mardi 29 décembre 2015

Ça sent le roussi !



Pendant que nos hommes politiques se mobilisent sur la déchéance des binationaux, sujet en décalage avec la gravité de la descente relative du pays sur le plan économique et social, la géopolitique continue à étendre sur notre avenir les pires menaces. Malgré la gravité de la situation intérieure sur laquelle je reviendrai, c’est au Moyen-Orient que se joue l’avenir du monde. Les informations sur nos frappes et sur la prestation de notre porte-avion, qui ne changent pas grand-chose à la situation du rapport de forces, masquent l’essentiel de ce qui se passe dans cette région. La presse occidentale ment effrontément. « Daesh résiste aux frappes russes », selon elle… Mais, est-ce vrai ? Surtout pas car, la plupart des commandants terroristes ont été éliminés. Aujourd’hui, les terroristes, certainement conseillés par leurs parrains, installent sur les toits de leurs camps, des femmes en cage, pour éviter les bombardements russo-syriens.

Daesh sait désormais qu’il ne pourra continuer à rester en Irak et en Syrie, son recul est en cours. Le drapeau irakien flotte sur Ramadi, ex-bastion de Daech. Les forces syriennes, avec l’appui considérable de la Russie, progressent et éliminent l’un après l’autre les chefs terroristes, les infrastructures de l’EI, et surtout rendent difficile le convoyage du pétrole vers la Turquie. Les unités de l’armée syrienne ont repris le contrôle total de la route Alep-Khanasser-Ithriya-Salmiyé après avoir éliminé un grand nombre de terroristes de Daesh. Les djihadistes se replient sur Raqqa où la bataille a commencé. La meilleure preuve du recul de l’EI est que les américains sont en train d’ « exfiltrer » des chefs de l’organisation terroriste, selon leur double jeu devenu de notoriété publique. La saisie d’un téléphone portable de Daech montre qu’ils ont des contacts avec les services secrets turcs, dont avec l’OTAN. Une journaliste de Press TV a été tuée par les services secrets turcs pour avoir dévoilé les liens entre Ankara et Daesh (Al Manar). Un rédacteur turc poursuivi pour avoir révélé des livraisons d’armes à Daesh. 

Mais la guerre est loin d’être finie, elle s’étend de la Turquie au Yémen et le nombre de nationalités des forces militaires en présence ne cesse de croître. La Russie est ciblée par l’Arabie Saoudite. Ce mercredi le consulat de la Russie à Aden a été bombardé par l’aviation saoudienne. Selon Press TV, le consulat a été entièrement détruit dans ces attaques qui semblent ciblées. Mais désormais l’opposition de la Turquie à la Russie prend une ampleur d’autant plus grande que Washington la soutient malgré sa collusion avec Daech et l’attentat programmé contre le SU-24 russe. On voit encore le double jeu américain auquel nous ne sommes évidemment pas étrangers en participant à la coalition arabo-occidentale. Mais du côté de l’alliance Syrie-Russie-Iran, les accords stratégiques avec la Chine prennent leur réalité sur le terrain syrien. Les troupes navales chinoises débarquent en Syrie. 

Le 30 novembre le président chinois Xi Jinping a informé le président Poutine que sa nation est prête à prendre un plus large rôle dans la guerre internationale contre le terrorisme et que la Chine serait à la disposition de la Russie pour aider dans les efforts mondiaux de lutte contre le terrorisme. Un évènement déclencheur a joué son rôle dans la décision chinoise. Les frontières de la province du Xinjiang, où se développe le terrorisme se trouvent sur huit nations –  la Mongolie, la Russie, le Kazakhstan,  le Kirgizstan, le Tajikistan, l’Afghanistan, le Pakistan et l’Inde – et de l’avis de la Chine , sert de point central au terrorisme dans le monde et au sein de la Chine. En effet le Mouvement islamique du Turkestan oriental – une organisation séparatiste souvent violente cherche à établir un état islamiste ouïghour au Xinjiang. Or la Chine s’aperçoit que des combattants de ce mouvement se retrouvent en Syrie en passant par la Turquie. Le conflit russo-turc s’étend donc à la Chine. 

En conséquence le ministère de la Défense nationale (Mond) de la République populaire de Chine a obtenu la permission de la République arabe syrienne pour commencer  « le débarquement » dans la zone de guerre du Levant jusqu’à 5.000 hommes de ses meilleurs forces militaires d’élite , et qui inclura en premier les Forces Spéciales « Tigre Sibérien » de la Région Militaire Shenyang et les Unités de Forces Spéciales « Tigre Nocturne » de la région miliaire de Lanzhou. C’ est l’investisseur milliardaire George Soros, qui a averti le régime Obama l’été dernier que la Chine pourrait utiliser la guerre au Levant pour masquer ses problèmes économiques et a déclaré « si le conflit externe dégénérait en une confrontation militaire avec un allié des États-unis comme la Turquie ou le Japon , il ne serait pas exagéré de dire que nous serions sur le seuil d’une troisième guerre mondiale ». L’impéritie américaine et la mégalomanie d’Erdogan ne font que faire monter les enchères, mais ces enchères-là jouent avec une troisième guerre mondiale. Où est l’urgence pour la France ? Se préparer au pire et choisir son camp ou se complaire dans des jeux du cirque qui détournent l’opinion publique de la gravité de la situation ? 

Churchill disait : « Je ne vous promets que du sang et des larmes » 

Nos politiques jouent avec nous comme avec des gamins

Mais ils alimentent le bruit des bottes et des armes. 

Celui qui tue les innocents… pour rien ! 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon