mardi 15 décembre 2015

Enfumage pour la COP21 et guerre pour le pétrole


Il y a les raisons que les gouvernants vous donnent et les vraies raisons, ce ne sont jamais les mêmes. Les premières, les fausses, sont confiées aux médias qui enfument à longueur d’antenne, les autres, les vraies, sont connues d’un cercle très restreint autour du Président pour éviter toute fuite considérée comme fiable. C’est ainsi que l’on a demandé à Laurent Fabius de présider la COP21 et de parcourir le monde car les discussions à mener englobaient bien d’autres sujets qui permettaient d’influer les décisions de participation à la Conférence et de financement du projet. Les discussions de donnant-donnant pouvaient aller de la fourniture d’armes, de militaires, à celles de gaz et de pétrole entre autres. C’est ainsi que le Président s’est posé en sauveur de la planète, donc pour la fin des combustibles fossiles, mais tue des civils, et même 28 enfants d’une école selon l’Irak + 12 enfants tué le 25/09/15 en Syrie par 5 Rafale, pour une motivation officielle de droit de réponse au terrorisme et une motivation cachée… le pétrole. C’est horrible mais pourtant c’est ainsi que va le monde où l’on fait pleurer les peuples pour mieux leur cacher la vérité. 

On a de quoi en douter c’est vrai et pourtant les faits sont là et les 130 morts du 13 novembre sont des victimes collatérales au mieux, voire des victimes acceptées ou programmées au pire. Je sais, c’est horrible de l’imaginer mais malheureusement c’est ainsi. On va verser une centaine de milliards pour supprimer les énergies fossiles aux grandes entreprises  « anationales » et on va se battre et tuer pour le pétrole.  Regardons du côté des autres pays impliqués pour comprendre ce qui se joue au Moyen-Orient et qui va se continuer en Libye. La Russie a clairement dit que sa première motivation était le soutien à un approvisionnement en pétrole de l’Europe à partir de la mer Caspienne en passant par les champs pétrolifères de l’Iran, puis l’Irak et la Syrie, pour terminer par un passage sous-marin en Méditerranée. Ceci permet d’éviter la Turquie avec laquelle on est en négociation pour un pipeline la traversant afin d’éviter l’Ukraine peu sûre. La raison du terrorisme de l’État Islamique, danger réel de voir celui-ci s’implanter dans les ex-Républiques soviétiques, coïncide avec la nécessité de s’assurer la coopération de la Syrie de Bachar Al-Assad et d’empêcher une nouvelle Syrie redécoupée et contrôlée finalement par les USA. On peut être pour ou contre cette stratégie mais elle ressort clairement des différentes déclarations russes. 

De l’autre côté de la coalition officiellement contre l’EI, mais contre Bachar Al-Assad officieusement, le jeu est beaucoup plus trouble et caché. Plusieurs pays du Moyen-Orient jouent ou ont joué cachés. Israël d’abord qui accueille les blessés de l’EI et bombarde le Hezbollah. Israël rêve du grand Moyen-Orient lui redonnant la puissance du pétrole, le contrôle des ressources en eau et des frontières plus naturelles. Ensuite les pays du golfe, Arabie Saoudite, Qatar, Koweït qui ont armé les sunnites de l’EI, fourni de l’argent mais qui jurent ne plus servir aujourd’hui que de relais bancaire. Selon le Conflict Armament Research (CAR) (Recherche de l’Armement des Conflits), organisme basé au Royaume-Uni : “Des missiles antichars M79 90mm saisis par les forces de l’EI en Syrie sont identiques aux M79 transférés par l’Arabie saoudite aux forces opérant sous l’égide de “l’Armée Syrienne Libre” en 2013.” L’Arabie Saoudite ne participe pratiquement pas aux attaques aériennes contre Daesh. Le pays qui joue désormais le rôle le plus important en dehors de l’alliance occidentale, c’est la Turquie, exemple type du double jeu auquel se prête l’alliance occidentale des USA et de l’UE, Allemagne et France en tête. La Turquie est une base arrière de l’EI, les preuves s’accumulent. Elle fournit des armes, souvent de provenance américaine, à l’Armée syrienne libre, à Al-Nosra et autres factions rebelles, armes qui transitent aussi vers l’EI. Elle permet même le passage de convois militaires de l’EI qui vont attaquer les kurdes syriens. Enfin elle laisse arriver les convois de pétrole de l’EI, pétrole acheté à bas prix qui alimente la corruption turque et dont une partie file vers l’Europe. 

La Turquie ne bombarde que symboliquement l’EI mais surtout les Kurdes de Syrie et le PKK en Turquie et en Irak. Il est évident que si la Turquie cessait toute arrivée de pétrole chez elle, l’EI ne pourrait y survivre, son autonomie économique est loin d’être acquise. Seulement voilà, la Turquie est une plaque tournante pour l’acheminement du gaz et du pétrole que ce soit en provenance de Russie, que du Moyen-Orient. C’est le passage le plus simple à condition de pouvoir passer par la Syrie. En attendant de réduire Bachar Al-Assad au silence pour avoir refusé le passage du gazoduc qatari, on permet tout à la Turquie et l’alliance n’a aucune envie de faire disparaître prématurément l’Etat Islamique. Le gazoduc reliant le Qatar à l’Europe doit pouvoir être réalisé et couper ainsi l’herbe sous le pied au pipeline de l’Iran, donc à l’exportation du gaz russe. Alors dans le même temps la Turquie dira non à la Russie pour le passage direct par son territoire. De plus la Grèce, Chypre, le Liban, l’Irak, Israël, peuvent bénéficier dans l’avenir de réserves pétrolières importantes découvertes dans cette partie de la Méditerranée. Tous ces pays doivent être tenus à l’œil dont la Grèce tentée par des relations avec les russes.

Une grande partie de la stratégie qui a cours actuellement a été décrite sans équivoque dans un rapport RAND financé par l’armée américaine en 2008, Exposition de l’Avenir de la Longue Guerre. Le rapport note que “les économies des pays industrialisés continueront à dépendre fortement du pétrole, ce qui en fait une ressource d’importance stratégique.” Comme la plus grande part du pétrole sera produite au Moyen-Orient, les États-Unis ont un “motif pour maintenir la stabilité et les bonnes relations avec les états du Moyen-Orient” Il se trouve que ces états soutiennent le terrorisme islamiste : “La zone géographique de réserves prouvées de pétrole coïncide avec la base du pouvoir d’une grande partie du réseau salafiste djihadiste. Cela crée un lien entre l’approvisionnement en pétrole et la longue guerre qu’on ne peut pas rompre facilement ni décrire en termes simplistes … Dans un avenir prévisible, la croissance de la production mondiale de pétrole et la production totale seront dominées par les ressources du Golfe Persique … La région restera donc une priorité stratégique, et cette priorité va interagir fortement avec celle de poursuivre la longue guerre.” 

Mais la France là-dedans ? Elle est sans pétrole et sans gaz, comme l’Italie. D’ailleurs Ainsi le Mecid Aslanov, propriété de la société BMZ Group de Necmettin Bilal Erdoğan, a quitté le 9 novembre 2015 le port de Fos-sur-Mer (France). Il venait de livrer impunément du pétrole qu’il assurait avoir été extrait en Israël, mais qui en réalité avait été volé par Daesh en Syrie ! L’an dernier, un rapport du Global Sustainability Institute (GSI) de l’université Anglia Ruskin a déjà averti que l’Europe faisait face à une crise énergétique imminente à cause d’”une pénurie critique des ressources naturelles,” tout particulièrement au Royaume-Uni, en France et en Italie. “Les ressources en charbon, pétrole et gaz en Europe s’épuisent et nous avons besoin d’alternatives,” dit Victoria Andersen, professeur du GSI. Voilà ce qui est caché au bon peuple qui approuve notre lutte contre le terrorisme et s’expose en retour aux attentats ! La Turquie représente la route naturelle par laquelle le pétrole et le gaz pourraient être acheminés vers l’Europe. Qu’importe que, sous Erdogan, la Turquie soit le principal soutien du barbare État islamique et accueille ses convois de pétrole. Nous sommes donc complices et nous allons regarder avec bienveillance l’arrivée de la Turquie dans l’UE tout en gardant l’EI vivant en coopérant pour l’élimination de Bachar Al-Assad, verrou qui barre la route vers la Turquie. Bachar Al-Assad doit disparaitre pour que les turcs, Israël et l’Arabie Saoudite se partagent son territoire et son pétrole avec les kurdes syriens et irakiens… sous l’œil des USA. 

Voilà la vraie raison de notre engagement plus symbolique que réel contre Daesh… on n’a plus de bombes pour bombarder Daesh mais on importe son pétrole, que voulez-vous les temps sont durs ! Du coup le Charles De Gaulle a changé de mission et est dérouté vers le Golfe Persique. Pour être au plus près pour bombarder Daesh ou au plus près de l’Iran et du Yémen et s’éloigner des missiles russes ? La coopération qui commençait à s’établir avec la marine russe n’a pas plu aux américains et Hollande a été prié de s’en éloigner… avec une autre mission ! Pauvres parents, frères, sœurs, amis, des morts et blessés des attentats du 13 novembre, la guerre a broyé vos proches à cause de motifs inavouables ! 

C’est pourquoi il faudra bien qu’un jour cela se sache 

Et que les responsables français soient jugés 

Pour Haute Trahison de leur peuple 

Ayant entraîné la mort de leurs… 

Compatriotes ! 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon