lundi 14 décembre 2015

Les grands bouleversements sont en vue !



Le peuple a parlé, pris entre la peur du lendemain et l’envie de changement. La peur du lendemain a empêché le premier parti de France d’enlever une région. C’est-dire combien la démocratie est malade de ses combines électorales. C’est sans nul doute la dernière fois que le FN n’obtient qu’une représentation misérable aux Assemblées et aucune présidence régionale et départementale. La vague du changement est portée par la jeunesse qui ne veut plus des apparatchiks qui monopolisent le pouvoir fait de social-libéralisme ou du libéro-socialisme, tout cela fondu dans une globalisation mondiale qui lèche les bottes des puissances de l’argent dans la finance, l’économie et les banques. Les jeunes voient bien que le chômage les touche et qu’on leur fait l’aumône des contrats aidés pour ne pas les désespérer. Mais le paysage politique s’est éclairci, le clivage gauche-droite vit ses dernières heures, les masques tombent.

Le tripartisme n’existe déjà plus. Il vient de céder la place au bipartisme, le devenir sain d’une démocratie. Il y a désormais le clan du Système, celui qui s’est soumis à la globalisation imposée par les grands banquiers américains, la City et Bruxelles en dépouillant l’État de ses pouvoirs, et le clan de l’Antisystème, celui qui croit que la France a sa place dans le monde, libre et indépendante, dans une Europe des nations, lieu d’équilibre entre l’Est asiatique et l’Ouest outre-Atlantique. Les deux partis du Système ne survivent qu’en jetant leurs dernières cartes dans des alliances de circonstance qui mettent au grand jour leur connivence dans la politique de notre pays par le simple jeu de l’alternance. Il n'y a que d'entendre hier soir l'appel du pied de Cambadélis. La peur les étreint. Le PS recule à chaque élection devant la médiocrité de ses résultats dans l’exercice du pouvoir. Il entraîne de plus le pays dans une guerre globale à l’extérieur qui génère un terrorisme de l’intérieur. Il se satisfait d’avoir évité la Bérézina mais, sans alliance, deux autres régions lui auraient échappé. LR ne franchit la barre des 50% que dans deux régions où le PS s’est retiré et il ne ponctionne rien sur le FN sauf peut-être en Ile-de-France. Il ne profite pas de la baisse de popularité du Président Hollande car il ne présente aucune alternative nouvelle. C’est un semi-échec, l'alliance LR-UDI-Modem ne peut plus gagner seule.

Contrairement aux apparences, les deux perdants ce sont les deux anciens partis majoritaires. Le perdant c’est donc le camp du Système qui voit sa majorité fondre au soleil. La victoire d’Estrosi en Provence-Alpes-Côte d’Azur mérite d’ailleurs une analyse car c’est la région où la victoire n’aurait pas dû échapper au FN. En dehors de l’alliance qui a renforcé le candidat LR, le plus à droite du LR, c’est l’attitude des petits partis entre LR et FN sur l’échiquier politique qui a fait basculer la victoire dans l’autre camp. On voit là l’illustration du « plafond de verre » que l’on attribue aux scores du FN. Mis à part le MPF, qui n’avait pas de candidat mais où son leader a, par son livre, ses conférences et ses interviews, montré clairement qu’il fallait voter pour l’Antisystème, les autres petits partis (DLR, UPR, etc.) n’ont cessé de renier toute alliance avec le FN préférant voir triompher un tenant du Système. Cet égocentrisme, qui veut ramener à lui seul l’électorat, a très probablement fait chuter Marion Maréchal Le Pen. Le maintien d’une telle attitude force le FN à aller chercher des voix dans l’abstentionnisme, dans la droite de LR ou dans les communautés ouvrières et musulmanes. Le maintien d’une telle position, en particulier pour DLR ou autres, risque de transformer leur électorat en électorat de transition avant le grand saut vers le FN.

On peut aimer ou craindre l’arrivée en force du FN dans le paysage français, mais on ne peut nier qu’elle va redonner de la vigueur au fonctionnement de la démocratie. On ne pourra plus longtemps occulter le débat sur l’euro, sur l’UE, sur Schengen, sur le choix du multiculturalisme, sur la politique étrangère vassale des Etats-Unis, sur l’OTAN, voire sur la politique énergétique et la formation des jeunes à la culture et à un métier. La crainte de voir arriver un régime de Vichy, voire pire de fascisme ou de nazisme, est une marionnette fantomatique qu’agite ses détracteurs. Elle ne se produira pas pour de multiples raisons même si l’histoire de ce parti peut y faire songer. Le fait que son audience s’agrandit rapproche ce parti de la modération des partis de gouvernement. Ensuite le peuple français n’est pas aux ordres des partis comme l’est le peuple allemand en général. Enfin l’Antisystème va se heurter à une formidable opposition du Système, doté d’une puissance financière, médiatique, économique et de moyens énormes de pression multinationale. C’est l’inverse qu’il faut craindre, c’est que ce parti n’ait le droit d’exister qu’en faisant allégeance comme les autres pour atteindre ou garder le pouvoir. Alors il ne pensera plus qu’au pouvoir et abandonnera le peuple… comme les autres. Regardez ce qui se passe en Grèce. 

C’est au peuple de prendre conscience qu’il lui appartient

De voir la mainmise des puissances de l’argent 

Et de faire son évolution pacifique

Pour renier le Système 

Qui le tue ! 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon