mercredi 16 décembre 2015

L’échec du souverainisme est une victoire



Après les trémolos d'usage, les doctes considérations sur le mal-être du corps social, les grossières manifestations d'empathie à la Sarkozy pour des électeurs qui se posent de bonnes questions mais vont chercher de mauvaises réponses, on devra encore attendre un certain temps la véritable révolution copernicienne chez tous ces énarques installés dans le confort des rentes à vie. On sent fort bien que nos présidentiables auto-proclamés se contentent de jouer petit bras et se satisferont demain d'un FN premier de la classe au premier tour des Présidentielles, voire l'appellent de leurs vœux, car ils sont convaincus de la qualité de leur croc-en-jambe au deuxième tour. Pourtant les derniers sondages montrent que LR a raté le raz-de-marée à sa portée et que le gouvernement est légal mais illégitime avec seulement 14,4% de votants PS & Co, parmi lesquels le Front de Gauche qui n’a pas arrêté de fustiger sa politique. La gauche est laminée.

Entre ceux qui se désintéressent de la politique, les abstentionnistes, les bulletins blancs et nuls, c’est 52,4% des citoyens en âge de voter qui ne cautionnent pas la politique de François Hollande. Plus d’un français sur deux n’a voté pour aucun parti et le grand parti encore une fois vainqueur est le parti des non votants. Mais les grands gagnants provisoires de ces élections sont les partis « de gouvernement », ceux du Système, qui malgré une faible représentativité d’un électeur sur trois du corps électoral, le mieux étant 20% pour l’UMP, continueront à occuper les postes de décision. Les grands perdants sont les Français qui vont repartir pour des années avec du personnel politique qui joue contre leurs intérêts. 

On peut toutefois faire une autre lecture de ces résultats. La première c’est qu’il y a une grande marge de captation de voix. Par ailleurs c’est surtout la jeunesse qui se désintéresse de la politique et il représente une part importante dans les abstentionnistes et les non-inscrits. Mais c’est cette jeunesse qui se mobilise de plus en plus pour des partis offrant une autre alternative, ceux qui cultivent le souverainisme. Or il faut retrancher, des votes comtés abusivement pour LR & Co, les partis souverainistes non FN qui représentent de l’ordre de 2%. Ceci réduit de 34% à 32% les votants pour le Système (PS+LR) et fait passer les partis Antisystème à plus de 15% des électeurs potentiels. Mais il y a une autre force, c’est la force de conviction et d’attirance. La dynamique est désormais dans le camp des Antisystèmes. Lors de la présidentielle de 2017, les deux partis du Système vont devoir se battre entre eux. Le PS, pour ne pas arriver en troisième position, devra se battre cette fois clairement contre LR pour y récupérer des voix du centre-droit. LR ne pourra pas effriter significativement le camp des Antisystèmes et devra se battre pour ne pas perdre des voix sur sa gauche.

La victoire des souverainistes, FN en tête, au premier tour de la présidentielle au jour d’aujourd’hui est une quasi-certitude à moins qu’un évènement majeur ne vienne rebattre les cartes. Entre les deux tours des Régionales le clan des Antisystèmes s’est renforcé plus que le clan adverse. Visiblement le PS évite la déroute mais il perd pied de plus en plus. Les primaires à droite vont entraîner des clivages qui laisseront des traces et peuvent présager un éclatement réalisé ou sous-jacent. Le camp du Système n’a pas trouvé la route d’une fusion même si le dessous des cartes est le même. Le vieux clivage droite-gauche laisse peu de place à un dénominateur commun pour un nouveau parti de rassemblement du Système. Le souverainisme apparaît bien comme la première force politique du pays car il est commun au FN et à d’autres petits partis comme DLR et UPR que le Système veut encore inclure à tort dans ses troupes. Philippe De Villiers a clairement donné le cap en soutenant virtuellement Marion Le Pen. 

Les idées claires du souverainisme auront un impact de plus en plus important sur les hésitants qui font la majeure partie des abstentionnistes et il est celui qui poussera le mieux les jeunes vers l’inscription sur les listes électorales. La perspective de redonner à la France les moyens de son indépendance tout en participant à une Nouvelle Europe des nations, l’Europe confédérale où l’on progresse pas à pas vers une collaboration de plus en plus étroite, la remise en cause d’une politique de guerre sous bannière de l’OTAN, la perspective d’une Eurasie tournée vers les nations d’avenir sont autant de perspectives auxquelles la jeunesse adhèrera. Il reste dix-huit mois pour la convaincre mais les porte-paroles ont dès maintenant été multipliés par trois ou quatre et les échecs du gouvernement viendront apporter de l’eau au moulin de ceux qui crient au loup. 

La France a ouvert un œil mais on essaiera de le refermer. 

Malgré l’appel au sommeil et à l’enfumage de la COP21

Les Français ont déjà montré qu’ils comprennent 

Que l’UMPS continue la main dans la main

Et que l’avenir ne lui appartient plus. 

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon