jeudi 12 novembre 2015

Réchauffement climatique refroidi et austérité ravageuse

Deux informations d’actualité sont importantes quant à leurs conséquences. La première, qui a une influence sur le déroulement de COP21, est la dernière déclaration de John Kerry faite hier au quotidien britannique Financial Times. Jugez plutôt :

« Ce ne sera certainement pas un traité (…) Il n’y aura pas d’objectifs de réduction juridiquement contraignants comme cela avait été le cas à Kyoto », a indiqué M. Kerry, selon le quotidien, en référence au protocole de Kyoto de 1997 par lequel les pays signataires s’engageaient à limiter leurs émissions de gaz à effet de serre. Il est clair qu’un compte-rendu non contraignant de la Conférences des Parties (COP21) réunissant plus de 80 pays perd tout intérêt lorsque l’un de deux plus grands pollueurs de la planète se borne à des intentions sans contrainte de résultats. On imagine que la Chine ne fera que suivre les USA tant le charbon reste une énergie indispensable à ce pays pendant encore de longues années. Si les deux plus grands pollueurs reportent l’objectif sine die, il ne restera de cette conférence qu’un show médiatique et une pompe à fric pour les EnR et les petits états qui vont essayer d’en profiter pour avoir des aides financières. La réunion à Manille de quarante de ces pays s’est d’ailleurs bornée à demander l’abaissement à 1,5° au lieu de 2° du réchauffement supportable en évoquant la migration climatique catastrophique due à la montée des eaux marines. J’ai publié le graphique du rapport complet du GIEC qui montre que ce n’est pas demain, ni même en 2100 que toutes les îles seront submergées. Le but de ces pays c’est l’argent, et le nôtre de faire admettre la politique énergétique qui convient aux lobbies. 

Dans le même ordre d’idées de la pression « cabalistique » la deuxième information est la concrétisation des ravages de l’austérité à l’allemande. Une grève générale, publique et privée, est en cours en Grèce contre le dernier tour de vis d’Alexis Tsipras. Le pays est fatigué par l’austérité avec laquelle le Premier ministre avait promis de rompre. Il vient de décréter de nouvelles hausses d’impôts et coupes budgétaires. Lors de la marche, près de 25 000 protestataires ont envahi le centre d’Athènes, des affrontements ont éclaté entre la police et de jeunes manifestants, qui ont jeté des cocktails Molotov. Les autorités ont répondu par des jets de gaz lacrymogène et de grenades assourdissantes. Les écoles, les hôpitaux, les banques, les transports et d’autres services encore seront fermés pendant 24 heures en signe de protestation. Selon l’un des leaders du syndicat de fonctionnaires Adedy, ce n’est qu’une mise en garde. « Alors que le salaire moyen a été diminué de 30%, quand les salaires étaient déjà à un niveau inacceptable, alors que le système de sécurité sociale risque de s’effondrer, nous ne pouvons pas rester immobiles ».

Comme on pouvait le prévoir et comme l’ont prévu Bruxelles et l’Allemagne, la potion d’austérité infligée met la Grèce dans une évolution désespérée. Même Junker est sidéré de la performance de Tsipras d’avoir « éconduit tout un peuple », d’une campagne anti-euro et de l’adoption d’un plan pire que celui rejeté. Il faut mettre la Grèce à genoux pour la mettre définitivement sous tutelle. On pousse même la farce jusqu’à envoyer des spécialistes français pour leur expliquer comment gérer le pays ! Malheureusement la fin est en effet proche et l’économie grecque ne cesse de s’enfoncer donc devient de moins capable de faire face à ses créanciers. le système bancaire grec a été délibérément détruit par les pressions exercées par la Banque Centrale Européenne à des fins essentiellement politiques. Les montants qu’il faudra accorder à la Grèce simplement pour que le pays ne sombre pas dans un chaos total s’il devait rester dans la zone Euro ne sont plus désormais de 82 à 86 milliards d’euros comme estimé le 13 juillet mais plus probablement de l’ordre de 120 milliards d’euros dont 35 milliards pour les banques. 

Mais si le cas de la Grèce est désespéré, un autre pays arrive dans l’actualité. Le gouvernement de droite n’a plus de majorité après les dernières élections mais le Premier ministre portugais Pedro Passos Coelho n’entend pas quitter le pouvoir. Sa situation devient néanmoins de plus en plus précaire et le gouvernement devrait tomber sous la pression de la gauche, majoritaire au Parlement. Un nouveau gouvernement de gauche devra normalement commencer immédiatement le processus de renégociation sur sa dette. Il est clair que ce gouvernement de centre-gauche se heurtera aux institutions européennes et on voit qu’il y a désormais le risque qu’un scénario à la grecque se produise au Portugal. Mais comme en Grèce, une partie du parti de gauche n’est pas en réalité disposée à aller jusqu’à une rupture avec les institutions européennes. Lorsque la détermination politique n’est pas sans faille dans les discussions européennes, on sait que la capitulation est au bout. Or ces dernières demandent au gouvernement de mettre en place des réformes que le gouvernement portugais n’est simplement pas capable de réaliser. A partir de ce moment-là, il est clair que l’Eurogroupe refera le chantage qu’il a fait vis-à-vis de la Grèce jusqu’à la possible sortie de la zone euro.

Si la situation du Portugal ne s’améliore pas, celle de l’Espagne sera touchée car leurs deux économies sont très imbriquées. Le prochain pays sur la liste risque d’être l’Italie qui s’enfonce dans la récession, encore plus incapable que nous de mener une politique d’austérité et comptable d’une dette plus importante que la nôtre. L’Europe se délite ou plus exactement les nations les unes après les autres et nous n’y échapperont pas si les peuples ne se révoltent pas. Je laisserai la conclusion à l’analyse de Jacques Sapir : 

« La situation dans l’UE s’apparente en fait à la situation d’un bâtiment affecté par toute une série de petits tremblements de terre. Aucun de ces tremblements ne prend une allure catastrophique mais chacun de ces tremblements – la crise grecque, la crise portugaise, la possibilité d’une crise espagnole et l’éventuelle sortie de la Grande-Bretagne de l’UE – chacun de ces événements affaiblit un peu plus sa structure. Par ailleurs, on voit très bien qu’aujourd’hui l’UE n’est pas capable de gérer la question des migrants et des réfugiés, cela a aussi des conséquences sur la structure même de l’Union. On voit bien qu’il n’y a pas une crise qui pourrait emporter l’Union européenne, mais c’est bien l’addition globale de ces crises qui risque de provoquer une crise terminale ou une implosion de l’UE. » 

On voit que la souveraineté des nations ne s’exerce plus que par des soubresauts, 

Comme la Hongrie face à l’afflux migratoire, lorsque le peuple les soutient.

Sans la révolte des peuples l’issue n’échappera pas à la Cabale 

Qui veut fédéraliser l’Europe, la ligoter aux Etats-Unis

Et faire de Jérusalem la capitale du gouvernement 

Du Nouvel Ordre Mondial ! 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon