samedi 21 novembre 2015

Le grand tournant en 2015 : la Syrie



La date du 30 septembre va marquer l’histoire de notre pays, de l’Europe et du Monde. Elle a vite été oubliée tant nos esprits ne conservent que les dates des 8-9 janvier et 13 novembre 2015. Il s’agit pourtant d’une date qui sera retenue par l’histoire et qui aura marqué, comme le 11 septembre 2001, le début du XXIème siècle et changé le cours de l’histoire. Le 30 septembre 2015 la Russie est intervenue officiellement aux côtés de la Syrie de Bachar al-Assad. Lorsque les armes parlent avec l’intensité déployée depuis dans le ciel irako-syrien, c’est le signe que la face du monde a changé. Les évènements importants précédents n’étaient que prémonitoires que ce soit notre engagement aérien en Irak aux côtés des américains, ou notre intervention en Ukraine qui a accompagné un coup d’État, les attentats de janvier, le flux migratoire sans précédent, et même notre engagement militaire sur plusieurs territoires africains dont le Mali. L’attentat de Bamako en est une conséquence ainsi que l’attaque concomitante sur le Nigéria. 

La montée de la peur des Etats-Unis suit leur descente économique et la mise en cause du dollar, le pétrodollar pièce maîtresse de leur puissance. L’hégémonie américaine est menacée par la puissance économique de la Chine. Celle-ci a accumulé des obligations américaines et a pris conscience que le yuan, le renminbi, pouvait devenir une monnaie dans le panier des monnaies et même concurrencer le dollar en s’appuyant sur l’or dont elle est le principal pays producteur. Elle rafle en plus tout l’or disponible même à Londres. Par ailleurs les Etats-Unis constatent que la Russie de 1998 affaiblie, militairement et économiquement, montre de nouveau des signes de meilleure santé économique et une armée modernisée. Leur ennemi héréditaire ne doit pas être le Phénix qui renaît de ses cendres alors que toute la stratégie américaine était de l’étouffer en s’approchant au plus près de ses frontières avec l’idée de fomenter un « printemps russe » à partir des républiques musulmanes de l’ex-URSS.

L’Union Européenne, sur l’incitation américaine, a fait fi de la promesse à Gorbatchev de ne pas essayer d’enlever les pays du glacis russe, Biélorussie et Ukraine par exemple en contrepartie du démantèlement de l’URSS. Elle a provoqué la Russie en signifiant son intention de faire rentrer l’Ukraine dans l’UE. La résistance des russophones de l’est qui demandaient une autonomie a même poussé les occidentaux à mettre le régime de Kiev sous protection de l’OTAN. La Russie, exclue du G8 et durement sanctionnée, a renoncé provisoirement à tisser des relations au-delà de la fourniture de gaz, fourniture dont la Russie pressent que l’UE fera tout pour ne plus s’en servir. La Russie a donc changé de stratégie et tourné vraiment, pour la première fois depuis l’arrivée de Poutine, ses regards vers la Chine. Les relations sont devenues très étroites par les traités du BRICS qui réunit les pays parmi les plus peuplés du monde et par des accords particuliers avec la Chine. Ils touchent l’économie, les investissements sur les infrastructures de l’Asie, la monnaie, la stratégie de défense et les ressources bancaires. 

Pendant que la coalition occidentale faisait régner le régime de la terreur au Moyen-Orient en faisant mine de combattre l’ennemi qu’elle avait créé pour semer le chaos général, abattre Bachar al-Assad et reconfigurer un Grand Moyen-Orient aux mains d’Israël, des USA et des pétroliers, la Russie soutenait discrètement mais fermement les russophones de l’Ukraine et le régime syrien. La Russie revenait sur le terrain de la géopolitique mondiale et son poids s’est vu dans le recul américain dans le traité de non-prolifération qui permettait d’étrangler l’Iran au profit d’Israël et des marchés pétroliers des pays du golfe. L’accord avec l’Iran a été signé mais pas encore mis définitivement en place. En effet l’Iran s’est aussitôt tourné vers la Russie et la Chine, devenant un partenaire associé aux BRICS.

Peu endettée et manifestant économiquement un pouvoir de résistance aux sanctions, la Russie a pris en compte l’appel de Bachar Al-Assad, à l’évidence en reculade, et menacé de défaite devant la pression exercée par tous les « rebelles », grossis de recrutements importants et de mercenaires d’une part, et par l’aide de la coalition occidentale, de la Turquie, du Qatar, de l’Arabie Saoudite et d’Israël apportée à ses ennemis. Le 30 septembre, s’étant assuré du soutien de l’Iran et de l’approbation de la Chine, Poutine envoyait, à la demande de Bachar Al-Assad, son armée en Syrie. Plusieurs raisons motivent cette décision, le maintien d’un axe Iran-Syrie favorable à la Russie, le maintien du port de Tartous concédé à sa marine, le souvenir de la Tchétchénie avec la perspective de soulèvements facilités par la victoire de Daesh, mais surtout la possibilité de maintenir un approvisionnement de l’Europe si le passage par l’Ukraine et la Turquie devenait impossible. La Syrie devient un passage obligé. 

La déstabilisation de l’UE par l’intérieur et l’extérieur ainsi que son embrigadement définitif en cours a été accélérée. Les « créatures » des USA, sous couverture de croisade, créent des attentats ou des menaces qui sèment la peur et permettent aux gouvernements de prendre les dispositions qui minent un peu plus le pouvoir démocratique. L’OTAN répand ses armes et ses hommes, principalement américains sur toute l’Europe. La Turquie est incitée à laisser partir brutalement ses réfugiés en les aidant financièrement pour passer en Grèce et se diriger vers le cœur de l’Europe, l’espace Schengen. Mais le 30 septembre la face du monde vient de changer. Les Etats-Unis reculent et constatent avec stupéfaction que Poutine a osé faire la guerre en Syrie et contre tous les opposants au régime syrien. Il met à mal le double jeu des occidentaux et de la coalition en général. Pire la qualité de l’armée russe, la précision et la puissance de ses frappes, montrent que c’est eux qui disposent de l’armée la plus moderne avec une maîtrise étonnante de la guerre électronique.

Tout change alors. La mise au pas de Daesh est envisageable et celle de tous les opposants au régime légal syrien. Le départ de Bachar Al-Assad n’est plus discutable tant que la paix n’est pas rétablie. Le retour des réfugiés syriens est en cours au fur et à mesure des conquêtes de l’armée syrienne. Le plan de submersion de l’Europe par un flux migratoire important et d’une civilisation différente est battu en brèche à terme. Les attentats n’auront plus lieu d’être sous couverture de croisade sauf à partir de l’Afrique qui est encore notre terrain de jeu. L’UE elle-même sans défense propre crédible voit une puissance militaire renouvelée à sa porte et Juncker, sans aucune vergogne ou honte, propose un rapprochement avec la Russie après avoir augmenté le niveau des sanctions. 

Le 30 septembre l’histoire a tourné une page. L’affrontement de deux mondes est devenu clair mais cette fois c’est la puissance américaine qui est sur la défensive et obligée de composer. Son plan de domination complète de l’Europe est remis en cause, le Grand Moyen-Orient ne sera pas sous son contrôle exclusif et celui d’Israël.  Pire l’axe Russie-Chine-Inde-Iran-Syrie entre autres devient un contrepoids d’une puissance inégalée depuis la première guerre mondiale. La France dans tout ça a perdu la face, vend des armes aux pays soutenant l'ennemi que nous combattons, subit les attentats, ne parle plus d’austérité mais de sécurité, restreint la démocratie, et essaie de sauver son aura en allant intensifier ses frappes flanquée de la marine russe près de son porte-avion. Inconsciente elle envoie en même temps une frégate de lutte anti-sous-marine et un sous-marin nucléaire. Est-ce pour lutter contre la marine de Daesh ? Hollande a-t-il l’intention d’attaquer la marine syrienne ou russe ? Il n’a finalement rien compris ou bien est aux ordres. Non seulement il nous ridiculise un peu plus mais il a mis la France en danger en amplifiant les fautes commises par son prédécesseur et en portant la guerre jusque chez nous.

Il faudra que les blocs aient la capacité de retenir leurs faucons pour ne pas aller vers un affrontement global. Poutine a dit que pour gagner cette guerre, il faudra frapper le premier. Ceci veut dire que les provocations sur son pays seront regardées de très près par Poutine. A l’extrême est de l’Asie, il en est de même avec la Chine. De l’autre côté le complexe militaro-industriel et bancaire américain va alimenter le sentiment de danger national pour pousser à l’affrontement qu’il a toujours désiré. Nous entrons dans une période de tous les dangers. Mais l’UE se replie sur ses nations et la souveraineté reprend ses droits. Les regards européens se tournent un peu plus vers l’Est. Rien ne sera plus comme avant dans un monde où l’économie mondiale bat en plus de l’aile. 

Le rassemblement des patriotes devient urgent dans la tempête

La confiance dans le chef est devenue impérative 

Sinon la France se délitera et se morcèlera !

Elle ne sera plus unique et indivisible. 

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon