mercredi 9 décembre 2015

Ploutocratie et oligarchie chipent le pouvoir du peuple



A la fin de sa vie, Keynes disait : « L’avarice est un vice, l’usure est un délit, et l’amour de l’argent est détestable ». On peut y ajouter l’amour du pouvoir qui en découle, lui-même aussi détestable. Les deux, pouvoir et argent, agissent comme une drogue et ce genre de drogués finit par être dangereux. La puissance de l’argent est nécessaire à l’accès au pouvoir. Sans argent le pouvoir est inaccessible, sauf dans des circonstances exceptionnelles comme nous l’avons vécu avec Charles De Gaulle. Il fut d’ailleurs accusé d’être l’auteur d’un coup d’Etat, dont les militaires usent pour créer des dictatures, celles auxquelles d’ailleurs le pouvoir et l’argent font la guerre. Mais la collusion du pouvoir et de l’argent menace la démocratie. Le peuple ne peut qu’être d’une extrême vigilance dans l’appropriation ou la collusion de ces deux forces, le pouvoir et l’argent. Un trop-plein de l’un et de l’autre conduit à une autre forme de dictature, celle où le peuple n’a plus que le choix entre la soumission et la révolution.

Que voit-on en France ? On voit un gouvernement qui fait la part de plus en plus belle à un système politique dans lequel la puissance financière et économique est prépondérante et ceci n’est que le reflet d’une Union Européenne qui en fait son credo, impuissante à régler des problèmes sociétaux comme l’immigration massive. La politique économique de notre pays est basée sur la puissance financière. Elle tend à protéger les banques, et les lobbies dont les plus grands représentants sont aux États-Unis parmi les Rothschild, les Rockefeller, J.P Morgan, Goldman Sachs, et autres. C’est cette « super-élite » mondiale, dont la puissance financière dépasse celle de la plupart des Etats, qui tient les rênes du monde unipolaire de l’hégémonie américaine. Elle se décline dans tous les pays, dits démocratiques, sous influence américaine et constitue le Nouvel Ordre Mondial, centré sur l’économie et la finance avec les plus riches. Ils constituent une ploutocratie, qui veille à ce que le pouvoir soit réservé à ce petit groupe de personnes qui forment une classe dominante. 

Leur puissance s’exerce par l’argent sur les grandes entreprises, les responsables politiques et les médias. Grâce à un enfumage permanent le peuple ne voit que ce qu’il doit voir. Attentats et COP21, médiatisés à satiété, masquent au peuple l’immigration de peuplement, le chômage, les lois liberticides. Pendant ce temps les grandes entreprises agissent sur l’Etat pour obtenir des aides et se servent de l’immigration pour maintenir les salaires au plus bas ou délocaliser. Le 1% des plus riches enlève tout pouvoir réel au 99% du peuple restant et lui laisse la plus petite part de revenus qui maintient le couvercle sur sa possibilité de révolte. La plus grosse part de l’argent retourne vers les plus riches qui maîtrisent tout le système bancaire, FMI, Banque mondiale, Fed, City, etc. Le peuple n’a finalement plus aucun pouvoir et ceci d’autant plus qu’on l’éloigne des centres de décision. La maîtrise des relais d’opinion est ainsi beaucoup plus facile.

A l’oligarchie soviétique du temps de l’URSS, on a opposé une l’oligarchie où l’argent des ploutocrates est la puissance dominante. Ce système cherche à ne pas être borné par la démocratie. L’expression du peuple doit être limitée au maximum, quitte à glisser vers un régime dictatorial qui ne dit pas son nom. Cette liberté d’expression est le caillou dans la chaussure de l’oligarchie ploutocrate. Profiter de tout évènement, voire le provoquer pour restreindre la liberté d’expression et d’information est une nécessité. Combattre toute organisation, tout parti politique, qui remet en cause le Système est un devoir pour échapper aux réactions démocratiques. L’argumentation est basée sur la diabolisation des opposants, leur incapacité, leur éloignement des réalités que connaissent seuls ceux qui ont exercé le pouvoir, le catastrophisme qu’ils représentent, leur masque qui cache la dictature future, leur racisme, leur aversion de la République qui ne peut les reconnaitre, leur détournement de la laïcité, leur ignorance de l’économie, etc. 

Le Système utilise tout la batterie de ses moyens de pression, système dans lequel les milieux bancaires et les lobbies se battent bec et ongle pour ne pas voir s’éloigner la poule aux œufs d’or. Ils savent qu’ils ont l’appui des échelons de pouvoir au-dessus d’eux, à Bruxelles, à la City, à Washington. On ne peut prétendre à l’investiture suprême si l’on n’est pas adoubé par cette nébuleuse, la Cabale. Hollande, comme les autres, les anciens et les futurs, n’y échappent pas. Juppé et Fillon sont déjà dans Bilderberg, groupe plus ou moins secret d’une centaine de personnes éminentes de la diplomatie, de la politique, de la finance, de la défense et de l’économie. Ils sont prêts à bondir… pour le Système et à en profiter. Ce groupe et la Trilatérale, ou autre, définissent les orientations du monde unipolaire américain. Le passage est obligatoire pour les candidats au pouvoir politique pour être dans le Système ou Nouvel Ordre Mondial. Au plan local français, les partis du Système se serrent les coudes sous le décor de la défense de la République, sous-entendant que les partis « antisystème » sont de ce fait en dehors de la République. Autrement dit, si l’on n’est pas dans le système, on n’est pas républicain. Les partis du système ne défendent plus leurs idées, ils veulent tuer une flambée d’antisystème qui signerait la mise à l’écart de ceux qui idolâtrent le Système, en profitent ou n’en voient pas la perversité conduisant au dépouillement du peuple financièrement et du pouvoir sur son destin. Nul besoin de programme, tuer les antis suffit.

Or le Système est tenu par des drogués du pouvoir et de l’argent. Comme tous les drogués, il n’y a pas de cesse à leur appétit. La satisfaction de leur addiction les pousse insensiblement, au fur et à mesure de l’augmentation de leur puissance, vers des actes que toute morale réprouve et qui mettent en danger la survie des peuples. Cette dérive commence à se sentir chez Hollande. La démocratie n’a de sens que si tout le monde peut s’exprimer et les idées contraires être débattues de façon à laisser vivant un contrepouvoir. La France évolue vers un pouvoir sans limite, où l’exécutif prend le pas sur le législatif, lequel n’est même plus représentatif de la diversité des opinions. Le scrutin de dimanche est le véritable enjeu. Il y a les partis du Système, ceux qui veulent continuer « l’œuvre accomplie ! » et ceux, grands et petits, qui veulent retrouver la démocratie pour le citoyen et la souveraineté pour la nation, ceux qui entrent en dissidence. Dans le résultat de dimanche, peu importe le jeu politique des partis, c’est la capacité du peuple à sortir du Système qui sera mesurée pour éclairer notre avenir, même si ce n’est qu’une étape. 

Comme le monde unipolaire de l’hégémonie américaine

S’oppose au monde multipolaire promu par la Russie, 

Les partis du Système tiennent à garder la main

Sur un peuple, voulu le plus soumis possible, 

Pompant son travail et sa liberté

Pour le pouvoir et l’argent ! 

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon