dimanche 6 décembre 2015

L’OTAN, machine infernale de l’impérialisme américain



L'OTAN, l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (en anglais NATO), est née le 4 avril 1949 à la suite de négociations lancées par les cinq pays européens signataires du traité de Bruxelles (Belgique, France, Luxembourg, Pays-Bas et Royaume-Uni) avec le Canada et les États-Unis, et cinq autres pays d'Europe invités à participer (Danemark, Italie, Islande, Norvège et Portugal). D'autres pays occidentaux l'ont rejoint par la suite, mais cinq nations européennes (l'Autriche, la Finlande, l'Irlande, la Suède et la Suisse) n'en font pas partie parce qu'elles sont militairement neutres. Toutefois, leurs armées sont aux normes établies par les membres de l'OTAN. C’est une organisation politico-militaire qui rassemble de nombreux pays occidentaux, dont le but premier est d'assurer leur défense commune contre les menaces extérieures ainsi que la stabilité des continents ou sous-continents européen et nord-américain. Son siège, initialement situé à Londres puis à Paris, se trouve depuis 1966 à Bruxelles, et son commandement militaire (SHAPE), initialement à Rocquencourt (France), se trouve aujourd'hui à Mons (Belgique). Le traité réaffirme sa subordination à l’ONU et le rôle important de celle-ci dans les relations internationales (art. 1er).

Son rôle initial était de prévenir d'éventuels soubresauts d'impérialisme allemand et de s'opposer à toute tentative expansionniste de l'Union soviétique. Entre 1955 et 1991, à la suite de l'intégration militaire de la RFA au bloc de l'Ouest, elle fait face au Pacte de Varsovie. Son rôle consistait au cours des années de guerre froide à « garder les Russes à l'extérieur, les Américains à l'intérieur et les Allemands sous tutelle ». Depuis l'implosion de l'URSS en 1991, les pays de l'Alliance ont établi depuis 1994 un « partenariat pour la paix » avec la Russie et les pays de sa zone d'influence, et avec les pays occidentaux qui ne veulent pas faire partie de l'OTAN. L'Alliance s'est étendue à d'autres États : elle est rejointe par la Grèce et la Turquie (1952), la République fédérale d'Allemagne (6 mai 1955), et l’Espagne (1982). Dès septembre 1954, le Pentagone stocke des armes nucléaires au Royaume-Uni, et au début des années 1960, on trouvait des charges nucléaires américaines dans sept pays membres européens de l’OTAN – en Allemagne, en Belgique, en Grèce, en Italie, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni, en Turquie et même en France jusqu’en 1959. 

L’arrivée du Général de Gaulle change la position de la France. Celui-ci réalise que la défense française doit être basée sur une dissuasion nucléaire qui doit être souveraine. Les États-Unis refusent de donner les moyens à la France de produire les armes nucléaires comme au Royaume-Uni. Une crise s'ouvre entre la France et les États-Unis et le Royaume-Uni au sujet de l'Otan, qui culmine en 1966 avec l'annonce du retrait de la France du commandement intégré de l'Otan, bien que, selon de Gaulle, le « fond » de l'Alliance ne soit pas modifié. L’OTAN retire la dizaine de bases aériennes américaines présentes en France depuis 1950. C’est l’époque des graffitis « US go home ». Depuis 1956 la recherche pour la création d’une arme nucléaire indépendante était en marche. Dès 1958 le programme de création d'une force de dissuasion nucléaire française est décidé. Les premiers essais nucléaires français ont lieu deux ans plus tard, à Reggane (Algérie). Parallèlement la France se dotait des moyens de fabriquer l’uranium très enrichi nécessaire aux ogives nucléaires. La technique de diffusion gazeuse utilisée lui a d’ailleurs donné une place de premier ordre dans la production de l’uranium enrichi pour les réacteurs nucléaires et de s’ouvrir un marché mondial.

Cela c’était avant. Depuis le paysage géopolitique a bien changé sauf la stratégie américaine d’hégémonie. L’Allemagne n’est plus considérée comme une menace depuis la chute du mur de Berlin et l’intégration complète de celle-ci dans l’OTAN. Le Pacte de Varsovie, dominé par l’URSS, n’est plus une menace depuis la chute du mur de Berlin. Depuis cette date l’utilité de l’OTAN n’est plus liée aux menaces initiales. Elle n’a de raison d’être que l’incapacité de l’Europe à présenter une défense crédible, ce qui appartient d’ailleurs aux principes de la création de l’UE qui a voulu s’afficher comme une organisation n’ayant aucune volonté de puissance. Ceci était d’ailleurs une attitude voulue par Jean Monnet pour lequel l’UE devait aller vers le fédéralisme et l’alliance avec les Etats-Unis en matière économique et sous la protection militaire de l’OTAN. La préparation du TAFTA/TIPP est la dernière étape de la mainmise des Etats-Unis sur l’Europe. Le retour de la France décidé par Sarkozy a remis celle-ci sous complète tutelle américaine car la perte progressive de la souveraineté nous conduit vers le fédéralisme de l’UE, elle-même liée aux USA. 

L’Ukraine et la Syrie, qui ont vu la Russie revenir sur la scène mondiale, après son laissez-faire regretté sur la Libye, ont vu la pression des Etats-Unis pour intégrer l’Ukraine dans l’UE et l’OTAN et pour l’élimination de Bachar Al-Assad en Syrie. Les aides données aux terroristes au Moyen-Orient et leur implication dans le « coup d’Etat » à Kiev ont permis de faire renaître l’image de l’ennemi numéro un, la Russie. L’annexion de la Crimée par la Russie, bien que ceci se soit fait démocratiquement dans une région russophone, alimente l’argumentation américaine. Pourtant la Russie a toujours dit ne pas vouloir annexer l’Ukraine malgré le fait que Kiev est le berceau historique de la Russie. En Syrie, la politique américaine et de ses vassaux est un modèle de double-jeu, le pays le plus voyou étant la Turquie qui se permet de violer les lois internationales sans avoir de désapprobation claire de l’alliance. Notre pays s’est d’ailleurs abstenu, de saisir l’occasion de montrer sa désapprobation en remettant en cause sa participation à l’alliance aux côtés de la Turquie, et de s’opposer au marchandage de la Turquie pour réduire le débit du robinet de l’immigration moyennant finances.

Nous voyons très clairement les États-Unis utiliser ses vassaux pour éviter d’être au premier rang et en particulier au sol pour régler le problème du Moyen-Orient. Leur double-jeu a été clairement dénoncé par la Russie et notre propre crédibilité en est sévèrement écornée. Les finances, les armes, les conseillers mis aux côtés de Porochenko, montrent qu’ils veulent continuer à alimenter le chaos dans cette région. On peut dire de même en Syrie avec l’action de la Turquie qui soutient l’EI et l’aide apportée par l’Arabie Saoudite et le Qatar. L’OTAN nous entraîne dans son sillage déterminé par les États-Unis bien loin des buts initiaux. On voit que les États-Unis continuent leur pression sur l’Europe en demandant au Monténégro de rejoindre l’OTAN et en voulant mettre des armes nucléaires en Pologne, ce qu’elle vient de refuser. 

Notre participation n’a plus de raison d’être en soi et elle devient excessivement dangereuse. Nous sommes entraînés vers la guerre, sur fond de nouvelle guerre froide, ce qui n’est absolument pas dans l’intérêt de la France. L’avenir n’est plus à l’Ouest mais à l’Est vers la Chine et l’Inde et la Russie est le pays qui fait la jonction entre l’ancien et le nouveau monde. Rester dans l’OTAN est une erreur devenue tragique pour notre pays.

Que l’on parle de politique européenne ou mondiale 

Il est temps que la France retrouve sa souveraineté

C’est le vrai clivage qui devrait faire réfléchir 

Les politiques sur l’avenir plutôt que…

Juguler la démocratie ! 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon