intervention en Libye a ouvert le pillage et la dispersion d’un arsenal dans toute l’Afrique et fait de ce pays une nouvelle base de l’Etat Islamique. Notre intervention en Iran, nous projetant parmi les plus ardents accusateurs de la prolifération nucléaire de ce pays avec de nombreuses déclarations d’intransigeance de Laurent Fabius pour finalement signer le traité sous pression américaine, a laissé une image désastreuse de l’inconstance de nos positions. Notre opposition à la Russie dans cette affaire, nous a d’ailleurs finalement fait perdre le contrat d’avions Rafale avec l’Inde. A ce propos notre vente d’avions à l’Arabie Saoudite, pays qui a soutenu l’État Islamique et dont les banques servent toujours de transit à l’argent de cet État en toute opacité, lui permet de bombarder le Yémen, là encore dans une ingérence dans un État en dehors de toute autorisation de l’ONU. Notre refus de coopérer avec la Syrie, nous a privé de renseignements du plus haut intérêt tant dans la lutte contre l’EI que pour déjouer ses actions dans notre pays ! 

Notre position vis-à-vis de la Russie est aussi désastreuse. Nous votons par deux fois les sanctions contre la Russie pour une aide militaire au Donbass en Ukraine, aide plus humanitaire que militaire car aucune preuve autre ne peut être fournie comme le demande Poutine. Nous refusons de lui livrer les navires Mistral prévus au contrat, mais nous allons faire acte de coopération militaire en Syrie lorsque nous nous apercevons que sinon nous serions exclus de la résolution de ce conflit. Avec la Turquie, nous fermons les yeux sur la livraison de pétrole de l’EI, nous acquiesçons au paiement de 3 milliards et à l’entrée sans visa dans l’UE en échange d’un ralentissement du flux des immigrés, tout cela sans que la destruction du bombardier russe n’aille pas au-delà de molles protestations. C’était pourtant le moment de dire aux Etats-Unis de choisir entre la Turquie et nous pour notre participation à l’OTAN.

Cette politique étrangère du double-jeu entraîne désormais la plus grande méfiance des autres pays du monde. On l’a vu avec l’Inde et les commentaires russes sur l’attitude ambigüe de la coalition vis-à-vis d’Al-Qaïda en Syrie. Mais elle nous a amené de plus la guerre de l’intérieur par des terroristes car la France est maintenant le pays le plus ciblé par l’EI et les groupes terroristes plus ou moins affiliés. Nous avons propagé ce sentiment de haine dans une grande partie de l’Afrique. Comme les américains nous avons créé le chaos. Alors que notre pays n’arrive pas à respecter les critères d’adhésion à l’UE du traité de Maastricht, ni sur la dette à 60% du PIB (remis aux calendes grecques), ni sur les  3% de déficit/PIB (pas avant 2017) nous nous engageons dans des dépenses supplémentaires de guerre sans d’ailleurs augmenter nos capacités de défense. Nous dépensons principalement en fonctionnement dans ce domaine sans résultats concrets et surtout pérennes.

Le pire est que tout cela aboutit non seulement à des morts parmi nos soldats mais surtout parmi les civils dans notre pays même. Nos gouvernants sont en quelque sorte des criminels qui n’ont même pas la pudeur de reconnaître qu’ils sont une partie de la cause, celle que l’on pouvait éviter. Ils nous laissent un pays en décadence, en voie d’appauvrissement, sous état de choc et de restriction des libertés. L’histoire leur sera impitoyable mais les forces extérieures et intérieures qui s’exercent sur le pays leur éviteront sans doute le déshonneur. Ce ne sera pourtant pas grâce à la 21ème Conférence des Organisations Pourries… 

Les familles endeuillées qui n’ont pas assisté à la cérémonie

Les drapeaux qui ne sont pas sortis aux fenêtres 

Sont autant de révélations que le peuple

Commence à ne plus être dupe 

De la félonie en cours ! 

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon